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Réseau

Configurer un réseau Wi-Fi : bandes, canaux, sécurité et bonnes pratiques

Configurer un réseau Wi-Fi paraît simple :

choisir un nom
choisir un mot de passe
cliquer sur Activer

Et techniquement, cela peut suffire.

Jusqu’au moment où :

  • le salon fonctionne mais pas la chambre ;
  • le téléphone affiche 1,8 Gbit/s mais télécharge à 120 Mbit/s ;
  • l’imprimante refuse le WPA3 ;
  • les voisins occupent exactement le même canal ;
  • le répéteur divise les performances ;
  • la visioconférence meurt dès que quelqu’un allume le micro-ondes ;
  • ou le réseau possède cinq barres mais aucune adresse IP.

Le Wi-Fi n’est pas de la magie.

C’est de la radio, des protocoles réseau, de la cryptographie et une quantité appréciable de négociations entre équipements qui ne se connaissent pas mais doivent néanmoins partager le même air.

Un bon réseau Wi-Fi n’est pas celui qui affiche le plus gros chiffre sur la boîte du routeur. C’est celui qui fournit suffisamment de couverture, de capacité, de stabilité et de sécurité là où les utilisateurs en ont réellement besoin.

Wi-Fi : avant tout un réseau radio

Wi-Fi est une famille de technologies de réseau local sans fil basées sur les normes :

IEEE 802.11

Au lieu d’utiliser un câble Ethernet pour transporter les trames entre un poste et le réseau, les équipements utilisent des ondes radio.

Le principe général reste néanmoins celui d’un réseau local.

Le Wi-Fi ne remplace pas :

  • IP ;
  • DHCP ;
  • DNS ;
  • TCP ;
  • UDP ;
  • le routage ;
  • le pare-feu.

Il fournit essentiellement une méthode de connexion au réseau au niveau de la liaison.

Une fois associé au Wi-Fi, votre ordinateur doit encore obtenir une configuration IP et trouver comment rejoindre le reste du monde.

Les deux rôles fondamentaux : point d’accès et client

Dans un réseau Wi-Fi classique en mode infrastructure, on distingue principalement :

  • le point d’accès ;
  • les stations clientes.

Le point d’accès

Le point d’accès, ou :

AP
Access Point

gère l’accès radio au réseau.

Il peut être intégré dans :

  • une box Internet ;
  • un routeur Wi-Fi ;
  • une borne professionnelle ;
  • un système mesh ;
  • certains ordinateurs configurés pour partager une connexion.

Il annonce les réseaux disponibles, accepte les associations compatibles et relaie ensuite le trafic entre le monde Wi-Fi et le réseau auquel il est raccordé.

Le client Wi-Fi

Le client peut être :

  • un ordinateur ;
  • un smartphone ;
  • une tablette ;
  • une imprimante ;
  • une caméra ;
  • un terminal industriel ;
  • un objet connecté ayant reçu, contre toute attente, une pile TCP/IP complète.

Le client possède lui aussi une radio.

Dire que :

« l’AP émet et le client reçoit »

est donc trop simplifié.

Les deux transmettent et reçoivent.

Le point d’accès organise principalement leur participation au réseau sans fil.

Une box Internet cumule plusieurs fonctions

Une box domestique peut réunir dans le même boîtier :

modem / terminaison opérateur
+
routeur
+
pare-feu
+
switch Ethernet
+
point d'accès Wi-Fi
+
serveur DHCP
+
DNS relay / proxy
+
NAT

C’est pratique.

Mais cela donne parfois l’impression que toutes ces fonctions appartiennent naturellement au Wi-Fi.

Ce n’est pas le cas.

Un point d’accès n’est pas nécessairement un serveur DHCP

Dans une infrastructure professionnelle :

Internet
   ↓
Pare-feu / Routeur
   ↓
Switch
   ↓
Point d'accès
   ↓
Clients Wi-Fi

le point d’accès peut simplement relayer les trames entre le réseau radio et un VLAN Ethernet.

Le DHCP se trouve ailleurs :

Serveur DHCP
ou
Routeur / Pare-feu

Une box familiale fait souvent les deux parce qu’elle aime cumuler les métiers.

Une borne Wi-Fi professionnelle possède généralement une ambition plus raisonnable.

SSID : le nom du réseau

Le :

SSID
Service Set Identifier

est le nom logique du réseau Wi-Fi.

Par exemple :

Maison
Entreprise
Invites
Atelier

Lorsque votre téléphone affiche :

Entreprise

dans sa liste de réseaux, il affiche essentiellement le SSID.

Le SSID n’identifie pas un point d’accès particulier

Dans un réseau disposant de plusieurs bornes :

AP étage 1
AP étage 2
AP étage 3

les trois peuvent annoncer :

Entreprise

comme SSID.

Le client peut alors passer d’un AP à l’autre tout en restant sur le même réseau logique.

BSSID : l’identité radio d’un AP

Le :

BSSID

identifie une instance radio particulière du réseau.

On peut donc voir :

SSID : Entreprise

BSSID : AA:BB:CC:00:00:01
BSSID : AA:BB:CC:00:00:02
BSSID : AA:BB:CC:00:00:03

Les utilisateurs voient principalement le SSID.

Les outils de diagnostic permettent souvent de distinguer les différents BSSID.

Choisir un bon SSID

Préférez quelque chose :

  • de reconnaissable ;
  • de relativement court ;
  • qui ne révèle pas inutilement d’informations sensibles ;
  • compatible avec les équipements réellement utilisés.

Évitez par exemple :

Wifi_Banque_Paris_SalleServeurs_Administrateur_Dupont

Non parce que le nom lui-même permettrait de pirater le réseau.

Simplement parce que fournir gratuitement une petite fiche de contexte à toute personne située dans la rue n’est pas forcément nécessaire.

Cacher le SSID n’est pas une mesure de sécurité

Certains points d’accès proposent :

Hide SSID
Masquer le SSID
Disable SSID broadcast

Cette option ne rend pas le réseau réellement invisible.

Les échanges nécessaires au fonctionnement du Wi-Fi peuvent toujours permettre de détecter son existence.

Un SSID masqué est moins visible dans certaines interfaces. Il n’est pas cryptographiquement caché.

Cette configuration peut même compliquer :

  • la connexion de certains appareils ;
  • le roaming ;
  • la découverte moderne des réseaux, notamment dans certains scénarios 6 GHz.

Pour sécuriser un Wi-Fi, utilisez WPA3, une bonne authentification et une segmentation appropriée.

