Le Wi-Fi attire toute l’attention, mais une immense partie des réseaux continue de reposer sur une technologie beaucoup moins spectaculaire : quelques mètres de cuivre torsadé terminés par huit contacts métalliques.
Le câble Ethernet paraît simple. On branche une extrémité dans le PC, l’autre dans le switch, une LED s’allume et l’affaire semble entendue.
En réalité, derrière ce morceau de câble se cachent :
- des catégories de performance ;
- quatre paires torsadées ;
- des règles de brochage ;
- des contraintes de longueur ;
- des phénomènes de diaphonie et d’atténuation ;
- des connecteurs adaptés au type de conducteur ;
- du PoE ;
- et suffisamment de possibilités de mauvais sertissage pour occuper un technicien pendant tout un vendredi après-midi.
Un câble Ethernet qui « donne du lien » n’est pas automatiquement un bon câble. Il peut fonctionner à 100 Mbit/s alors qu’il devrait négocier à 1 Gbit/s, fonctionner à vide puis générer des erreurs en charge, ou simplement attendre lundi matin pour révéler sa véritable personnalité.
De quoi parle-t-on exactement ?
Dans le langage courant, on dit souvent :
câble RJ45
pour parler d’un câble Ethernet cuivre à quatre paires torsadées terminé par des connecteurs modulaires à huit positions et huit contacts.
Techniquement, il est plus précis de parler de :
câblage symétrique à paires torsadées
+
connecteur modulaire 8P8C
Le terme RJ45 est néanmoins tellement répandu dans l’informatique qu’il est devenu l’appellation usuelle pour cette interface.
Un câble Ethernet contient quatre paires
Un câble réseau cuivre moderne possède huit conducteurs regroupés en quatre paires torsadées :
paire bleue
paire orange
paire verte
paire marron
Chaque paire possède généralement :
- un conducteur de couleur pleine ;
- un conducteur blanc marqué de cette couleur.
Par exemple :
blanc/orange + orange
blanc/vert + vert
blanc/bleu + bleu
blanc/marron + marron
Pourquoi les fils sont-ils torsadés ?
Les torsades participent directement aux performances électriques de la liaison.
Elles permettent notamment de réduire :
- les perturbations électromagnétiques ;
- la diaphonie entre les paires ;
- l’influence des bruits externes.
Les différentes paires n’ont généralement pas exactement le même pas de torsade afin de limiter leur couplage mutuel.
Les détorsader généreusement avant de les insérer dans un connecteur revient donc à défaire volontairement une partie du travail réalisé par le fabricant.
Les principaux types de câbles selon leur brochage
Historiquement, plusieurs brochages ont été utilisés selon les équipements à relier.
Le câble droit
Un câble droit conserve chaque broche à la même position aux deux extrémités :
1 → 1
2 → 2
3 → 3
4 → 4
5 → 5
6 → 6
7 → 7
8 → 8
Il peut donc être câblé :
T568A → T568A
ou :
T568B → T568B
Historiquement, il était utilisé entre équipements possédant des interfaces complémentaires, par exemple :
PC → switch
routeur → switch
serveur → switch
Les deux extrémités identiques ne suffisent pas
Un câble n’est pas correctement câblé simplement parce que :
les mêmes couleurs apparaissent
dans le même ordre
aux deux extrémités
Il faut aussi respecter :
- l’association correcte des conducteurs en paires ;
- le brochage T568A ou T568B ;
- la continuité ;
- l’intégrité des torsades.
Le piège des split pairs
Un câble peut présenter :
1 → 1
2 → 2
3 → 3
4 → 4
5 → 5
6 → 6
7 → 7
8 → 8
tout en étant électriquement mauvais si les conducteurs ne sont pas associés avec leur véritable partenaire torsadé.
On parle alors notamment de :
split pair
paire séparée
Un testeur de continuité très rudimentaire peut parfois considérer le câblage comme correct alors que les performances haute fréquence sont dégradées.
Le câble croisé historique 10/100
10BASE-T et 100BASE-TX utilisent historiquement deux paires principales :
broches 1-2
broches 3-6
Pour connecter directement deux interfaces du même type sans Auto-MDI/MDI-X, il fallait inverser les paires d’émission et de réception :
1 → 3
2 → 6
3 → 1
6 → 2
Les autres broches restaient droites dans le crossover classique 10/100 :
4 → 4
5 → 5
7 → 7
8 → 8
T568A d’un côté et T568B de l’autre
Cette construction produit précisément ce croisement des paires orange et verte :
T568A
↓
T568B
Elle constitue donc le crossover traditionnel pour 10BASE-T et 100BASE-TX.
