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Unités techniques en informatique : le guide de A à Z

L’informatique est remplie de nombres, mais un nombre sans unité ne raconte qu’une moitié de l’histoire. Une alimentation de 850 n’a aucun sens jusqu’à ce qu’on précise qu’il s’agit de watts ; une connexion à 100 n’impressionne personne avant de savoir si l’on parle de Mbit/s, de Gbit/s ou de millisecondes de latence.

Les unités permettent de décrire la puissance, l’énergie, le débit, la fréquence, la capacité, la luminance, l’impédance, les dimensions ou encore les performances d’un système. Elles permettent surtout d’éviter des comparaisons absurdes entre des grandeurs qui n’ont rien à voir.

En informatique, la majuscule, le préfixe et l’unité comptent. 100 MB, 100 Mb, 100 MiB et 100 Mbit/s ne désignent pas la même chose.

Avant le tableau : quatre règles de notation

La première règle est que les symboles sont sensibles à la casse. Un b désigne généralement un bit, alors qu’un B désigne un byte. De la même manière, m est le préfixe milli alors que M représente méga.

La deuxième règle consiste à laisser normalement une espace entre la valeur et le symbole de l’unité :

12 V
850 W
5 A
60 Hz
32 °C

La troisième est de distinguer une grandeur instantanée d’une quantité accumulée. Ainsi :

W
→ puissance

Wh
→ énergie

A
→ courant

Ah
→ charge électrique

Enfin, certaines expressions très répandues dans le matériel informatique sont des conventions industrielles plutôt que des unités SI strictes. C’est le cas de FPS, FLOPS, DPI, RPM ou U. Elles restent parfaitement utiles à condition de savoir ce qu’elles mesurent réellement.

