Lorsque l’interface graphique de gestion des disques suffit, tout va bien.
Vous créez un volume, attribuez une lettre, cliquez sur « Suivant » quatre fois et Windows fait semblant que le stockage est un domaine parfaitement paisible.
Puis arrive la clé USB qui refuse de se formater.
Le SSD qui apparaît hors ligne.
La partition qu’il faut agrandir.
Le disque à convertir en GPT.
Ou cette mystérieuse partition de 100 Mo que quelqu’un souhaite supprimer parce qu’elle « ne contient rien ».
C’est généralement à cet instant qu’entre en scène :
diskpart
DiskPart est l’outil en ligne de commande de Windows consacré à la gestion du stockage.
Il permet notamment de manipuler :
- les disques physiques ;
- les partitions ;
- les volumes ;
- les lettres de lecteur ;
- certains attributs de stockage ;
- les disques virtuels VHD/VHDX ;
- les styles de partitionnement MBR et GPT.
DiskPart n’est pas dangereux parce qu’il est en ligne de commande. Il est dangereux parce qu’il fait exactement ce que vous lui demandez sur l’objet actuellement sélectionné.
Et contrairement à un collègue expérimenté, il ne demande généralement pas :
« Tu es vraiment certain que Disque 0 était la clé USB ? »
Avant DiskPart : comprendre disque, partition et volume
Ces trois mots sont souvent utilisés comme s’ils désignaient la même chose.
Ce n’est pas le cas.
| Objet | Définition simplifiée |
|---|---|
| Disque | Périphérique ou espace de stockage présenté à Windows |
| Partition | Découpage défini dans la table de partitions d’un disque |
| Volume | Espace logique utilisable par Windows, souvent associé à une partition et à un système de fichiers |
Par exemple :
Disque 1
├── Partition 1
│ └── Volume D: NTFS
└── Partition 2
└── Volume E: exFAT
Lorsque vous utilisez DiskPart, il est essentiel de savoir sur quel niveau vous travaillez.
Le concept fondamental de DiskPart : le focus
DiskPart fonctionne avec un objet actuellement sélectionné, appelé objet ayant le focus.
Par exemple :
select disk 2
place le focus sur le disque 2.
Puis :
clean
agit sur ce disque.
DiskPart ne vous demande pas :
« Quel disque souhaitez-vous nettoyer ? »
Il connaît déjà la réponse :
« Celui que tu as sélectionné. J’espère que nous avons les mêmes valeurs morales. »
Règle numéro un : sélectionner, vérifier, puis agir
Avant toute commande destructive, adoptez ce rituel :
list disk
select disk X
detail disk
Puis seulement, si vous êtes certain :
clean
ou :
delete partition
Le :
detail disk
est particulièrement précieux puisqu’il permet de voir davantage d’informations sur le disque actuellement sélectionné et les volumes qui lui sont associés.
Ne considérez jamais le numéro du disque comme une identité permanente.
Un périphérique qui apparaît comme :
Disque 2
aujourd’hui n’est pas une promesse contractuelle qu’il sera toujours :
Disque 2
sur une autre machine ou après modification de la configuration.
Lancer DiskPart
Ouvrez :
- Windows Terminal ;
- PowerShell ;
- ou l’Invite de commandes ;
avec des privilèges administratifs.
Puis :
diskpart
Vous obtenez :
DISKPART>
À partir de cet instant, vous êtes dans l’interpréteur DiskPart.
Obtenir de l’aide
DiskPart sait documenter ses commandes.
Utilisez :
help
ou :
help clean
help format
help create partition primary
help extend
C’est utile lorsqu’un tutoriel trouvé en ligne affirme qu’une commande fonctionne « sur toutes les versions de Windows depuis XP ».
La documentation installée sur la machine possède l’avantage considérable de connaître la machine.
list disk : afficher les disques
list disk
affiche les disques connus de DiskPart.
Exemple :
N° disque Statut Taille Libre Dyn GPT
--------- ------------- ------- ------- --- ---
Disque 0 En ligne 953 Go 1024 Ko *
Disque 1 En ligne 465 Go 0 o *
Disque 2 En ligne 29 Go 29 Go
La colonne :
GPT
peut notamment indiquer si le disque utilise GPT.
Mais la taille seule ne suffit pas toujours à identifier un disque.
Deux SSD de 1 To possèdent cette irritante tendance à tous les deux ressembler à des SSD de 1 To.
select disk : sélectionner un disque
select disk 2
DiskPart répond normalement qu’il a sélectionné le disque.