Pas le pouvoir ancestral du :

« Si je ne mets pas le nom sur la porte, personne ne saura qu’il y a une maison. »

Les trois bandes Wi-Fi modernes

Les réseaux actuels peuvent principalement utiliser :

2,4 GHz
5 GHz
6 GHz

Ces bandes possèdent des caractéristiques différentes.

Bande Forces Limites typiques
2,4 GHz Bonne propagation, grande compatibilité Peu de canaux, forte congestion, débits généralement plus faibles
5 GHz Davantage de canaux, bonnes performances Atténuation supérieure au 2,4 GHz, DFS sur certains canaux
6 GHz Beaucoup de spectre récent, grandes largeurs de canal, peu d’anciens clients Clients récents nécessaires, propagation plus difficile, règles réglementaires spécifiques

2,4 GHz : vieux, encombré, mais toujours très utile

Le 2,4 GHz possède plusieurs avantages :

  • bonne portée relative ;
  • bonne traversée des obstacles par rapport aux fréquences supérieures ;
  • compatibilité avec énormément d’équipements ;
  • très présent sur les objets connectés.

Mais cette bande est étroite et très sollicitée.

On y rencontre notamment :

  • d’autres réseaux Wi-Fi ;
  • Bluetooth ;
  • certains équipements domotiques ;
  • des périphériques propriétaires ;
  • et, dans certaines conditions, les émissions parasites de fours à micro-ondes.

Le 2,4 GHz ressemble donc parfois à une réunion où tout le monde dispose du même micro.

5 GHz : le cheval de bataille moderne

Le 5 GHz offre généralement :

  • davantage de canaux ;
  • des largeurs de canal supérieures ;
  • moins de congestion que le 2,4 GHz ;
  • des débits potentiellement beaucoup plus élevés.

En contrepartie, les fréquences plus élevées sont généralement davantage atténuées par :

  • les murs ;
  • les planchers ;
  • les obstacles ;
  • la distance.

La phrase :

« 5 GHz porte moins loin »

est donc une simplification raisonnable dans beaucoup d’environnements.

6 GHz : Wi-Fi 6E et Wi-Fi 7

Le 6 GHz a considérablement augmenté la quantité de spectre disponible pour le Wi-Fi dans les pays qui l’autorisent.

Wi-Fi 6E correspond essentiellement à l’extension du Wi-Fi 6 :

802.11ax

dans la bande :

6 GHz

Wi-Fi 6E n’est donc pas :

Wi-Fi 7

mais :

Wi-Fi 6 + accès au 6 GHz

Wi-Fi 7

Wi-Fi 7 repose sur :

IEEE 802.11be

et ajoute notamment selon les équipements et bandes disponibles :

  • des canaux jusqu’à 320 MHz ;
  • la modulation 4K-QAM ;
  • le Multi-Link Operation ;
  • différentes améliorations d’efficacité.

Wi-Fi 7 peut utiliser :

2,4 GHz
5 GHz
6 GHz

Le 6 GHz n’est donc plus une curiosité expérimentale.

En 2026, il appartient pleinement aux déploiements Wi-Fi modernes.

MLO : plusieurs liens pour une même connexion

Le :

Multi-Link Operation
MLO

est une des grandes nouveautés de Wi-Fi 7.

Il permet à des équipements compatibles de coordonner plusieurs liens radio.

Selon le matériel et le mode utilisé, cela peut améliorer :

  • le débit ;
  • la latence ;
  • la résilience aux interférences ;
  • la capacité à choisir le meilleur lien.

Le principe n’est donc plus toujours :

« Choisis exclusivement 5 GHz ou 6 GHz et restes-y. »

Les générations modernes savent devenir légèrement plus ambitieuses.

La réglementation dépend du pays

Les fréquences radio ne sont pas un espace totalement libre.

Les canaux autorisés, puissances maximales et conditions d’utilisation dépendent du :

domaine réglementaire

de la région.

Un point d’accès configuré pour :

France

ne dispose pas nécessairement exactement des mêmes canaux qu’un équipement configuré pour :

États-Unis

ou :

Japon

Ne modifiez pas le pays d’un AP uniquement pour faire apparaître davantage de canaux ou augmenter sa puissance.

La réglementation radio n’est pas une option cachée destinée aux utilisateurs avancés.

Les canaux

Chaque bande Wi-Fi est divisée en canaux.

Deux points d’accès proches utilisant le même canal doivent partager son temps d’antenne.

Deux réseaux utilisant des canaux qui se chevauchent peuvent également produire des interférences particulièrement peu élégantes.

En 2,4 GHz : restez généralement en 20 MHz

Pour la majorité des déploiements modernes :

20 MHz

est la largeur raisonnable en 2,4 GHz.

Utiliser 40 MHz consomme une part importante de la petite bande disponible et augmente les problèmes de coexistence.

Dans un environnement dense, gagner théoriquement du débit avec un canal deux fois plus large peut surtout vous permettre de gêner deux fois plus de voisins.

Les fameux canaux 1, 6 et 11

Dans les environnements où les canaux 1 à 11 sont utilisés, la combinaison classique est :

1
6
11

car ces canaux peuvent être déployés avec une séparation suffisante en largeur de 20 MHz.

En Europe, davantage de canaux sont autorisés dans la bande 2,4 GHz et d’autres plans peuvent être construits selon l’environnement.

La règle universelle n’est donc pas exactement :

« Le monde entier doit utiliser exclusivement 1, 6 et 11. »

Mais :

évitez les canaux fortement chevauchants et construisez un plan cohérent adapté au domaine réglementaire.

Évitez le syndrome du canal 3

Un utilisateur voit :

voisin 1 → canal 1
voisin 2 → canal 6

et décide :

Moi → canal 3

pour « se mettre entre les deux ».

Il vient souvent de créer un réseau qui chevauche les deux.

Ce qui est l’équivalent radio de s’installer exactement au milieu de deux conversations pour être certain d’entendre les deux en même temps.

En 5 GHz : davantage de choix

Le 5 GHz fournit bien davantage de canaux.

On rencontre notamment selon la région :

36
40
44
48
...

puis différents canaux supplémentaires.

Mais une partie de la bande utilise un mécanisme :

DFS
Dynamic Frequency Selection

DFS : le radar possède la priorité

Certains canaux 5 GHz partagent leur spectre avec des systèmes radar.

Un AP utilisant un canal DFS doit notamment pouvoir détecter certaines émissions radar et changer de canal lorsqu’elles sont détectées.

Conséquences possibles :

  • délai avant activation de la radio ;
  • changement de canal ;
  • courte interruption ;
  • compatibilité imparfaite avec certains anciens clients.

DFS n’est pas :

« les mauvais canaux qu’il ne faut jamais utiliser ».

Il fournit au contraire énormément de spectre utile.