Le croisement quatre paires
1000BASE-T utilise les quatre paires.
Les anciens scénarios nécessitant explicitement un crossover Gigabit pouvaient utiliser un croisement complet :
1 → 3
2 → 6
3 → 1
6 → 2
4 → 7
5 → 8
7 → 4
8 → 5
Certains testeurs utilisent ainsi les termes :
half crossover
→ croisement des paires 1-2 / 3-6
full crossover
→ croisement des quatre paires
Attention : T568A vers T568B n’est donc pas un « full crossover » quatre paires
Cette confusion est fréquente.
T568A et T568B diffèrent uniquement par les positions des paires :
verte
et
orange
Les paires bleue et marron restent aux mêmes broches.
Un câble A-vers-B ne réalise donc pas le croisement complet quatre paires présenté plus haut.
Auto-MDI/MDI-X : le câble croisé devient presque historique
Les interfaces Ethernet modernes disposent très souvent de :
Auto-MDI/MDI-X
Cette fonction détecte automatiquement l’orientation nécessaire des paires et adapte l’interface.
Avec Auto-MDI/MDI-X :
PC → PC avec câble droit
switch → switch avec câble droit
PC → switch avec câble droit
peuvent fonctionner sans avoir à fabriquer un câble spécifique.
Sans Auto-MDI/MDI-X
Pour comprendre les anciennes règles, on peut retenir :
| Connexion | Câble historiquement utilisé |
|---|---|
| PC → switch | Droit |
| Serveur → switch | Droit |
| Routeur → switch | Droit |
| Switch → switch | Croisé |
| PC → PC | Croisé |
| Routeur → routeur Ethernet | Croisé |
Ce tableau reste intéressant pour comprendre MDI et MDI-X, mais ne doit plus être traité comme une règle absolue sur les équipements modernes.
La règle moderne
Pour une liaison Ethernet cuivre récente :
utilisez normalement un câble droit correctement câblé et laissez Auto-MDI/MDI-X faire son travail.
Les câbles croisés servent désormais surtout :
- à l’enseignement ;
- aux équipements anciens ;
- aux besoins industriels particuliers ;
- aux diagnostics de systèmes hérités.
Le câble rollover : autre chose complètement
Un câble :
rollover
n’est pas un câble Ethernet croisé.
Il a notamment été utilisé pour certaines connexions console série d’équipements réseau, historiquement chez Cisco.
Le brochage est inversé :
1 → 8
2 → 7
3 → 6
4 → 5
5 → 4
6 → 3
7 → 2
8 → 1
Une prise ressemblant à RJ45 ne signifie pas Ethernet
C’est un point important.
Une interface utilisant physiquement un connecteur modulaire à huit contacts peut transporter :
- Ethernet ;
- console série ;
- signaux propriétaires ;
- autres interfaces.
La forme du connecteur ne définit pas à elle seule le protocole électrique.
Ne branchez donc pas deux équipements simplement parce que leurs prises ont la même forme. L’électricité respecte beaucoup moins l’optimisme que l’USB-C.
Les normes T568A et T568B
T568A et T568B définissent l’affectation des quatre paires aux huit contacts du connecteur.
T568A
| Broche | Conducteur |
|---|---|
| 1 | Blanc/Vert |
| 2 | Vert |
| 3 | Blanc/Orange |
| 4 | Bleu |
| 5 | Blanc/Bleu |
| 6 | Orange |
| 7 | Blanc/Marron |
| 8 | Marron |
T568B
| Broche | Conducteur |
|---|---|
| 1 | Blanc/Orange |
| 2 | Orange |
| 3 | Blanc/Vert |
| 4 | Bleu |
| 5 | Blanc/Bleu |
| 6 | Vert |
| 7 | Blanc/Marron |
| 8 | Marron |
Quelle différence entre A et B ?
Uniquement l’échange des paires :
orange
↕
verte
Les paires :
bleue
marron
restent identiques.
T568A est-il plus rapide que T568B ?
Non.
Lorsqu’ils sont correctement réalisés :
T568A
et
T568B
offrent les mêmes performances Ethernet.
Le choix ne change pas :
- le débit ;
- la catégorie ;
- la longueur maximale ;
- la latence.
Alors lequel choisir ?
Dans une nouvelle installation :
- appliquez les standards et exigences du projet ;
- respectez les conventions déjà utilisées par l’organisation ;
- restez cohérent ;
- documentez le choix.
T568B est extrêmement répandu dans les installations commerciales existantes.