Mais ne prenez pas cette confirmation comme :
« Oui, c’est bien ta clé USB. »
Elle signifie seulement :
« Oui, tu as sélectionné le disque numéro 2. »
detail disk : votre assurance-vie avant clean
Après :
select disk 2
utilisez :
detail disk
Vérifiez notamment :
- le modèle ;
- la taille ;
- le statut ;
- les volumes associés ;
- les éventuels attributs particuliers.
Pour une opération destructive, cette commande devrait devenir un réflexe.
Le stockage récompense rarement les gens pressés.
list partition : afficher les partitions
Une fois un disque sélectionné :
list partition
affiche ses partitions.
Par exemple :
N° partition Type Taille
------------- ---------------- -------
Partition 1 Système 100 Mo
Partition 2 Réservé 16 Mo
Partition 3 Principal 952 Go
Partition 4 Récupération 800 Mo
Une petite partition sans lettre n’est donc pas nécessairement :
« un truc inutile que Windows a oublié ».
Elle peut participer très directement au démarrage ou à la récupération du système.
select partition
Pour sélectionner :
select partition 3
Puis pour vérifier :
detail partition
Encore une fois :
sélectionner puis inspecter avant de supprimer.
list volume : afficher les volumes
list volume
affiche les volumes connus du système.
On y trouve notamment :
- numéro ;
- lettre ;
- étiquette ;
- système de fichiers ;
- taille ;
- état.
C’est particulièrement utile pour faire le lien entre :
Volume 4
et :
E:
select volume
Pour sélectionner un volume :
select volume 4
ou dans certains contextes :
select volume E
Vous pouvez ensuite utiliser des commandes destinées aux volumes :
detail volume
assign
remove
format
extend
shrink
clean : supprimer le partitionnement du disque
Voici la commande qui justifie à elle seule plusieurs paragraphes d’avertissement :
clean
Elle agit sur le disque actuellement sélectionné.
Son résultat logique est de supprimer les informations permettant à Windows de reconnaître les partitions et volumes du disque.
Après :
select disk 2
clean
le disque apparaîtra généralement comme non alloué.
clean n’efface pas tous les secteurs
C’est une nuance fondamentale.
Un simple :
clean
ne réécrit pas l’intégralité du support.
Il détruit principalement les informations de partitionnement nécessaires à l’utilisation normale du disque.
Les données utilisateur peuvent donc encore exister physiquement dans les secteurs qui n’ont pas été réécrits.
clean est destructif pour la structure logique du disque, mais ce n’est pas un effacement sécurisé complet des données.
Autrement dit :
pour Windows, votre disque vient de perdre sa carte.
Les maisons peuvent encore être quelque part sous les décombres.
clean all : autre niveau de destruction
DiskPart possède :
clean all
Cette variante écrit des zéros sur l’ensemble des secteurs adressables du disque.
Elle peut donc prendre beaucoup plus longtemps qu’un simple :
clean
sur un gros disque.
Ne confondez jamais clean et clean all.
| Commande | Effet général |
|---|---|
clean |
Supprime les informations de partitionnement/formatage du disque |
clean all |
Écrit des zéros sur tous les secteurs adressables |
clean all n’est pas forcément la meilleure méthode d’effacement d’un SSD
Sur un SSD ou certaines technologies de stockage modernes, un écrasement logique de tous les secteurs adressables n’est pas nécessairement équivalent à un mécanisme spécialisé de Secure Erase ou d’effacement cryptographique.
Les contrôleurs SSD peuvent posséder :
- surallocation ;
- wear leveling ;
- blocs remappés ;
- zones qui ne sont pas directement exposées comme secteurs logiques ordinaires.
Si l’objectif est une véritable procédure de sanitisation avant cession d’un support sensible, utilisez une méthode adaptée au matériel, au niveau de risque et à la politique de sécurité.
DiskPart est un outil de partitionnement.
Pas un certificat de destruction judiciaire.
delete partition : supprimer une partition
Après :
select partition 3
on peut utiliser :
delete partition
pour supprimer la partition ayant le focus.
Cette opération n’est pas une mise à la corbeille.
Le système ne crée pas automatiquement :
Partition 3 - copie avant catastrophe
delete partition override
Certaines partitions de types particuliers ne peuvent pas être supprimées avec la commande normale.
On rencontre alors :
delete partition override
override permet à DiskPart de supprimer des types de partitions qu’il protégerait normalement dans certains contextes.
Mais il ne faut pas imaginer :
« override = ignore absolument toutes les protections de Windows ».