Il faut simplement connaître son comportement.

Canal automatique : pas forcément une mauvaise idée

L’affirmation :

« Les routeurs choisissent toujours mal, configurez manuellement le canal. »

est trop générale.

Un bon système Wi-Fi peut analyser :

  • les AP voisins ;
  • le niveau d’interférence ;
  • l’utilisation des canaux ;
  • les événements DFS ;
  • les autres bornes de son infrastructure.

et ajuster automatiquement son plan radio.

Dans une infrastructure professionnelle avec gestion centralisée :

Auto

peut être précisément le mode recommandé.

Sur certains routeurs domestiques plus simples, l’algorithme peut être moins intelligent ou ne recalculer qu’occasionnellement.

La réponse correcte est donc :

utilisez un plan manuel si vous savez ce que vous mesurez ; sinon, un bon algorithme automatique vaut souvent mieux qu’un canal choisi au hasard.

Largeur de canal : plus large n’est pas toujours meilleur

Les réseaux modernes peuvent utiliser différentes largeurs :

20 MHz
40 MHz
80 MHz
160 MHz
320 MHz

selon la bande et la génération.

Un canal plus large permet théoriquement davantage de débit.

Mais il consomme aussi davantage de spectre.

Largeur Avantage Inconvénient
20 MHz Bonne réutilisation des fréquences Débit maximal inférieur
40 MHz Débit supérieur Occupe davantage de spectre
80 MHz Très bon compromis 5 GHz fréquent Moins de canaux indépendants
160 MHz Débits élevés Sensible à la congestion et aux contraintes DFS
320 MHz Très gros débit potentiel Wi-Fi 7 en 6 GHz Clients récents et spectre réglementaire approprié nécessaires

Un appartement n’est pas un laboratoire

Dans une maison isolée, utiliser :

160 MHz

peut être parfaitement raisonnable.

Dans un immeuble contenant quarante réseaux visibles :

80 MHz
ou
40 MHz

peut produire une meilleure expérience globale.

Le débit théorique maximal n’est pas toujours le meilleur objectif.

La stabilité est une technologie étonnamment appréciée par les utilisateurs.

Les générations Wi-Fi

Nom commercial Norme principale Bandes principales
Wi-Fi 4 802.11n 2,4 et 5 GHz
Wi-Fi 5 802.11ac Principalement 5 GHz
Wi-Fi 6 802.11ax 2,4 et 5 GHz
Wi-Fi 6E 802.11ax Extension au 6 GHz
Wi-Fi 7 802.11be 2,4, 5 et 6 GHz selon équipements

Wi-Fi 6 ne signifie pas 6 GHz

C’est une confusion fréquente.

Wi-Fi 6
≠
6 GHz

Un équipement Wi-Fi 6 classique peut fonctionner en :

2,4 GHz
5 GHz

Pour exploiter le :

6 GHz

avec la génération 802.11ax, il faut parler de :

Wi-Fi 6E

Compatibilité : la connexion utilise les capacités communes

Un AP Wi-Fi 7 peut parfaitement accepter un client Wi-Fi 5 si :

  • la bande est compatible ;
  • la sécurité est compatible ;
  • la configuration l’autorise.

Mais la connexion de ce client restera limitée à ses propres capacités.

Acheter un routeur Wi-Fi 7 ne transforme pas :

un vieux téléphone 802.11ac

en :

terminal multigigabit Wi-Fi 7

par rayonnement administratif.

Sécurité : oubliez WEP et WPA historique

Les anciennes technologies :

WEP
WPA
TKIP

ne devraient plus être utilisées pour construire un réseau moderne.

Elles appartiennent à l’histoire du Wi-Fi.

Si un appareil exige uniquement :

WEP

la question raisonnable n’est généralement pas :

« Comment affaiblir tout mon réseau pour lui ? »

mais :

« Pourquoi cet appareil est-il encore connecté à quoi que ce soit ? »

WPA2 et WPA3

Pour les réseaux personnels actuels :

  • WPA3-Personal est le choix moderne privilégié lorsque tous les clients le supportent ;
  • WPA2/WPA3 Transition peut aider lorsque des appareils plus anciens doivent encore se connecter ;
  • WPA2-Personal avec AES/CCMP reste un mode de compatibilité largement rencontré.

WPA3-Personal et SAE

WPA3-Personal utilise principalement :

SAE
Simultaneous Authentication of Equals

pour l’authentification par mot de passe.

Il améliore notamment la résistance à certaines attaques contre les mots de passe par rapport au mécanisme PSK historique de WPA2.

Le mode transition

Le mode :

WPA2/WPA3-Personal

permet aux clients WPA3 d’utiliser WPA3 tandis que les anciens clients peuvent encore utiliser WPA2.

C’est pratique.

Mais cela signifie aussi que :

le réseau conserve une voie de compatibilité utilisant la sécurité plus ancienne.

Lorsque tous les équipements sont compatibles, préférez :

WPA3 uniquement

plutôt que conserver éternellement un mode transition uniquement pour une imprimante achetée avant le premier confinement.

Le 6 GHz impose une sécurité moderne

Un réseau Wi-Fi 6E fonctionnant en 6 GHz ne doit pas simplement reprendre :

WPA2-PSK

d’un ancien réseau.

Le 6 GHz impose des mécanismes modernes :

  • WPA3 pour les réseaux authentifiés ;
  • Enhanced Open / OWE pour certains réseaux ouverts chiffrés ;
  • Protected Management Frames.

WPA2 n’est pas le mode normal autorisé pour un réseau 6 GHz.

Le 6 GHz profite donc de l’absence de vingt années de compatibilité avec des mécanismes de sécurité historiques.

Une rupture générationnelle parfois salutaire.

Protected Management Frames

Les :

Protected Management Frames
PMF
802.11w

protègent certaines trames de gestion Wi-Fi.

WPA3 les utilise comme composant important de la sécurité moderne et leur protection est obligatoire dans les scénarios 6 GHz concernés.

Réseaux professionnels : WPA-Enterprise

Une entreprise ne devrait pas nécessairement distribuer à 800 salariés :

MotDePasseWifiEntreprise2026

dans un document partagé.

Les architectures professionnelles utilisent souvent :

WPA2-Enterprise
ou
WPA3-Enterprise

avec :

802.1X
+
EAP
+
RADIUS

Chaque utilisateur ou machine peut alors posséder sa propre méthode d’authentification.

On peut notamment utiliser :

  • identifiants individuels ;
  • certificats ;
  • politiques centralisées ;
  • attribution dynamique de VLAN.

Le certificat du serveur RADIUS doit être vérifié

Dans un réseau 802.1X utilisant PEAP ou EAP-TLS, la validation correcte du certificat présenté par l’infrastructure d’authentification est essentielle.