Petit guide alphabétique des unités et grandeurs courantes

Grandeur ou unité Symbole courant Utilisation et exemple
Ampère A Mesure l’intensité électrique. Les rails d’alimentation d’un PC peuvent transporter plusieurs dizaines d’ampères et les étages VRM d’un CPU ou GPU davantage encore. En USB Power Delivery, certains modes utilisent jusqu’à 5 A avec le matériel et le câble appropriés.
Ampère-heure Ah Mesure une quantité de charge électrique. Une batterie de smartphone peut être annoncée à 5 Ah, soit 5000 mAh. Un nombre d’Ah seul ne permet pas de comparer correctement l’énergie de batteries fonctionnant à des tensions différentes.
Angle ° Utilisé notamment pour les angles de vision d’un écran ou les champs de vision d’une caméra. Une webcam peut par exemple offrir un champ horizontal d’environ 70 à 120° selon son objectif.
AWG AWG American Wire Gauge, utilisé pour caractériser le diamètre des conducteurs. Un câble Ethernet peut employer du 23 ou 24 AWG et un câble d’alimentation du 16 ou 18 AWG. Particularité délicieuse : plus le numéro AWG diminue, plus le conducteur devient gros.
Baud Bd Un baud représente un symbole transmis par seconde. 9600 Bd ne signifie donc 9600 bit/s que si chaque symbole transporte exactement un bit.
Bit b Unité élémentaire d’information binaire. Les débits réseau s’expriment couramment en Mbit/s ou Gbit/s. Un débit brut de 100 Mbit/s correspond théoriquement à 12,5 MB/s avant les différents overheads.
Byte / octet B / o Dans l’usage informatique moderne, un octet contient 8 bits. On rencontre par exemple 32 GB ou, en notation française, 32 Go. Ne pas confondre MB avec Mb.
Candela par mètre carré cd/m² Mesure la luminance d’un écran. Un moniteur bureautique peut se situer autour de quelques centaines de cd/m², tandis que certains écrans HDR atteignent ponctuellement plus de 1000 cd/m².
Caractères par seconde caractères/s Mesure historique de débit pour terminaux, imprimantes ou communications textuelles. L’abréviation cps est encore rencontrée, mais elle dépend fortement du contexte.
DPI dpi Dots per inch, surtout pertinent pour l’impression et la numérisation. Une imprimante peut annoncer 600 ou 1200 dpi. Les fabricants de souris utilisent aussi « DPI », même si counts per inch ou CPI décrit souvent mieux le capteur.
Décibel dB Grandeur logarithmique exprimant un rapport. On l’utilise pour les gains et atténuations en audio, radio, fibre ou câblage.
Décibel-milliwatt dBm Niveau de puissance référencé à 1 mW. Ainsi 0 dBm = 1 mW, 10 dBm = 10 mW et 20 dBm = 100 mW. Un signal Wi-Fi reçu à -40 dBm est bien plus puissant qu’un signal à -80 dBm.
Farad F Mesure la capacité électrique. Les circuits électroniques utilisent couramment des condensateurs allant de quelques pF ou nF à plusieurs centaines de µF selon leur fonction.
FLOPS FLOP/s Nombre d’opérations en virgule flottante par seconde. On parle de GFLOP/s, TFLOP/s ou PFLOP/s. Cette valeur dépend fortement du type de calcul et ne constitue pas un classement universel des performances.
Images par seconde FPS Nombre d’images produites ou affichées par seconde. 30, 60, 120 ou 240 FPS sont courants selon les jeux et les écrans. Un nombre élevé ne garantit ni une latence faible ni la victoire.
Henry H Mesure l’inductance. Les convertisseurs d’alimentation utilisent couramment des inductances de quelques µH à plusieurs centaines de µH ; certains filtres utilisent des valeurs en mH.
Hertz Hz Un hertz correspond à un cycle par seconde. On l’utilise pour les horloges CPU, les fréquences radio et les taux de rafraîchissement d’écran.
Joule J Unité d’énergie. Comme 1 W = 1 J/s, un composant consommant 125 W pendant une seconde utilise 125 J. Une batterie de 60 Wh contient nominalement 216 kJ d’énergie.
Kelvin K Unité SI de température thermodynamique, utilisée aussi pour caractériser approximativement la température de couleur. Le point blanc D65 des écrans se situe autour de 6500 K. On écrit 6500 K, jamais 6500 °K.
MIPS MIPS Millions d’instructions par seconde. Cette mesure peut être utile dans un contexte précis, notamment embarqué, mais comparer deux architectures uniquement sur leurs MIPS est souvent trompeur.
Mètre m Mesure les distances et dimensions. En câblage Ethernet structuré classique, on rencontre notamment le modèle de 90 m de permanent link et 100 m de channel pour de nombreuses applications cuivre.
Ohm Ω Mesure la résistance électrique et intervient dans l’impédance. Un casque peut être annoncé à 32 Ω ou 250 Ω ; le câblage Ethernet symétrique possède une impédance caractéristique nominale voisine de 100 Ω.
Pages par minute pages/min Mesure courante des performances d’une imprimante, souvent abrégée commercialement en ppm. Attention : ppm signifie aussi très couramment « parties par million » dans les sciences et l’électronique.
Pixel px Élément d’une image numérique ou d’un affichage matriciel. Full HD correspond couramment à 1920 × 1080 pixels et UHD à 3840 × 2160 pixels.
Densité de pixels ppi Pixels per inch. Elle décrit la densité spatiale d’un écran ou d’une image imprimée à une taille donnée. Elle ne doit pas être confondue avec les dimensions en pixels.
Rotation tr/min / rpm Les HDD ont notamment existé à 5400, 7200, 10 000 ou 15 000 tr/min. Les ventilateurs utilisent également cette grandeur. Un SSD, pour sa part, possède la courtoisie de ne rien faire tourner du tout.
Siemens S Unité SI de conductance électrique. Elle correspond à l’inverse de l’ohm : 1 S = 1/Ω.
Unité de rack U Mesure la hauteur des équipements montés en baie 19 pouces. 1U = 44,45 mm = 1,75 in. Un serveur peut occuper 1U, 2U ou 4U ; une baie courante peut offrir 42U.
Volt V Mesure la différence de potentiel électrique. On rencontre notamment 3,3 V, 5 V et 12 V dans un PC, tandis qu’USB Power Delivery peut négocier différentes tensions selon le profil.
Watt W Unité de puissance. CPU, GPU, alimentations et systèmes de refroidissement sont régulièrement caractérisés en watts. Une puissance élevée n’indique pas directement une quantité totale d’énergie consommée.
Watt-heure Wh Unité pratique d’énergie, très utilisée pour les batteries. Un ordinateur portable peut posséder une batterie de 60 Wh. 1 Wh = 3600 J.