DiskPart refuse notamment la suppression de certaines partitions actuellement utilisées comme :
- partition système ;
- partition de démarrage ;
- partition contenant le fichier d’échange actif ;
- partition contenant certaines informations de crash dump actives.
Supprimer une partition EFI : opération de maintenance, pas astuce de nettoyage
Une partition EFI contient normalement des fichiers utilisés par le firmware UEFI pour démarrer des systèmes d’exploitation.
La supprimer simplement parce qu’un multiboot ne vous plaît plus peut rendre une installation incapable de démarrer.
Avant toute opération de ce type :
list disk
select disk X
detail disk
list partition
select partition Y
detail partition
Vous devez être certain :
- du disque ;
- du rôle de cette partition ;
- des chargeurs qu’elle contient ;
- du système qui l’utilise ;
- de votre méthode de réparation du démarrage.
Dans un scénario de maintenance maîtrisé, sur un ancien disque système qui n’est plus utilisé pour démarrer la machine, on peut finir par avoir besoin de :
delete partition override
Mais :
ne transformez pas « supprimer une vieille partition EFI » en recette générique utilisant aveuglément Disque 0, Partition 1.
Disque 0 possède une fâcheuse tendance à contenir précisément les choses dont vous aviez encore besoin.
Créer une partition principale
Sur un disque possédant de l’espace non alloué :
create partition primary
crée une partition principale.
Sans taille spécifiée, elle utilise normalement l’espace disponible de la région appropriée.
Pour choisir une taille en mégaoctets :
create partition primary size=102400
crée environ :
100 Gio
dans la logique de valeurs utilisée par les outils Windows.
Après create partition, la nouvelle partition obtient le focus
C’est important.
Après :
create partition primary
DiskPart sélectionne automatiquement la nouvelle partition.
On peut donc généralement enchaîner :
format fs=ntfs quick
assign
Formatage : créer le système de fichiers
Une partition nouvellement créée n’est pas encore nécessairement prête à recevoir des fichiers.
On peut la formater :
format fs=ntfs quick
ou :
format fs=exfat quick
Selon le volume et la version de Windows, d’autres systèmes de fichiers peuvent être proposés.
Pour voir ce que DiskPart prend en charge sur le volume sélectionné :
filesystems
Ajouter une étiquette
On peut directement nommer le volume :
format fs=ntfs label=Sauvegardes quick
Il apparaîtra ensuite par exemple comme :
Sauvegardes (E:)
Un nom descriptif est préférable à :
Nouveau volume (E:)
surtout lorsqu’un serveur en possède douze.
Formatage rapide et formatage complet
Le paramètre :
quick
demande un formatage rapide.
Il initialise rapidement les structures nécessaires du système de fichiers sans effectuer toutes les opérations d’un formatage complet.
Un formatage rapide ne constitue pas une procédure de destruction sécurisée des anciennes données.
Il sert principalement à préparer rapidement le volume pour son utilisation.
NTFS, exFAT ou FAT32 ?
| Système | Usage typique |
|---|---|
| NTFS | Windows, permissions, journalisation, gros fichiers |
| exFAT | Supports amovibles et compatibilité multi-systèmes moderne |
| FAT32 | Compatibilité avec anciens équipements, firmware et certains périphériques |
FAT32 possède une limite importante
Un fichier individuel FAT32 ne peut pas atteindre 4 Gio complets.
La limite maximale est :
4 Gio - 1 octet
Cela pose notamment problème pour :
- de grosses vidéos ;
- des images disque ;
- certains fichiers d’installation Windows ;
- des sauvegardes volumineuses.
Windows a également longtemps imposé une limitation de 32 Go lors de la création de nouveaux systèmes FAT32 avec ses outils de formatage.
Microsoft déploie désormais sur des versions récentes de Windows une augmentation de la limite de formatage FAT32 en ligne de commande jusqu’à 2 To.
Le comportement exact dépend donc de la version et du niveau de mise à jour du système.
Si la compatibilité matérielle n’exige pas FAT32, exFAT est souvent beaucoup plus confortable pour un gros support amovible.
assign : attribuer une lettre de lecteur
Après formatage :
assign
attribue une lettre disponible.
On peut également demander explicitement :
assign letter=E
si la lettre est disponible et appropriée.
Une lettre n’est pas le volume
Le :
E:
n’est qu’un point d’accès au volume.
Le volume continue d’exister si sa lettre est supprimée.