Sinon un utilisateur peut être amené à fournir ses identifiants à un faux point d’accès portant simplement le bon SSID.

Créer un réseau nommé :

Entreprise

est facile.

Posséder le certificat attendu par les clients est légèrement plus exigeant.

Le mot de passe Wi-Fi

La règle :

« minimum 12 caractères avec une majuscule, trois chiffres, deux hiéroglyphes et le groupe sanguin du directeur »

n’est pas un principe cryptographique universel.

Pour un réseau personnel, utilisez surtout une phrase secrète :

  • longue ;
  • unique ;
  • non présente dans un dictionnaire évident ;
  • non réutilisée sur d’autres services.

Par exemple, une chaîne aléatoire ou plusieurs mots sans relation évidente peuvent être beaucoup plus robustes qu’un :

Wifi2026!

qui respecte pourtant la plupart des petites cases vertes d’un formulaire de mot de passe.

Évitez de réutiliser un mot de passe personnel

Le mot de passe Wi-Fi peut être partagé avec :

  • la famille ;
  • des collègues ;
  • des appareils ;
  • des invités ;
  • des systèmes de sauvegarde de profils.

N’utilisez donc pas :

le même mot de passe que votre messagerie

ou :

celui de votre compte administrateur

sous prétexte qu’il était déjà compliqué.

WPS : pratique, mais à contrôler

Le :

WPS
Wi-Fi Protected Setup

permet de simplifier l’association de certains équipements.

Les anciennes méthodes fondées sur un PIN ont connu des faiblesses importantes.

Si vous n’utilisez pas WPS :

désactivez-le

lorsque votre matériel le permet.

Un bouton de configuration automatique que personne n’utilise n’a aucune raison particulière de rester disponible pour l’éternité.

DHCP : après le Wi-Fi vient IP

Une fois le client associé au réseau Wi-Fi, il lui faut généralement une configuration IP.

En IPv4, le DHCP fournit souvent :

  • adresse IP ;
  • masque ;
  • passerelle ;
  • serveurs DNS ;
  • durée du bail.

La chaîne simplifiée devient :

association Wi-Fi
↓
authentification
↓
DHCP
↓
adresse IP
↓
routage
↓
DNS
↓
services réseau

Avoir du Wi-Fi ne signifie pas avoir Internet

Le symbole Wi-Fi signifie essentiellement :

« Une liaison radio existe avec le réseau. »

Vous pouvez parfaitement être :

connecté au Wi-Fi
+
sans DHCP

ou :

connecté
+
avec IP
+
sans passerelle

ou :

connecté
+
avec routage
+
sans DNS

Le fameux :

« J’ai toutes les barres mais Internet ne marche pas. »

n’est donc pas contradictoire.

Isolation des clients

De nombreux AP proposent :

Client Isolation
AP Isolation
Wireless Isolation

L’objectif est de limiter les communications directes entre clients Wi-Fi associés au réseau.

C’est particulièrement intéressant pour :

  • réseaux invités ;
  • hôtels ;
  • cafés ;
  • réseaux publics.

Kevin peut consulter Internet sans forcément explorer le partage SMB de l’ordinateur de Julie situé à la table voisine.

L’isolation Wi-Fi ne remplace pas une vraie segmentation

Le comportement exact dépend du constructeur.

Une option :

AP Isolation

ne garantit pas automatiquement que les clients sont isolés :

  • des machines Ethernet ;
  • d’autres AP ;
  • de tous les VLAN ;
  • des ressources internes routées.

Pour un vrai réseau invité, utilisez idéalement :

SSID invités
↓
VLAN invités
↓
pare-feu
↓
Internet

avec des règles explicites empêchant l’accès aux réseaux internes.

Un réseau invité bien conçu

Par exemple :

SSID : Entreprise-Invites
Sécurité : WPA3-Personal ou mécanisme invité adapté
VLAN : 30
Réseau : 192.168.30.0/24

Règles :
Invites → Internet : autorisé
Invites → LAN interne : refusé
Invites → Management : refusé

La segmentation est une mesure de sécurité.

Changer le mot :

Entreprise

en :

Entreprise-Guest

n’en est pas une.

Objets connectés : pensez à un réseau séparé

Les équipements IoT possèdent souvent :

  • des cycles de mise à jour incertains ;
  • de vieux chipsets Wi-Fi ;
  • uniquement du 2,4 GHz ;
  • des exigences WPA2 ;
  • une quantité étonnante de confiance envers le cloud de leur fabricant.

Un SSID ou VLAN dédié peut donc être intéressant :

Maison
Maison-IoT
Maison-Invites

avec des règles réseau adaptées.

Même SSID sur 2,4 et 5 GHz ?

Dans beaucoup de réseaux modernes, utiliser le même SSID pour plusieurs bandes est parfaitement normal :

Maison
→ 2,4 GHz
→ 5 GHz
→ éventuellement 6 GHz

Le client et l’infrastructure peuvent alors choisir le lien approprié.

C’est généralement plus élégant que :

Maison_24
Maison_5
Maison_6
Maison_5_V2_FINAL

Quand séparer les SSID ?

Une séparation peut néanmoins être utile pour :

  • diagnostiquer un problème ;
  • des équipements IoT récalcitrants ;
  • appliquer des politiques de sécurité différentes ;
  • tester précisément une bande ;
  • gérer des clients très anciens.

Il ne faut simplement pas considérer :

« un SSID par fréquence »

comme une obligation technique générale.

Band steering : l’AP peut conseiller, le client décide beaucoup

Certains AP essaient d’orienter les appareils compatibles vers :

5 GHz
ou
6 GHz

plutôt que :

2,4 GHz

On parle couramment de :

band steering

Mais le client conserve une grande part de la décision d’association et de roaming.

L’AP peut suggérer.

Le téléphone peut décider qu’il préfère rester accroché pendant encore trois pièces à une borne dont le signal agonise.

On appelle cela parfois :

sticky client

et parfois :

« Pourquoi ce téléphone refuse-t-il de changer de borne ? »

Plusieurs points d’accès et roaming

Dans un réseau comportant plusieurs AP :

AP1
AP2
AP3

on utilise généralement :

  • le même SSID ;
  • la même politique de sécurité ;
  • le même réseau logique ou une stratégie VLAN cohérente ;
  • des canaux planifiés pour limiter les interférences.

Le client peut alors passer d’une borne à l’autre.

802.11k, 802.11v et 802.11r

Différents mécanismes peuvent aider le roaming.

802.11k

Fournit notamment des informations sur les points d’accès voisins afin d’aider les clients dans leurs décisions.