T568A reste lui aussi parfaitement normalisé et possède une préférence historique dans certains référentiels et marchés.
Le scénario réellement désagréable n’est pas :
A au lieu de B
mais :
personne ne sait
ce qui a été utilisé
et chacun termine les nouveaux câbles
selon son horoscope
Comment numéroter les broches sans se tromper ?
Les descriptions du type :
« clip en bas, connecteur vers vous, broche 1 à gauche »
peuvent devenir ambiguës selon que l’on regarde :
- un plug ;
- un jack ;
- la face avant ;
- la face arrière ;
- les contacts ;
- le câble.
Pour une terminaison professionnelle, utilisez :
le schéma numéroté fourni avec le connecteur ou le module utilisé.
Les keystones et panneaux de brassage disposent généralement d’un marquage :
T568A
T568B
directement sur le composant.
Les catégories de câblage
La catégorie ne désigne pas seulement « la vitesse du câble ».
Elle définit des exigences de performances électriques comprenant notamment :
- bande passante ;
- atténuation ;
- NEXT ;
- return loss ;
- diaphonie ;
- autres paramètres du canal.
Catégorie 5e
La Cat 5e reste très répandue.
Elle possède une bande passante de référence de :
100 MHz
et prend notamment en charge :
1000BASE-T
1 Gbit/s
sur un channel standard jusqu'à 100 m
Elle peut également prendre en charge certaines applications :
2.5GBASE-T
et éventuellement 5GBASE-T
selon les caractéristiques réelles de l’installation.
Cat 5e n’est donc pas inutilisable
Pour une infrastructure existante fonctionnant correctement à :
1 Gbit/s
il n’existe aucune obligation technique de la remplacer simplement parce que :
le chiffre 5 semble ancien
Pour une nouvelle installation professionnelle destinée à durer, d’autres catégories peuvent toutefois offrir une réserve d’évolution nettement supérieure.
Catégorie 6
La Cat 6 est spécifiée jusqu’à :
250 MHz
Elle prend en charge :
1000BASE-T
sur 100 m
et peut également supporter :
10GBASE-T
sur des distances réduites.
10 Gigabit sur Cat 6 : attention au raccourci « 55 m »
On lit souvent :
Cat 6
=
10 Gbit/s jusqu'à 55 m
La réalité est plus nuancée.
Pour une installation Cat 6 existante, 10GBASE-T est généralement considéré comme exploitable :
jusqu'à environ 37 m
dans les conditions prévues
et peut fonctionner :
entre environ 37 et 55 m
selon notamment l’alien crosstalk, c’est-à-dire les perturbations provenant des câbles voisins.
Une installation existante doit donc être qualifiée lorsqu’on veut connaître ses capacités réelles.
Catégorie 6A
Cat 6A fonctionne jusqu’à :
500 MHz
et est spécifiquement adaptée à :
10GBASE-T
10 Gbit/s
sur un channel standard de 100 m
Pour une nouvelle installation d’entreprise nécessitant :
- 10 Gigabit ;
- PoE moderne ;
- points d’accès multigigabit ;
- bonne réserve d’évolution ;
Cat 6A constitue donc un choix particulièrement courant.
Catégorie 8
Cat 8 fonctionne jusqu’à :
2000 MHz
2 GHz
Elle a été conçue notamment pour :
25GBASE-T
40GBASE-T
sur un channel court, typiquement jusqu’à :
30 m
avec une architecture adaptée.
Son terrain naturel est plutôt :
- le data center ;
- les connexions courtes entre équipements ;
- certaines infrastructures très haut débit.
Installer Cat 8 dans une maison pour raccorder une imprimante 100BASE-TX relève davantage de l’expression artistique que de l’optimisation réseau.
Et la Catégorie 7 ?
Cat 7 et Cat 7A existent dans le monde :
ISO/IEC
Classes F et FA
mais elles ne constituent pas des catégories ANSI/TIA placées entre Cat 6A et Cat 8.
Le standard TIA est passé :
Cat 6A
→
Cat 8
sans créer une catégorie TIA 7.