C’est un concept important lorsque l’on rencontre une partition parfaitement saine mais invisible dans l’Explorateur.
remove : retirer une lettre
Après avoir sélectionné le volume :
remove letter=E
retire cette lettre.
Les données ne sont pas supprimées.
Le volume cesse simplement d’être accessible par :
E:\
dans ce contexte.
Les points de montage NTFS
Windows sait aussi monter un volume dans un répertoire NTFS plutôt que de lui consacrer une lettre.
DiskPart peut gérer des points de montage avec les commandes :
assign
remove
Dans un serveur contenant beaucoup de volumes, cela permet d’éviter d’épuiser l’alphabet avant les disques.
attributes disk : le disque est-il en lecture seule ?
Une clé USB ou un disque peut apparaître comme protégé en écriture.
Après sélection :
attributes disk
permet d’afficher ses attributs.
On peut rencontrer un état :
Read-only : Yes
Selon la situation, on peut essayer :
attributes disk clear readonly
Clear readonly ne répare pas tout
Si la protection provient :
- d’un interrupteur physique ;
- d’un contrôleur défaillant ;
- d’une politique de stockage ;
- d’un média en fin de vie ;
- du firmware du périphérique ;
DiskPart ne possède pas une formule magique permettant d’imposer :
« Non, vraiment, écris quand même. »
La commande agit sur l’attribut géré par Windows.
Elle ne négocie pas avec du silicium mourant.
Attributs d’un volume
Pour un volume sélectionné :
attributes volume
permet d’examiner des attributs comme :
- lecture seule ;
- caché ;
- absence de lettre automatique.
Par exemple :
attributes volume clear readonly
agit sur le volume ayant le focus.
offline et online
DiskPart peut placer un disque ou volume hors ligne :
offline disk
et le remettre en ligne :
online disk
Ces fonctions sont particulièrement utiles dans certains scénarios :
- administration de serveurs ;
- clonage ;
- disques présentant des signatures dupliquées ;
- maintenance ;
- stockage SAN.
rescan : rechercher de nouveaux disques
Si un disque vient d’être ajouté :
rescan
demande à DiskPart de rechercher les changements de stockage.
C’est parfois plus élégant que :
« Je vais redémarrer le serveur parce que j’ai branché un disque. »
shrink : réduire un volume
Pour récupérer de l’espace à la fin d’un volume NTFS :
list volume
select volume 3
shrink querymax
shrink querymax indique le maximum actuellement réductible.
Pour retirer par exemple 20 000 Mo :
shrink desired=20000
L’espace libéré devient non alloué.
Pourquoi shrink ne libère-t-il pas tout l’espace libre ?
Un volume peut contenir des données ou structures difficiles à déplacer près de sa fin logique.
Le fait qu’un volume possède :
300 Go libres
ne signifie donc pas forcément que DiskPart peut le réduire immédiatement de :
300 Go
shrink querymax donne une mesure beaucoup plus utile que l’optimisme.
extend : agrandir un volume
Un volume peut être étendu lorsqu’un espace non alloué approprié est disponible.
Par exemple :
select volume 3
extend
ou :
extend size=51200
pour ajouter environ 50 Gio.
L’espace non alloué doit généralement être au bon endroit
Sur un disque de base, l’espace destiné à l’extension doit généralement être :
- sur le même disque ;
- immédiatement après le volume à agrandir.
Supposons :
[ C: ][ Recovery ][ espace libre ]
Vous ne pouvez pas nécessairement faire :
C: → extend
car la partition Recovery se trouve entre les deux.
DiskPart sait agrandir des partitions.
Il ne sait pas téléporter les partitions gênantes sur le côté par pure volonté administrative.
MBR et GPT
DiskPart peut travailler avec les deux grands styles de partitionnement :
MBR
Master Boot Record
et :
GPT
GUID Partition Table
GPT est le style moderne normalement associé aux systèmes UEFI.
MBR appartient davantage au modèle historique BIOS/Legacy.
convert gpt
Sur un disque vide sélectionné :
convert gpt
le convertit au style GPT.
convert mbr
Inversement :
convert mbr
configure le disque comme MBR.
Ces commandes n’acceptent pas normalement un disque contenant encore ses partitions
Pour utiliser la conversion DiskPart classique, le disque doit être vide de partitions ou volumes.
Un scénario courant est donc :
select disk X
detail disk
clean
convert gpt
C’est pour cela qu’on résume parfois :
« convert gpt efface les données ».
La formulation plus précise est :
DiskPart exige normalement que les partitions aient été supprimées avant cette conversion ; la procédure complète devient donc destructive si le disque contenait des données.