802.11v

Permet notamment certaines fonctions de gestion et d’assistance à la transition entre BSS.

802.11r

Optimise certaines étapes d’authentification lors d’un roaming rapide.

Ces fonctions peuvent être particulièrement intéressantes pour :

  • VoIP Wi-Fi ;
  • terminaux mobiles ;
  • grands bureaux ;
  • entrepôts ;
  • environnements à forte mobilité.

Mesh : pratique, mais pas magique

Un réseau mesh permet à plusieurs nœuds de distribuer le Wi-Fi tout en utilisant éventuellement une liaison sans fil entre eux.

Par exemple :

Routeur
  ⇄ Wi-Fi backhaul
Nœud mesh
  ⇄ Wi-Fi
Clients

C’est extrêmement pratique lorsque l’on ne peut pas tirer de câble.

Mais le trafic de backhaul doit lui aussi utiliser de la capacité radio.

Ethernet reste un excellent backhaul

Lorsque c’est possible :

Routeur
   │
Ethernet
   │
AP étage 1

   │
Ethernet
   │
AP étage 2

offre souvent davantage de capacité et de prévisibilité qu’un réseau où chaque borne doit retransmettre le trafic par radio.

Le meilleur moyen d’améliorer un réseau Wi-Fi est parfois d’ajouter un câble.

La radio apprécie beaucoup que l’on cesse de lui demander de tout faire.

Placement du point d’accès

La position physique de l’AP influence énormément les performances.

Essayez de le placer :

  • relativement au centre de la zone à couvrir ;
  • dans un endroit dégagé ;
  • loin des grosses masses métalliques ;
  • à une hauteur adaptée ;
  • loin des sources majeures d’interférence.

Évitez autant que possible :

derrière le téléviseur
dans un meuble métallique
au sol dans un placard
derrière une armoire technique fermée
à côté d'un four micro-ondes

L’aquarium : ennemi étonnamment crédible

L’eau atténue fortement les fréquences utilisées par le Wi-Fi.

Placer :

AP
→ aquarium de 400 litres
→ ordinateur

n’est donc pas l’expérience radio idéale.

Les poissons n’utilisent probablement pas votre bande passante.

Ils peuvent néanmoins participer indirectement au problème.

Les murs ne sont pas tous égaux

Une cloison légère et un mur en béton armé ne produisent pas la même atténuation.

Parmi les obstacles pénalisants :

  • béton ;
  • béton armé ;
  • métal ;
  • miroirs métallisés ;
  • murs très épais ;
  • planchers techniques ;
  • eau.

Un AP très puissant ne transforme pas automatiquement ces matériaux en air.

Mettre la puissance au maximum n’est pas toujours optimal

Un AP peut émettre suffisamment fort pour être entendu loin.

Mais le client doit également pouvoir lui répondre.

Un smartphone possède une puissance d’émission limitée.

On peut donc obtenir :

AP : je t'entends parfaitement !
Téléphone : moi aussi !
AP : alors réponds !
Téléphone : ...

La liaison Wi-Fi est bidirectionnelle.

Une puissance excessive peut également :

  • augmenter les interférences ;
  • réduire la réutilisation des canaux ;
  • encourager les clients à rester attachés trop longtemps à un AP distant.

Plusieurs AP correctement réglés valent souvent mieux qu’un AP hurlant

Dans un grand bâtiment, une meilleure stratégie est souvent :

plusieurs cellules correctement dimensionnées
+
canaux planifiés
+
puissances adaptées

plutôt que :

un routeur réglé sur MAXIMUM
+
espoir

La puissance n’est pas la capacité

Avoir :

-45 dBm

de signal ne garantit pas un bon débit si :

  • le canal est saturé ;
  • cent clients utilisent le même AP ;
  • des interférences détruisent des trames ;
  • le backhaul est lent ;
  • la connexion Internet est saturée.

Le niveau de signal n’est qu’une partie du diagnostic.

Débit Wi-Fi annoncé et débit réel

Lorsqu’un client affiche :

1201 Mbit/s

cela correspond généralement à un débit PHY négocié, pas à un débit applicatif garanti.

Le trafic réel doit supporter :

  • les en-têtes 802.11 ;
  • les acquittements ;
  • les temps d’attente radio ;
  • la contention ;
  • les retransmissions ;
  • la sécurité ;
  • TCP/IP ;
  • les autres clients utilisant le canal.

Le chiffre affiché dans les propriétés Wi-Fi n’est pas la vitesse garantie de téléchargement.

Le Wi-Fi est un média partagé

Sur un canal donné, plusieurs appareils doivent partager le temps d’antenne.

Conceptuellement :

Client A transmet
↓
Client B attend

AP transmet
↓
Clients attendent

Client C transmet
↓
les autres attendent

Les technologies modernes comme :

  • MU-MIMO ;
  • OFDMA ;
  • MLO ;

améliorent énormément l’efficacité.

Mais le Wi-Fi reste une ressource radio partagée, et non un câble Ethernet privé fourni gratuitement à chaque terminal.

Les clients lents consomment beaucoup d’airtime

Un terminal très éloigné utilisant un faible débit radio peut prendre beaucoup de temps pour transmettre relativement peu de données.

Cela peut affecter l’efficacité générale de la cellule.

C’est pourquoi un réseau dense ne se dimensionne pas uniquement avec :

nombre d'appareils

mais aussi avec :

airtime
débit demandé
qualité radio
applications

Le vrai parcours d’une connexion Wi-Fi

Lorsqu’un client se connecte, la séquence simplifiée ressemble à :

1. découverte du réseau
2. sélection d'un AP
3. authentification / association
4. établissement de la sécurité
5. configuration IP
6. résolution DNS et routage
7. trafic applicatif

Étape 1 : découverte

Les AP annoncent notamment leur présence à l’aide de trames de gestion.

Les clients peuvent aussi rechercher activement des réseaux selon les mécanismes utilisés.

Le client découvre alors :

  • SSID ;
  • BSSID ;
  • canal ;
  • capacités ;
  • modes de sécurité.

Étape 2 : choix de l’AP

Lorsque plusieurs AP annoncent le même SSID, le client choisit l’un d’eux selon son propre algorithme.

Il peut prendre en compte :

  • signal ;
  • bande ;
  • capacités ;
  • historique ;
  • informations de roaming.

Deux téléphones placés exactement au même endroit peuvent donc parfois choisir deux AP différents.

Parce que même les téléphones possèdent maintenant des opinions.

Étape 3 : authentification et association

Le client négocie les paramètres nécessaires et rejoint le BSS approprié.