Cat 7 et le connecteur « RJ45 »
Les systèmes ISO de classe F/FA peuvent utiliser des interfaces spécialement conçues pour leurs performances, notamment selon les systèmes :
TERA
GG45 / ARJ45
autres interfaces normalisées
On trouve également énormément de produits commerciaux vendus sous le nom :
câble Cat 7 RJ45
Le marquage marketing d’un cordon acheté en ligne ne suffit cependant pas à démontrer qu’une installation constitue :
un channel Class F certifié
Comparatif simplifié des catégories
| Catégorie | Bande passante | Usage Ethernet courant | Distance typique |
|---|---|---|---|
| Cat 5e | 100 MHz | 1GBASE-T | 100 m |
| Cat 6 | 250 MHz | 1G, multigigabit, 10G limité | 100 m en 1G, 10G sur distance réduite |
| Cat 6A | 500 MHz | 10GBASE-T | 100 m |
| Cat 8 | 2000 MHz | 25GBASE-T / 40GBASE-T | environ 30 m selon architecture |
Permanent link et channel
Dans un câblage structuré, les :
100 m
ne correspondent pas normalement à cent mètres de câble fixe entre le panneau et la prise.
Permanent link
La partie permanente est typiquement limitée à :
90 m
Elle comprend essentiellement :
patch panel
↓
câblage horizontal
↓
prise terminale
Channel
Le channel inclut également les cordons :
switch
↓
cordon de brassage
↓
patch panel
↓
liaison permanente
↓
prise
↓
cordon utilisateur
↓
équipement
La longueur totale standard est typiquement :
100 m
Le câble rigide et le câble souple
Il existe deux constructions principales de conducteurs.
Solid
Chaque conducteur possède un seul brin de cuivre.
Il est généralement utilisé pour :
- câblage permanent ;
- prises murales ;
- patch panels ;
- liaisons fixes.
Stranded
Chaque conducteur est composé de plusieurs brins fins.
Il est généralement utilisé pour :
- cordons de brassage ;
- cordons utilisateurs ;
- liaisons devant être manipulées ou pliées régulièrement.
Pourquoi cette différence ?
Le câble rigide offre de bonnes caractéristiques pour une installation fixe.
Le multibrin est plus souple et supporte mieux les mouvements répétés.
Mais sa résistance électrique peut être plus importante à section équivalente et son influence doit être prise en compte dans les règles de longueur du channel.
Un connecteur doit être compatible avec le conducteur
Un plug destiné à :
stranded
n’est pas automatiquement approprié pour :
solid
et inversement.
Selon la conception des contacts, le fabricant peut prévoir :
- solid uniquement ;
- stranded uniquement ;
- les deux.
Vérifiez la fiche du connecteur.
Ne transformez pas systématiquement le câble horizontal en patch cord
Dans un câblage structuré classique, le câble rigide est généralement terminé sur :
keystone
prise
patch panel
connecteur terrain prévu à cet effet
et non serti arbitrairement avec une fiche bon marché prévue pour du câble multibrin.
MPTL : terminaison directe moderne
Certaines architectures utilisent néanmoins un :
MPTL
Modular Plug Terminated Link
pour relier directement un câble horizontal à un équipement fixe, par exemple :
- borne Wi-Fi ;
- caméra ;
- capteur ;
- équipement installé au plafond.
Mais le connecteur utilisé doit être :
- prévu pour cette utilisation ;
- compatible avec le câble ;
- installé selon les instructions ;
- testé selon l’architecture correspondante.
Blindé ou non blindé ?
Les désignations modernes permettent de décrire séparément le blindage général et celui des paires.
| Type | Description simplifiée |
|---|---|
U/UTP |
Pas de blindage général ni individuel des paires |
F/UTP |
Feuille de blindage générale |
U/FTP |
Chaque paire possède son écran |
S/FTP |
Tresse générale et blindage individuel des paires |
Le blindage n’est pas automatiquement supérieur
Il peut être très utile pour :
- des environnements électromagnétiques exigeants ;
- certaines installations industrielles ;
- des systèmes haute performance.
Mais un système blindé doit être cohérent :
câble
+
connecteurs
+
panneau
+
cordons
+
liaison équipotentielle appropriée
Installer uniquement un câble marqué :
STP SUPER SHIELDED PRO MAX
sans comprendre son raccordement ne crée pas un champ de force électromagnétique.
Les connecteurs « RJ45 » ont eux aussi une catégorie
Il est courant de parler de :
connecteur Cat 5e
connecteur Cat 6
connecteur Cat 6A
Cela signifie que le composant est conçu et spécifié pour répondre aux performances correspondantes.
La catégorie du channel dépend de l’ensemble :
- câble ;
- jacks ;
- panneau ;
- plugs ;
- cordons ;
- qualité d’installation.
Le maillon le plus faible compte
Une liaison composée de :
câble Cat 6A
+
keystone Cat 6A
+
patch panel Cat 6A
+
cordon Cat 5e inconnu
ne devrait pas être proclamée :
Cat 6A certifiée
sur la seule base de la majorité des composants.