Pour un disque système MBR : MBR2GPT
Microsoft fournit également :
MBR2GPT.EXE
pour convertir certains disques système MBR en GPT sans supprimer les données existantes.
Avant toute conversion :
mbr2gpt /validate /disk:0
peut vérifier si le disque répond aux prérequis.
Puis, selon le contexte :
mbr2gpt /convert /disk:0
peut effectuer la conversion.
Depuis Windows complet, on rencontre notamment :
/allowFullOS
lorsque la procédure et les prérequis le permettent.
Convertir la table de partitions ne suffit pas pour démarrer
Après conversion d’une installation Windows de :
BIOS + MBR
vers :
UEFI + GPT
le firmware doit également être configuré pour démarrer en :
UEFI
et non rester exclusivement en mode BIOS hérité.
Changer l’alphabet du plan de ville sans informer le chauffeur produit généralement une navigation assez médiocre.
active : commande historique importante à replacer dans son contexte
La commande :
active
marque la partition sélectionnée comme active.
Elle appartient principalement au mécanisme historique de démarrage utilisant :
MBR + BIOS
Elle ne doit pas être ajoutée automatiquement dans toutes les recettes de préparation de disque.
Sur GPT/UEFI, on ne « marque pas la partition active »
Une machine UEFI moderne utilise normalement une :
EFI System Partition
ESP
identifiée par son type GPT.
Le concept MBR de partition :
active
n’est pas la mécanique utilisée pour indiquer au firmware UEFI quelle partition contient les applications EFI.
Ne copiez donc pas active dans tous vos scripts sous prétexte qu’un tutoriel de création de clé bootable datant de 2012 l’utilisait.
Marquer la mauvaise partition active peut empêcher le démarrage
DiskPart ne vérifie pas que la partition contient réellement les fichiers nécessaires au boot avant de la marquer active.
Il est donc parfaitement possible de lui dire :
« Cette partition est celle qu’il faut démarrer. »
alors qu’elle contient :
photos-vacances
factures
chat.jpg
Le BIOS découvrira ensuite le problème lors du démarrage.
De façon très personnelle.
Cas pratique : réinitialiser complètement une clé USB
Supposons que la clé puisse être entièrement effacée.
Commencez par :
diskpart
list disk
Repérez soigneusement sa taille.
Puis :
select disk 2
detail disk
Vérifiez réellement les informations affichées.
Si et seulement si le disque 2 est bien la clé :
clean
convert gpt
create partition primary
format fs=exfat label=USB quick
assign
exit
Pour un périphérique nécessitant spécifiquement FAT32 :
format fs=fat32 label=USB quick
peut être utilisé si la taille et la version de Windows permettent ce formatage.
Pourquoi j’ai ajouté convert gpt ?
Après un :
clean
le disque doit être initialisé dans un style de partitionnement.
Sur une machine moderne et pour un disque de données ordinaire, GPT est généralement le choix logique.
Mais certains appareils anciens peuvent exiger :
- MBR ;
- FAT32 ;
- une seule partition ;
- des contraintes de taille particulières.
Le meilleur format n’est donc pas :
« le plus moderne possible ».
C’est celui compatible avec l’usage réel.
Cas pratique : préparer un disque secondaire neuf en NTFS
diskpart
list disk
select disk 1
detail disk
clean
convert gpt
create partition primary
format fs=ntfs label=Donnees quick
assign letter=F
exit
Cette procédure est appropriée uniquement si :
tout ce qui se trouve déjà sur le disque peut être détruit.
Le mot :
clean
dans une documentation devrait toujours déclencher une petite alarme mentale.
Créer une partition sans effacer les autres
Si un disque possède déjà de l’espace non alloué, il n’est évidemment pas nécessaire d’utiliser :
clean
pour créer une nouvelle partition.
On peut faire :
diskpart
list disk
select disk 1
detail disk
create partition primary size=102400
format fs=ntfs label=Archives quick
assign letter=G
exit
clean n’est donc pas la première étape obligatoire de DiskPart.
C’est une commande de remise à zéro de la structure du disque.
L’utiliser systématiquement revient à repeindre une pièce en brûlant d’abord l’immeuble.
Cas pratique : changer la lettre d’un volume
Supposons que :
E:
doive devenir :
R:
On peut procéder ainsi :
diskpart
list volume
select volume E
detail volume
remove letter=E
assign letter=R
exit
Attention aux logiciels, scripts et services utilisant l’ancien chemin.