Lorsque WPA2 ou WPA3 est utilisé, des échanges cryptographiques établissent les clés nécessaires à la protection du trafic.

Étape 4 : obtenir une configuration réseau

En IPv4, le client utilise généralement DHCP.

Par exemple :

Adresse     : 192.168.10.74
Masque      : 255.255.255.0
Passerelle  : 192.168.10.1
DNS         : 192.168.10.1

Il peut être parfaitement associé au Wi-Fi mais rester inutilisable si DHCP échoue.

Configurer un client Windows

Sur Windows, commencez par identifier l’état du Wi-Fi.

netsh wlan show interfaces

Cette commande peut afficher :

  • SSID ;
  • BSSID ;
  • canal ;
  • type radio ;
  • authentification ;
  • signal ;
  • vitesses négociées.

Afficher les réseaux visibles

netsh wlan show networks mode=bssid

Cela permet notamment de distinguer les différents AP annonçant un même SSID.

Très pratique lorsque :

« Le Wi-Fi Entreprise fonctionne dans le bureau mais pas dans le couloir. »

et qu’il faut déterminer quelle borne le client utilise réellement.

Afficher les profils enregistrés

netsh wlan show profiles

Pour un profil :

netsh wlan show profile name="Entreprise"

Se connecter à un profil

Si le profil existe :

netsh wlan connect name="Entreprise"

On peut également préciser l’interface selon la configuration :

netsh wlan connect name="Entreprise" interface="Wi-Fi"

Afficher les capacités de la carte

netsh wlan show drivers

et sur les versions modernes :

netsh wlan show wirelesscapabilities

permettent d’examiner différentes capacités du matériel et du pilote.

Si votre point d’accès propose Wi-Fi 7 mais que la carte du PC ne comprend que Wi-Fi 5, le problème ne se résout pas avec :

netsh wlan reset wifi7=yes

Cette commande n’existe heureusement pas.

Vérifier la configuration IP du client

ipconfig /all

Regardez notamment :

  • adresse IPv4 ;
  • adresse IPv6 ;
  • passerelle ;
  • DNS ;
  • DHCP ;
  • interface concernée.

Une adresse 169.254.x.x peut indiquer un problème DHCP

Si vous attendiez une adresse :

192.168.10.x

mais obtenez :

169.254.82.17

le poste a probablement utilisé l’adressage IPv4 Link-Local faute d’obtenir la configuration attendue.

Examinez alors :

  • DHCP ;
  • VLAN ;
  • association Wi-Fi ;
  • relais DHCP ;
  • configuration du point d’accès.

Ne lancez pas winsock reset immédiatement

Les commandes :

netsh winsock reset
netsh int ip reset

existent et peuvent être utiles pour certains problèmes de pile réseau.

Mais elles ne doivent pas être la première étape après :

« Mon Wi-Fi marche mal. »

Commencez par déterminer si le problème concerne :

radio
association
authentification
DHCP
DNS
routage
Internet

Réinitialiser Winsock ne déplace pas le point d’accès hors du placard métallique.

Créer un hotspot sous Windows moderne

Les anciens tutoriels utilisent souvent :

netsh wlan set hostednetwork mode=allow ssid=MonHotspot key=MotDePasse
netsh wlan start hostednetwork

Ces commandes appartiennent au mécanisme historique :

Hosted Network

qui n’est plus la solution à privilégier sur les Windows modernes.

De nombreux pilotes récents ne le prennent plus en charge.

Utilisez le Point d’accès mobile Windows

Sous Windows 10 et Windows 11 modernes, utilisez :

Paramètres
→ Réseau et Internet
→ Point d'accès mobile

Windows peut alors partager une connexion provenant notamment de :

  • Wi-Fi ;
  • Ethernet ;
  • réseau cellulaire selon le matériel.

On peut configurer :

  • nom du réseau ;
  • mot de passe ;
  • bande utilisée lorsque les capacités le permettent.

Hosted Network et Mobile Hotspot ne sont pas la même fonction

Le fait que :

netsh wlan show drivers

affiche :

Hosted network supported : No

ne signifie pas nécessairement que :

Point d'accès mobile

est impossible.

Les deux fonctions utilisent des architectures différentes.

Un vieux tutoriel peut donc déclarer votre carte :

« incapable de faire un hotspot »

alors que le bouton Point d’accès mobile fonctionne parfaitement.

Diagnostic Wi-Fi : commencer par les couches

Lorsqu’un utilisateur dit :

« Le Wi-Fi ne fonctionne pas. »

décomposez le problème.

1. La carte Wi-Fi est-elle active ?

netsh wlan show interfaces

ou :

Get-NetAdapter

2. Le SSID est-il visible ?

netsh wlan show networks mode=bssid

S’il n’est pas visible :

  • AP éteint ;
  • distance ;
  • canal incompatible ;
  • bande non supportée ;
  • SSID masqué ;
  • problème de pilote ;
  • problème radio.

3. Le client réussit-il à s’associer ?

Si le mot de passe est refusé, vérifiez :

  • clé ;
  • WPA2/WPA3 ;
  • compatibilité du client ;
  • profil Wi-Fi enregistré ;
  • 802.1X si réseau entreprise.

4. Le poste possède-t-il une adresse IP ?

ipconfig /all

5. La passerelle répond-elle ?

Par exemple :

ping 192.168.1.1

si ICMP est autorisé.

6. Une destination Internet est-elle joignable ?

Par exemple :

ping 1.1.1.1

en gardant à l’esprit qu’un équipement peut filtrer ICMP.

7. DNS fonctionne-t-il ?

nslookup example.com

ou :

Resolve-DnsName example.com

8. Un vrai service TCP fonctionne-t-il ?

Test-NetConnection example.com -Port 443

Générer un rapport Wi-Fi Windows

Une commande particulièrement utile est :

netsh wlan show wlanreport

Windows génère alors un rapport contenant des informations sur l’activité Wi-Fi récente.

Il peut aider à examiner :

  • connexions ;
  • déconnexions ;
  • adaptateurs ;
  • événements ;
  • erreurs.

C’est beaucoup plus instructif que :

« Ça coupe de temps en temps. »

même si cette description possède une sincérité indéniable.

Diagnostic de performance : testez le LAN avant Internet

Si l’objectif est de mesurer le Wi-Fi, un test vers :

speedtest Internet

mélange plusieurs variables :

  • Wi-Fi ;
  • routeur ;
  • connexion opérateur ;
  • serveur distant ;
  • congestion Internet.

Pour mesurer principalement le réseau local, utilisez plutôt un outil comme :

iperf3

entre :

  • un client Wi-Fi ;
  • un serveur relié idéalement en Ethernet.

Vous mesurez alors beaucoup mieux la partie WLAN.