RJ45 standard et connecteurs pass-through
Connecteur traditionnel
Avec un plug traditionnel :
- on prépare les paires ;
- on place les conducteurs dans l’ordre ;
- on les coupe à la longueur adaptée ;
- on les insère complètement ;
- on sertit.
Pass-through / EZ-style
Les connecteurs pass-through permettent aux conducteurs de traverser l’avant du plug.
On peut ainsi :
- vérifier plus facilement l’ordre ;
- tirer les fils jusqu’en butée ;
- couper l’excédent pendant le sertissage.
Ils nécessitent le bon outil
Une pince adaptée coupe proprement les fils au ras du connecteur.
Un mauvais outil ou une mauvaise finition peut laisser :
- des conducteurs dépassant ;
- des courts-circuits ;
- des contacts médiocres ;
- des problèmes de blindage.
Plus facile ne signifie donc pas :
impossible à rater
Cette technologie n’a malheureusement jamais été standardisée par l’humanité.
Le cuivre : vérifiez ce qu’il y a réellement dedans
Pour un câblage Ethernet professionnel, on recherche normalement des conducteurs en :
cuivre
Il existe également sur le marché des câbles :
CCA
Copper Clad Aluminium
aluminium cuivré
Pourquoi le CCA pose problème
Par rapport au cuivre approprié, l’aluminium possède notamment une résistance électrique supérieure.
Cela peut être particulièrement problématique pour :
- les longues liaisons ;
- le PoE ;
- l’échauffement ;
- la conformité à certains systèmes de câblage.
Pour une infrastructure structurée, utilisez des composants répondant réellement aux normes et spécifications du projet plutôt que des câbles dont la principale caractéristique technique est :
CAT 8 ULTRA GAMING 40G
30 mètres
11,99 €
PoE : les mêmes paires transportent aussi de l’énergie
Power over Ethernet permet d’alimenter certains équipements directement à travers le câblage réseau.
Exemples :
- téléphones IP ;
- points d’accès Wi-Fi ;
- caméras ;
- capteurs ;
- contrôleurs d’accès.
Avec les générations récentes de PoE, les quatre paires peuvent participer à la distribution de puissance.
Pourquoi la qualité du câble devient encore plus importante
La résistance électrique provoque :
P = R × I²
de pertes thermiques.
Lorsque beaucoup de câbles PoE sont regroupés, il faut donc considérer :
- la section des conducteurs ;
- leur résistance ;
- la température ;
- la taille des faisceaux ;
- la puissance PoE ;
- la catégorie ;
- les recommandations du constructeur et des normes.
Les câbles très fins ont des compromis
Les cordons slim sont très pratiques dans une baie dense.
Mais leur petite section peut entraîner :
- davantage de résistance ;
- davantage d’échauffement ;
- certaines restrictions de longueur ou d’usage.
Vérifiez leur compatibilité avec :
le PoE
la catégorie
le channel prévu
Rayon de courbure
Un câble à paires torsadées ne doit pas être plié brutalement.
Une courbure excessive peut modifier :
- la géométrie des paires ;
- l’impédance ;
- le return loss ;
- la diaphonie.
Le rayon minimal exact dépend du câble.
Utilisez donc :
la fiche constructeur
et non :
« Il est encore entier, donc ça doit aller. »
Ne serrez pas les colliers à mort
Un collier plastique excessivement serré peut déformer les câbles.
Pour organiser des faisceaux dans une baie, les attaches auto-agrippantes sont souvent préférables :
- moins de compression ;
- réouverture facile ;
- ajout de câbles simplifié.
Longueur maximale
Pour les applications Ethernet cuivre classiques sur câblage structuré :
permanent link
≈ 90 m maximum
channel
≈ 100 m maximum
Dépasser ces valeurs n’entraîne pas forcément une extinction immédiate de toutes les LED.
Une liaison hors spécification peut :
- fonctionner ;
- fonctionner à un débit inférieur ;
- produire des erreurs ;
- devenir instable ;
- échouer avec certains équipements.
Le fait qu’elle réponde au :
ping
ne lui délivre pas rétroactivement un certificat de conformité.
1000BASE-T utilise les quatre paires
Une différence fondamentale existe entre Fast Ethernet et Gigabit Ethernet cuivre.
100BASE-TX
Utilise principalement deux paires :
1-2
3-6
1000BASE-T
Utilise :
les quatre paires
avec émission et réception simultanées sur chacune grâce au traitement du signal.