Pour l’application qui cherche :
E:\Donnees
la phrase :
« Mais le disque est toujours branché. »
n’apporte pas beaucoup de consolation.
Cas pratique : réduire un volume NTFS
diskpart
list volume
select volume 3
detail volume
shrink querymax
shrink desired=20480
exit
Cela demande de libérer environ 20 Gio à la fin du volume.
L’espace devient non alloué et peut ensuite servir à créer une autre partition.
Cas pratique : étendre un volume
Si de l’espace non alloué compatible se trouve immédiatement après le volume :
diskpart
list volume
select volume 3
detail volume
extend
exit
Sans paramètre de taille, DiskPart utilisera l’espace disponible approprié.
Pour limiter l’extension :
extend size=20480
Cas pratique : disque marqué en lecture seule
diskpart
list disk
select disk 2
detail disk
attributes disk
Si l’attribut DiskPart est réellement configuré en lecture seule :
attributes disk clear readonly
Puis :
attributes disk
pour vérifier.
Si la clé reste en lecture seule
Le problème peut venir :
- du support lui-même ;
- d’un interrupteur physique ;
- d’une panne du contrôleur ;
- d’une politique Windows ;
- d’un défaut matériel.
Une clé USB vieillissante peut parfois se placer définitivement en lecture seule afin de préserver les données encore lisibles.
Dans ce cas, DiskPart n’est pas méchant.
Le périphérique rédige simplement son testament.
DiskPart peut également manipuler des VHD
DiskPart sait travailler avec des disques virtuels.
Par exemple :
select vdisk file="C:\VM\disque.vhdx"
attach vdisk
Puis :
list disk
permet de voir le disque virtuel attaché comme un disque accessible au système.
Pour le détacher :
detach vdisk
DiskPart ne sert donc pas uniquement aux clés USB récalcitrantes.
Automatiser DiskPart avec un script
DiskPart accepte des scripts avec :
diskpart /s script.txt
Par exemple, un fichier pourrait contenir :
select disk 2
clean
convert gpt
create partition primary
format fs=ntfs label=Sauvegardes quick
assign letter=S
Puis :
diskpart /s script.txt
Automatiser une erreur la rend simplement plus rapide
Un script DiskPart est très utile pour :
- déploiements ;
- laboratoires ;
- préparation répétitive de supports ;
- installation automatisée.
Mais un :
select disk 0
clean
incorrect dans un script possède un avantage impressionnant :
vous n’avez même pas le temps de réaliser votre erreur avant la commande suivante.
Le paramètre noerr
Plusieurs commandes DiskPart prennent en charge :
noerr
destiné principalement aux scripts.
Il demande à DiskPart de continuer l’exécution après certaines erreurs.
Ce comportement peut être utile dans une automatisation maîtrisée.
Il peut également permettre à un script déjà mal parti de poursuivre méthodiquement sa carrière.
Utilisez-le lorsque vous savez précisément quelles erreurs peuvent être ignorées.
DiskPart et PowerShell
Windows possède également des cmdlets PowerShell modernes pour le stockage.
Par exemple :
Get-Disk
Get-Partition
Get-Volume
Pour examiner les disques :
Get-Disk
Pour initialiser :
Initialize-Disk
Pour créer :
New-Partition
Pour formater :
Format-Volume
Pour effacer la structure d’un disque :
Clear-Disk
Pourquoi PowerShell peut être préférable pour les scripts
DiskPart fonctionne principalement avec des commandes textuelles et des numéros d’objets.
PowerShell manipule des objets structurés.
On peut donc écrire des scripts qui vérifient explicitement :
- le modèle ;
- la taille ;
- le numéro ;
- le style de partition ;
- le statut ;
avant d’effectuer une action.
Pour une automatisation importante, cette capacité réduit le besoin de construire toute la logique autour de :
select disk 3
et d’une confiance assez émouvante envers le chiffre 3.
Disk Management reste parfaitement valable
L’outil graphique :
diskmgmt.msc
reste très utile.
DiskPart n’est pas :
« la version professionnelle »
et Gestion des disques :
« la version pour débutants ».
Ce sont deux interfaces adaptées à des usages différents.
L’interface graphique est souvent meilleure pour :
- visualiser l’ordre des partitions ;
- voir l’espace non alloué ;
- comprendre rapidement la disposition du disque.
DiskPart excelle pour :
- le dépannage ;
- WinPE ;
- les procédures précises ;
- l’automatisation ;
- les fonctions moins pratiques dans l’interface graphique.