Exemple de test local

Sur la machine Ethernet :

iperf3 -s

Sur le client Wi-Fi :

iperf3 -c 192.168.1.20

Pour tester dans l’autre direction :

iperf3 -c 192.168.1.20 -R

Si :

iperf local = 800 Mbit/s
Internet = 90 Mbit/s

le Wi-Fi n’est probablement pas votre premier suspect.

Le signal en dBm

Les outils Wi-Fi professionnels expriment souvent le niveau du signal en :

dBm

Les nombres sont généralement négatifs.

Par exemple :

-40 dBm
-60 dBm
-75 dBm

Plus la valeur est proche de zéro, plus le signal reçu est puissant.

Donc :

-45 dBm

est plus fort que :

-75 dBm

Ce qui est parfaitement logique une fois accepté que le Wi-Fi a choisi les nombres négatifs pour rendre la première lecture plus chaleureuse.

Signal et qualité ne sont pas identiques

Un signal fort accompagné d’un bruit important peut donner de mauvaises performances.

Il faut donc aussi considérer :

SNR
Signal-to-Noise Ratio

ainsi que :

  • interférences ;
  • occupation du canal ;
  • retransmissions ;
  • MCS ;
  • nombre de flux spatiaux.

Une bonne couverture ne signifie pas nécessairement beaucoup de barres

Les barres affichées par Windows ou un téléphone :

▂▄▆█

sont une représentation simplifiée propre au constructeur.

Elles sont utiles à l’utilisateur.

Elles ne remplacent pas une mesure radio lorsque l’on dimensionne réellement une infrastructure.

Les répéteurs Wi-Fi

Un répéteur classique reçoit le trafic par radio puis le retransmet.

Selon sa conception :

Client
  ↓ Wi-Fi
Répéteur
  ↓ Wi-Fi
AP principal

une partie du même temps d’antenne doit servir aux deux étapes.

Les performances peuvent donc être sensiblement inférieures à celles d’un AP connecté en Ethernet.

Quand utiliser un répéteur ?

Il peut être parfaitement utile lorsque :

  • aucun câble ne peut être installé ;
  • la zone à couvrir est petite ;
  • les besoins de débit sont modestes ;
  • le répéteur reçoit lui-même un excellent signal.

Mettre un répéteur dans une zone où :

le Wi-Fi est déjà presque mort

lui permet essentiellement de répéter très efficacement une mauvaise connexion.

Cas pratique : réseau domestique moderne

Pour un logement récent disposant d’équipements modernes :

SSID : Maison

2,4 GHz :
20 MHz
canal automatique ou planifié proprement

5 GHz :
80 MHz selon environnement
canal automatique ou planifié

6 GHz :
activé si clients Wi-Fi 6E/7

Sécurité :
WPA3-Personal
ou WPA2/WPA3 Transition si clients anciens

WPS :
désactivé si inutile

SSID invité :
Maison-Invites

IoT :
réseau séparé si l'infrastructure le permet

Le choix exact dépend évidemment :

  • du bâtiment ;
  • des voisins ;
  • du matériel ;
  • des appareils à connecter.

Cas pratique : entreprise avec plusieurs AP

SSID : CORP
Sécurité : WPA3-Enterprise / politique compatible
Authentification : 802.1X
RADIUS : infrastructure d'identité
VLAN : selon politique
AP : plusieurs bornes
Canaux : gestion radio coordonnée
Roaming : 802.11k/v/r selon clients et conception

Pour les invités :

SSID : GUEST
VLAN : isolé
Pare-feu :
    GUEST → Internet autorisé
    GUEST → LAN refusé
Client isolation : activée si approprié

Cas pratique : objet connecté ancien

Une caméra ne connaît que :

2,4 GHz
WPA2-Personal

Plutôt que de dégrader le réseau principal :

Maison
WPA3

on peut envisager :

Maison-IoT
2,4 GHz
WPA2-AES
VLAN IoT
accès limité

L’ancien appareil obtient la compatibilité dont il a besoin.

Il n’obtient pas pour autant un passeport diplomatique vers tout le LAN.

Cas pratique : Wi-Fi rapide près de l’AP, lent dans une autre pièce

Commencez par observer :

netsh wlan show interfaces

Regardez :

  • signal ;
  • canal ;
  • bande ;
  • débits de liaison.

Puis testez localement.

Si le débit chute fortement avec la distance :

  • repositionnez l’AP ;
  • ajoutez une borne ;
  • préférez éventuellement 2,4 GHz pour la zone éloignée ;
  • vérifiez les obstacles ;
  • réduisez éventuellement une largeur de canal trop ambitieuse.

Cas pratique : signal excellent mais débit catastrophique

Si :

Signal : excellent
Débit : mauvais

examinez :

  • occupation du canal ;
  • interférences ;
  • nombre de clients ;
  • backhaul ;
  • port Ethernet de l’AP ;
  • vitesse Internet ;
  • charge CPU du routeur ;
  • retransmissions ;
  • pilote du client.

Le signal dit :

« J’entends très bien l’AP. »

Il ne dit pas :

« Le réseau entier dispose actuellement de 2 Gbit/s libres uniquement pour moi. »

Cas pratique : Wi-Fi connecté mais pas d’Internet

Procédez dans l’ordre :

ipconfig /all

Vérifiez l’adresse.

Puis :

ping <passerelle>

Puis éventuellement :

Test-NetConnection 1.1.1.1 -Port 443

et :

Resolve-DnsName example.com

Vous pouvez alors distinguer :

Situation Suspect principal
Pas d’association Wi-Fi / sécurité / radio
Association mais pas d’IP DHCP / VLAN
IP mais passerelle inaccessible LAN / VLAN / routage local
Passerelle OK, Internet IP KO Routage / pare-feu / WAN
Internet IP OK, noms KO DNS

Les erreurs de configuration les plus fréquentes

Mettre tous les AP sur le même canal

Résultat :

ils passent leur temps à partager le même airtime.

Utiliser 40 MHz en 2,4 GHz dans un immeuble

Résultat :

vous transformez une petite bande déjà encombrée en conflit territorial.

Mettre la puissance à 100 % partout

Résultat :

cellules trop grandes, roaming médiocre et interférences accrues.

Utiliser WEP pour une vieille imprimante

Résultat :

la sécurité de tout le réseau est ramenée à l’époque où Windows XP était moderne.

Penser qu’un SSID caché est sécurisé

Il est moins affiché.

Il n’est pas devenu invisible aux outils réseau.

Mettre WPA3 uniquement sans vérifier les anciens clients

Résultat :

le réseau est sécurisé.

L’imprimante ne se connecte plus.