Le symptôme classique : 100 Mbit/s au lieu de 1 Gbit/s
Si une paire nécessaire au Gigabit est défectueuse, une liaison peut parfois finir par négocier :
100BASE-TX
100 Mbit/s
au lieu de :
1000BASE-T
1 Gbit/s
Un utilisateur dira alors :
« Internet fonctionne, mais c’est lent. »
Le câble répondra :
« Techniquement, je fonctionne. »
Et personne ne sera réellement heureux.
2.5GBASE-T et 5GBASE-T
Les standards multigigabit permettent d’utiliser :
2,5 Gbit/s
5 Gbit/s
sur certaines infrastructures cuivre conçues initialement pour des débits inférieurs.
C’est particulièrement utile pour :
- les points d’accès Wi-Fi modernes ;
- la réutilisation de câblage existant ;
- les réseaux où 1 Gbit/s devient limitant mais où 10GBASE-T serait excessif.
Catégorie et débit ne sont pas synonymes
Une catégorie décrit :
les performances du support
Une norme comme :
1000BASE-T
10GBASE-T
décrit :
une technologie Ethernet
Il ne faut donc pas confondre :
Cat 6A
avec
10 Gigabit Ethernet
Cat 6A peut transporter 10GBASE-T, mais elle peut évidemment aussi transporter :
- 100BASE-TX ;
- 1000BASE-T ;
- 2.5GBASE-T ;
- 5GBASE-T.
Tester un câble : niveau 1, le wiremap
Le test le plus simple vérifie le :
wire map
Il cherche notamment :
- coupure ;
- court-circuit ;
- inversion ;
- croisement ;
- mauvais ordre des conducteurs ;
- split pair sur certains appareils.
Exemple de câble droit correct
1 ───────── 1
2 ───────── 2
3 ───────── 3
4 ───────── 4
5 ───────── 5
6 ───────── 6
7 ───────── 7
8 ───────── 8
Cela ne certifie pas les performances
Un simple testeur peut répondre :
les huit conducteurs sont reliés
sans savoir si le câble respecte réellement les paramètres nécessaires pour :
Cat 6A
500 MHz
10GBASE-T
Testeur de continuité
Il est particulièrement utile pour :
- petits cordons ;
- recherche de coupure ;
- vérification du brochage ;
- dépannage basique.
Il ne faut simplement pas lui demander de répondre à une question qu’il n’est pas conçu pour mesurer.
Qualificateur
Un appareil de qualification va plus loin.
Il peut, selon le modèle, déterminer si une liaison semble capable de transporter :
100BASE-TX
1000BASE-T
2.5GBASE-T
5GBASE-T
10GBASE-T
et fournir des informations telles que :
- longueur ;
- wiremap ;
- distance à certains défauts ;
- information du switch ;
- PoE.
Certifieur de câblage
Un certifieur professionnel répond à une autre question :
« Cette liaison satisfait-elle aux limites définies pour la catégorie et le type de lien sélectionnés ? »
Il mesure notamment selon le standard :
- insertion loss ;
- NEXT ;
- PS NEXT ;
- return loss ;
- ACR-F ;
- longueur ;
- propagation delay ;
- delay skew ;
- résistance et déséquilibres selon les tests ;
- alien crosstalk lorsqu’il doit être évalué.
Un appareil Fluke n’est pas magiquement un certifieur
Fluke Networks fabrique plusieurs familles d’appareils :
- testeurs ;
- qualificateurs ;
- certifieurs ;
- analyseurs réseau.
Dire :
je l'ai testé au Fluke
ne précise donc pas :
- quel appareil ;
- quel test ;
- quelle catégorie ;
- quel standard ;
- quel type de lien.
Le logo sur le boîtier n’est pas le résultat de mesure.
Tester la longueur avec un TDR
De nombreux testeurs utilisent une technique de réflectométrie pour estimer :
- la longueur ;
- la distance à une coupure ;
- la distance à un court-circuit.
Le calcul repose notamment sur la :
NVP
Nominal Velocity of Propagation
du câble.
Une mauvaise valeur de NVP peut donc fausser l’estimation de distance.
Le câble peut être physiquement intact mais électriquement médiocre
Parmi les défauts possibles :
- paire trop détorsadée ;
- connecteur médiocre ;
- mauvaise catégorie ;
- câble écrasé ;
- coude excessif ;
- impédance perturbée ;
- diaphonie excessive ;
- longueur excessive.
C’est pourquoi :
continuité
≠
qualification
≠
certification
Tester le réseau n’est pas tester le câble
Un :
iperf3
peut mesurer le débit entre deux machines.
Il est très utile pour vérifier les performances réseau.