Erreur : aucun média
Si DiskPart affiche un périphérique avec :
No Media
0 B
par exemple sur une clé USB, il est possible que Windows reconnaisse le contrôleur USB mais pas réellement la mémoire de stockage derrière.
Dans ce cas :
clean
ne peut pas ressusciter des puces NAND mortes.
DiskPart gère les structures de stockage qui existent encore.
Il ne pratique pas la nécromancie électronique.
Erreur : le disque n’apparaît pas
Essayez :
rescan
puis :
list disk
Si rien n’apparaît, examinez :
- Gestionnaire de périphériques ;
- connexion physique ;
- câble ;
- boîtier USB ;
- pilote ;
- contrôleur de stockage ;
- BIOS/UEFI ;
- état matériel du disque.
Erreur : disque hors ligne
Après :
select disk X
detail disk
si l’état le permet :
online disk
peut remettre le disque en ligne.
Mais cherchez également pourquoi Windows l’avait placé hors ligne.
Remettre immédiatement en ligne deux clones possédant des identifiants de disque conflictuels peut simplement redonner de l’énergie au problème.
Voir l’identifiant du disque
Sur le disque sélectionné :
uniqueid disk
permet d’afficher son identifiant :
- signature sur MBR ;
- GUID sur GPT.
DiskPart permet aussi de le modifier, mais ce n’est pas une opération à effectuer juste pour voir si le GUID « devient plus joli ».
La bonne méthode pour une opération destructive
Avant :
clean
clean all
delete partition
delete volume
convert gpt
convert mbr
utilisez une séquence de contrôle :
list disk
select disk X
detail disk
list partition
list volume
Puis posez-vous quatre questions :
- La taille correspond-elle ?
- Le modèle correspond-il ?
- Les volumes correspondent-ils à ce que j’attends ?
- Ai-je réellement une sauvegarde des données nécessaires ?
Si une réponse est :
« probablement »
vous n’êtes pas encore arrivé à l’étape :
clean
Ce qu’il ne faut pas faire
Copier un select disk trouvé dans un tutoriel
Si un tutoriel dit :
select disk 1
cela signifie :
« Sur la machine de l’auteur, le disque voulu était le numéro 1. »
Pas :
« Les clés USB sont universellement Disque 1. »
Lancer clean pour réparer un système de fichiers
clean ne répare pas NTFS ou exFAT.
Il détruit la structure de partitionnement utilisée pour les atteindre.
Pour un système de fichiers endommagé, on examine d’autres outils comme :
chkdsk
selon le cas.
Utiliser clean all pour « faire un formatage un peu meilleur »
clean all possède une finalité très différente.
Ce n’est pas :
« clean, mais premium ».
Marquer active une partition GPT
Le drapeau actif appartient au monde MBR/BIOS historique.
Pour GPT/UEFI, apprenez le rôle de l’EFI System Partition.
Supprimer une EFI parce qu’elle est petite
La taille d’une partition ne mesure pas son importance.
Un fichier de 4 Ko peut contenir une clé privée.
Une partition de quelques centaines de Mo peut décider si votre système démarre lundi matin.
Convertir un disque système avec clean + convert gpt
Si l’objectif est une migration Windows MBR vers GPT en conservant l’installation, examinez :
MBR2GPT
et ses prérequis.
clean possède une vision assez différente du mot :
migration
Tester DiskPart sur le seul disque contenant vos données
Une machine virtuelle, un VHD ou un vieux support dédié à l’apprentissage offrent un environnement beaucoup plus serein.
La curiosité technique est une qualité.
La pratiquer sur l’unique exemplaire des photos de famille est une interprétation discutable de cette qualité.
Exercice sans disque physique : utiliser un VHD
Pour apprendre DiskPart sans manipuler immédiatement un disque réel, un disque virtuel est une excellente solution.
DiskPart permet notamment de créer et attacher des VHD selon la version et le contexte.
Vous pouvez ainsi expérimenter :
- GPT ;
- partitions ;
- formatage ;
- lettres ;
- shrink ;
- extend ;
sur un fichier de laboratoire.