Ces deux informations peuvent être simultanément vraies.

Laisser WPA2/WPA3 Transition éternellement

Utilisez-le pour accompagner une transition.

Pas nécessairement comme héritage culturel transmis aux générations futures.

Confondre AP et routeur

Un AP ne fournit pas nécessairement :

  • DHCP ;
  • NAT ;
  • pare-feu ;
  • routage.

Ajouter un répéteur là où le signal est déjà mauvais

Un répéteur a lui-même besoin d’une bonne liaison vers le réseau principal.

Tester uniquement avec Speedtest

Vous mesurez alors :

Wi-Fi
+
LAN
+
routeur
+
opérateur
+
Internet
+
serveur distant

Pour isoler le WLAN, utilisez un test local.

Lancer immédiatement netsh winsock reset

Cette commande n’augmente pas :

  • la puissance radio ;
  • la couverture ;
  • le nombre de canaux ;
  • la compatibilité WPA3.

Checklist de configuration d’un point d’accès

  1. Définir les zones à couvrir.
  2. Positionner correctement les AP.
  3. Configurer le domaine réglementaire correct.
  4. Déterminer les bandes nécessaires.
  5. Utiliser 20 MHz en 2,4 GHz dans la majorité des environnements.
  6. Choisir une largeur raisonnable en 5/6 GHz.
  7. Utiliser un plan de canaux cohérent ou une gestion automatique fiable.
  8. Activer WPA3 lorsque les clients le permettent.
  9. Isoler les équipements anciens si WPA2 reste nécessaire.
  10. Configurer les VLAN et le DHCP appropriés.
  11. Créer un réseau invité réellement segmenté.
  12. Désactiver les fonctions inutiles comme WPS si elles ne servent pas.
  13. Tester avec plusieurs types de clients.
  14. Mesurer la couverture et les performances réelles.

Checklist côté client

  1. Vérifier que le Wi-Fi est activé.
  2. Vérifier que la bande est supportée.
  3. Vérifier le SSID.
  4. Vérifier WPA2/WPA3 et les capacités du client.
  5. Supprimer puis recréer le profil uniquement si nécessaire.
  6. Vérifier l’adresse IP obtenue.
  7. Tester la passerelle.
  8. Tester DNS.
  9. Tester un vrai service réseau.
  10. Examiner le rapport WLAN en cas de déconnexions récurrentes.

Les commandes Windows à retenir

Commande Rôle
netsh wlan show interfaces État de la connexion Wi-Fi
netsh wlan show networks mode=bssid Réseaux et AP visibles
netsh wlan show profiles Profils enregistrés
netsh wlan show drivers Informations sur le pilote Wi-Fi
netsh wlan show wirelesscapabilities Capacités Wi-Fi prises en charge
netsh wlan show wlanreport Rapport de diagnostic Wi-Fi
ipconfig /all Configuration IP complète
Get-NetAdapter Interfaces réseau PowerShell
Get-NetIPConfiguration Configuration réseau PowerShell
Resolve-DnsName Test DNS
Test-NetConnection Tests réseau et TCP

Les paramètres essentiels d’un réseau Wi-Fi

Paramètre Question à poser
SSID Quel réseau logique le client doit-il rejoindre ?
Bande 2,4, 5 ou 6 GHz ?
Canal Quelle partie du spectre est utilisée ?
Largeur 20, 40, 80, 160 ou 320 MHz selon technologie ?
Puissance Quelle taille de cellule voulons-nous réellement ?
Sécurité WPA3, transition ou besoin de compatibilité ?
Authentification Mot de passe partagé ou 802.1X ?
VLAN À quel réseau logique appartient ce SSID ?
DHCP Qui fournit la configuration IP ?
Isolation Quels clients et réseaux peuvent communiquer ?

La bonne philosophie de conception

Un réseau Wi-Fi ne devrait pas être conçu en demandant :

« Comment obtenir le débit maximal indiqué sur la boîte ? »

Mais plutôt :

« Quelle expérience voulons-nous fournir dans chaque zone ? »

Pour une caméra :

10 Mbit/s stables

peuvent être largement suffisants.

Pour un poste de travail :

300 à 800 Mbit/s réels

peuvent offrir une excellente expérience.

Pour un casque XR ou une station transférant des centaines de gigaoctets :

les besoins peuvent être très différents.

Couverture, capacité et débit sont trois problèmes différents

Couverture

Le client reçoit-il suffisamment de signal ?

Capacité

Le réseau dispose-t-il de suffisamment d’airtime et d’AP pour tous les utilisateurs ?

Débit

Quelle vitesse peut obtenir un client particulier à cet instant ?

Un hall de conférence peut avoir :

signal excellent partout

et pourtant fonctionner très mal lorsque :

800 personnes

tentent simultanément de rejoindre deux AP.

La couverture était réussie.

La capacité, nettement moins.

Conclusion : le Wi-Fi est invisible, pas mystérieux

Un réseau Wi-Fi performant repose finalement sur quelques principes cohérents :

  • comprendre la différence entre AP, routeur, DHCP et accès Internet ;
  • choisir les bandes selon les besoins et les clients ;
  • planifier correctement les canaux ;
  • ne pas gaspiller le spectre avec des largeurs inutiles ;
  • placer correctement les bornes ;
  • ne pas pousser systématiquement la puissance au maximum ;
  • utiliser WPA3 lorsqu’il est disponible ;
  • isoler les anciens appareils et les invités ;
  • préférer un backhaul Ethernet lorsque c’est possible ;
  • diagnostiquer séparément radio, DHCP, DNS et routage.

Le Wi-Fi moderne est également bien plus riche que :

2,4 GHz
canal 6
WPA2
mot de passe
terminé

Nous avons désormais :

2,4 GHz
5 GHz
6 GHz

Wi-Fi 6
Wi-Fi 6E
Wi-Fi 7

OFDMA
MU-MIMO
MLO

WPA3
802.1X
PMF

roaming
mesh
VLAN
band steering

Mais la technologie ne change pas une règle fondamentale :

la radio obéit à la physique avant d’obéir au menu de configuration du routeur.

Si le signal doit traverser :

trois murs en béton
une cage d'ascenseur
un aquarium
et deux étages

passer le réglage :

Transmit Power : High

à :

Transmit Power : Maximum

n’ouvrira probablement pas un portail dimensionnel.

Ajoutez une borne correctement placée.

Choisissez des canaux cohérents.

Sécurisez le réseau correctement.

Mesurez ensuite ce qui se passe réellement.

Un bon réseau Wi-Fi n’est pas celui auquel on ne touche jamais.

C’est celui pour lequel on sait précisément pourquoi on touche à chaque réglage.