Mais il ne certifie pas physiquement :
un permanent link Cat 6A
Inversement, un certifieur peut annoncer :
PASS Cat 6A
alors que le débit réseau reste mauvais à cause :
- du switch ;
- de la carte réseau ;
- du CPU ;
- du stockage ;
- d’un VLAN ;
- d’une congestion ;
- d’un pilote.
Autonégociation Ethernet
Les interfaces modernes négocient généralement :
- le débit ;
- le duplex ;
- certaines capacités associées.
Par exemple :
1000BASE-T
Full Duplex
Un câble défectueux peut perturber cette négociation ou empêcher l’établissement correct de la liaison.
Ne forcez pas systématiquement le débit
Face à une liaison qui négocie :
100 Mbit/s
alors qu’elle devrait atteindre :
1 Gbit/s
la solution n’est pas automatiquement :
forcer 1 Gbit/s dans les paramètres
Il faut d’abord rechercher :
- défaut de paire ;
- mauvais cordon ;
- mauvaise prise ;
- mauvaise terminaison ;
- équipement limité ;
- problème d’autonégociation.
Les erreurs classiques de fabrication
Inverser deux conducteurs
1 → 1
2 → 2
3 → 6
6 → 3
Un testeur de wiremap le détectera généralement immédiatement.
Faire une split pair
Les broches sont numériquement correctes mais les conducteurs n’appartiennent pas aux bonnes paires torsadées.
Le résultat peut sembler parfaitement correct avec un multimètre tout en étant désastreux à haute fréquence.
Détorsader trop loin
Les performances se dégradent justement au point où le signal traverse le connecteur.
Ne pas pousser les conducteurs jusqu’au fond
Le contact IDC du plug peut alors :
- ne pas pénétrer correctement ;
- faire un contact intermittent ;
- fonctionner uniquement lorsque le câble adopte exactement la bonne position astrologique.
Ne pas engager la gaine dans le serre-câble
La retenue mécanique doit saisir :
la gaine
et non uniquement :
les huit petits conducteurs
sinon chaque traction est transmise directement aux contacts.
Utiliser un plug incompatible
Un connecteur doit correspondre notamment :
- au diamètre du câble ;
- au calibre des conducteurs ;
- au type solid/stranded ;
- au blindage ;
- à la catégorie.
Utiliser un câble CCA non adapté
Particulièrement problématique pour :
- PoE ;
- longues distances ;
- installations permanentes.
Choisir une catégorie uniquement parce que le chiffre est plus grand
Cat 8
>
Cat 6A
donc
Cat 8 partout
est mathématiquement charmant, mais techniquement insuffisant.
Il faut considérer :
- l’application ;
- la distance ;
- les connecteurs ;
- le coût ;
- l’environnement ;
- la certification ;
- la maintenance.
Fabriquer ou acheter ses cordons ?
Pour du câblage permanent, réaliser les terminaisons sur panneaux et prises fait naturellement partie du métier.
Pour les petits patch cords, acheter des cordons préfabriqués et testés est souvent pertinent.
Ils offrent :
- une longueur connue ;
- des connecteurs moulés ;
- une fabrication industrielle répétable ;
- une catégorie déclarée et éventuellement vérifiée.
Fabriquer soi-même un cordon reste utile pour :
- l’apprentissage ;
- la réparation ;
- les longueurs particulières ;
- certains environnements techniques.
Mais sertir trente-deux patch cords de 70 cm pour économiser quelques euros constitue une activité dont l’intérêt économique diminue sensiblement après le dix-septième connecteur.
Une installation professionnelle ne se résume pas aux plugs
Dans un bâtiment, l’architecture normale ressemble plutôt à :
Switch
│
cordon de brassage
│
Patch panel
│
câble horizontal rigide
│
Prise / keystone
│
cordon utilisateur
│
PC
Le câble fixe n’est donc pas régulièrement débranché ou manipulé.
Pourquoi utiliser un panneau de brassage ?
Il permet :
- de protéger le câblage permanent ;
- d’organiser les liaisons ;
- d’identifier les prises ;
- de modifier facilement le brassage ;
- de simplifier la maintenance.
Étiquetez les câbles
Une liaison devrait idéalement pouvoir être identifiée depuis :
la prise utilisateur
et
la baie
Par exemple :
B1-E02-PP03-18
Le système exact importe moins que :
- son unicité ;
- sa cohérence ;
- sa documentation.
Le câble anonyme qui entre dans le faux plafond est un câble qui demande simplement à devenir un incident futur.
Checklist pour fabriquer un cordon
- Choisir le câble adapté.