Supprimer accidentellement :
lab.vhdx
fait nettement moins de bruit qu’effacer :
NVMe Samsung 2 To - système
Commandes essentielles
| Commande | Fonction |
|---|---|
list disk |
Lister les disques |
list partition |
Lister les partitions du disque sélectionné |
list volume |
Lister les volumes |
select disk X |
Sélectionner un disque |
select partition X |
Sélectionner une partition |
select volume X |
Sélectionner un volume |
detail disk |
Afficher les détails du disque sélectionné |
detail partition |
Afficher les détails d’une partition |
detail volume |
Afficher les détails d’un volume |
clean |
Supprimer les informations de partitionnement/formatage du disque |
clean all |
Écrire des zéros sur tous les secteurs adressables |
create partition primary |
Créer une partition principale |
delete partition |
Supprimer la partition sélectionnée |
format |
Créer un système de fichiers |
assign |
Attribuer une lettre ou un point de montage |
remove |
Retirer une lettre ou un point de montage |
shrink |
Réduire un volume compatible |
extend |
Agrandir un volume compatible |
convert gpt |
Passer un disque vide en GPT |
convert mbr |
Passer un disque vide en MBR |
attributes disk |
Afficher ou modifier certains attributs du disque |
online disk |
Mettre un disque en ligne |
offline disk |
Mettre un disque hors ligne |
rescan |
Rechercher les changements de stockage |
uniqueid disk |
Afficher l’identifiant du disque |
active |
Marquer une partition active dans les scénarios MBR concernés |
exit |
Quitter DiskPart |
Les commandes classées par niveau de danger
| Catégorie | Exemples | Risque |
|---|---|---|
| Observation | list, detail, attributes disk, uniqueid disk |
Faible si aucune modification n’est demandée |
| Administration | assign, remove, online, offline |
Peut rendre une ressource momentanément inaccessible |
| Structure | create, format, shrink, extend |
Modification du stockage |
| Destruction | delete partition, clean |
Perte d’accès aux données |
| Destruction lourde | clean all |
Écrasement de l’ensemble du disque adressable |
La séquence à retenir
Pour la plupart des opérations :
LIST
↓
SELECT
↓
DETAIL
↓
ACTION
↓
VERIFY
Par exemple :
list disk
select disk 2
detail disk
clean
list disk
ou :
list volume
select volume 4
detail volume
assign letter=R
list volume
Cette méthode est beaucoup plus saine que :
diskpart
select disk 1
clean
tapé depuis un tutoriel pendant que trois disques externes et le SSD système sont connectés.
Checklist avant clean
- Les données importantes sont-elles sauvegardées ailleurs ?
- Ai-je exécuté
list disk? - Ai-je sélectionné explicitement le disque ?
- Ai-je exécuté
detail disk? - Le modèle et la capacité correspondent-ils ?
- Les volumes affichés correspondent-ils à ceux que je souhaite détruire ?
- Suis-je certain de vouloir supprimer toute la structure de partitions ?
Sept questions.
Environ trente secondes.
Potentiellement plusieurs jours de récupération de données économisés.
Conclusion : DiskPart n’est pas brutal, il est littéral
DiskPart possède une réputation d’outil dangereux.
Elle n’est pas entièrement injustifiée.
Mais le problème n’est pas que DiskPart détruit les disques au hasard.
Au contraire :
DiskPart est extrêmement discipliné. Il détruit précisément le disque que vous lui avez demandé de détruire.
La compétence essentielle n’est donc pas de mémoriser :
clean
create partition primary
format fs=ntfs quick
assign
mais de maîtriser :
list
select
detail
avant les commandes qui modifient réellement quelque chose.
Retenez surtout :
- un disque, une partition et un volume ne sont pas la même chose ;
- DiskPart agit sur l’objet ayant le focus ;
- detail disk doit précéder les opérations destructives ;
- clean supprime la structure logique mais ne réécrit pas tout le disque ;
- clean all écrit des zéros sur tout le support adressable ;
- convert gpt/mbr avec DiskPart exige normalement un disque vide ;
- MBR2GPT existe pour certains disques système à convertir sans supprimer les données ;
- active appartient essentiellement au démarrage MBR/BIOS, pas au modèle GPT/UEFI moderne ;
- override n’est pas une commande à utiliser simplement parce que la commande normale a dit non ;
- et aucun tutoriel ne connaît à votre place le numéro de votre disque.
DiskPart peut sauver une clé USB, remettre un disque proprement en service, préparer un support d’installation, modifier un volume ou automatiser un déploiement.
Il peut aussi transformer un SSD système parfaitement fonctionnel en :
Espace non alloué
953 Go
avec une efficacité presque poétique.
La règle finale tient donc en trois commandes :
list disk
select disk X
detail disk
Puis seulement, lorsque vous êtes certain :
clean
DiskPart ne possède pas de bouton rouge.
Vous êtes le bouton rouge.