- Choisir un plug compatible avec son diamètre et ses conducteurs.
- Choisir T568A ou T568B selon le besoin.
- Retirer uniquement la gaine nécessaire.
- Préserver les torsades aussi près que possible de la terminaison.
- Placer chaque conducteur dans la bonne position.
- Pousser les conducteurs complètement.
- Vérifier que la gaine est correctement retenue.
- Sertir avec l’outil adapté.
- Tester le câble.
Checklist pour diagnostiquer un câble suspect
- Vérifier le débit négocié.
- Remplacer temporairement le cordon par un modèle connu fonctionnel.
- Tester le wiremap.
- Vérifier les split pairs.
- Contrôler les terminaisons.
- Vérifier la longueur.
- Inspecter les pliures et écrasements.
- Tester chaque segment de la liaison.
- Qualifier ou certifier si le contexte l’exige.
Tableau des brochages à retenir
| Broche | T568A | T568B |
|---|---|---|
| 1 | Blanc/Vert | Blanc/Orange |
| 2 | Vert | Orange |
| 3 | Blanc/Orange | Blanc/Vert |
| 4 | Bleu | Bleu |
| 5 | Blanc/Bleu | Blanc/Bleu |
| 6 | Orange | Vert |
| 7 | Blanc/Marron | Blanc/Marron |
| 8 | Marron | Marron |
Tableau des principaux types de câbles
| Type | Brochage | Usage |
|---|---|---|
| Droit | A-A ou B-B | Ethernet moderne conventionnel |
| Crossover 10/100 | A-B | Anciennes liaisons entre interfaces similaires |
| Crossover quatre paires | 1-2 ↔ 3-6 et 4-5 ↔ 7-8 | Cas Gigabit historiques/spécifiques |
| Rollover | 1↔8, 2↔7, 3↔6, 4↔5 | Console série de certains équipements |
Les règles essentielles à retenir
- Un câble droit possède un brochage identique aux deux extrémités : T568A-A ou T568B-B.
- T568A et T568B offrent les mêmes performances Ethernet.
- Leur différence concerne les paires orange et verte.
- T568A vers T568B produit le crossover traditionnel des paires utilisées par 10/100, pas un full crossover quatre paires.
- 1000BASE-T utilise les quatre paires.
- Auto-MDI/MDI-X rend les câbles croisés largement inutiles sur le matériel moderne.
- Un câble rollover est une liaison console et non un câble Ethernet croisé.
- Cat 5e reste adaptée à 1000BASE-T sur un channel standard de 100 m.
- Cat 6 peut transporter 10GBASE-T sur une distance réduite, dépendante notamment de l’alien crosstalk.
- Cat 6A est conçue pour 10GBASE-T sur un channel de 100 m.
- Cat 8 vise notamment 25GBASE-T et 40GBASE-T sur des liaisons courtes.
- Cat 7 appartient au référentiel ISO/IEC et ne constitue pas une catégorie ANSI/TIA intermédiaire entre 6A et 8.
- Le câble permanent est généralement rigide ; les cordons utilisent couramment du multibrin.
- Le connecteur doit être compatible avec le type et le diamètre des conducteurs.
- Préservez les torsades le plus près possible des terminaisons.
- Un simple wiremap ne certifie pas la catégorie d’un câble.
- Continuité, qualification et certification sont trois niveaux de test différents.
- Avec du PoE, résistance des conducteurs et échauffement deviennent particulièrement importants.
Conclusion : huit fils, beaucoup plus de subtilités qu’il n’y paraît
Un câble Ethernet paraît être l’élément le plus simple du réseau :
8 conducteurs
2 connecteurs
1 gaine
Mais ses performances dépendent d’une chaîne complète :
bon câble
↓
bonne catégorie
↓
bon connecteur
↓
bon brochage
↓
torsades préservées
↓
bonne longueur
↓
bonne installation
↓
bon test
Le plus important est donc moins de savoir réciter :
blanc/orange
orange
blanc/vert
bleu...
que de comprendre pourquoi ces conducteurs sont organisés ainsi et ce qu’une erreur peut provoquer.
Un mauvais câble ne provoque d’ailleurs pas toujours une panne franche.
Il peut préférer quelque chose de beaucoup plus subtil :
pertes de paquets aléatoires
↓
négociation à 100 Mbit/s
↓
débit fluctuant
↓
problème impossible à reproduire
↓
fonctionnement parfait lorsque le technicien arrive
Ce qui explique pourquoi le câble Ethernet, malgré son absence totale de logiciel, reste parfaitement capable de participer activement aux traditions de l’informatique.