A, Ah, W et Wh : le carré des confusions électriques

Ces quatre unités décrivent des choses différentes. La tension, le courant et la puissance sont reliés, dans un cas continu simple, par :

P = U × I

avec :

P = puissance en watts
U = tension en volts
I = courant en ampères

Ainsi :

12 V × 10 A = 120 W

Le watt décrit donc un débit d’énergie. Le watt-heure décrit une quantité d’énergie.

Une batterie de :

60 Wh

pourrait théoriquement fournir :

60 W pendant 1 heure
30 W pendant 2 heures
15 W pendant 4 heures

dans un monde idéal sans pertes, variations de tension ni rendement inférieur à 100 %. Le monde réel ayant refusé cette convention, l’autonomie effective diffère.

Pourquoi Ah seul ne suffit pas ?

Deux batteries de :

5 Ah

peuvent stocker des quantités d’énergie différentes si leurs tensions sont différentes.

Approximation :

Wh ≈ V × Ah

Par exemple :

5 Ah × 3,7 V
≈ 18,5 Wh

Comparer uniquement les Ah d’une batterie USB, d’un smartphone et d’une batterie 12 V revient donc à comparer trois réservoirs uniquement selon leur largeur.

Bit, byte, octet et débit

La distinction entre :

b
et
B

est probablement celle qui produit le plus de confusion en informatique.

Un octet contient :

8 bits

Donc, en théorie :

100 Mbit/s
÷ 8
=
12,5 MB/s

Pour un lien à :

1 Gbit/s

le maximum purement arithmétique est :

125 MB/s

avant de tenir compte des en-têtes, protocoles, performances des machines, stockage et autres limitations.

Baud et bit/s : pas la même chose

Le baud mesure le nombre de symboles transmis par seconde :

1 Bd
=
1 symbole/s

Le débit binaire mesure :

bit/s

Si un symbole contient un seul bit :

9600 Bd
=
9600 bit/s

Mais si une modulation permet de coder quatre bits par symbole :

2400 Bd × 4 bit/symbole
=
9600 bit/s

C’est précisément pourquoi « baud » et « bit par seconde » ne doivent pas être utilisés comme synonymes.

Hz, MT/s, FPS et FLOP/s : quatre façons de compter des événements

Ces grandeurs se ressemblent parce qu’elles expriment toutes quelque chose par unité de temps, mais elles ne mesurent absolument pas le même phénomène.

Mesure Ce qu’elle compte
Hz Cycles par seconde
MT/s Millions de transferts par seconde
FPS Images par seconde
FLOP/s Opérations en virgule flottante par seconde

Le cas particulier de la RAM DDR

Une mémoire commercialisée comme :

DDR4-3600

possède un débit de données de :

3600 MT/s

et non une fréquence d’horloge physique de 3600 MHz.

La technologie DDR transfère des données sur deux fronts de l’horloge. Dans cet exemple simplifié :

horloge ≈ 1800 MHz
débit = 3600 MT/s

L’expression commerciale « RAM 3600 MHz » reste courante, mais MT/s décrit correctement le débit de transfert.

dB et dBm : le même alphabet, deux idées différentes

Le décibel exprime un rapport logarithmique. Pour deux puissances :

dB = 10 × log10(P2 / P1)

Une variation de :

+10 dB

correspond donc à un rapport de puissance :

×10

Le dBm ajoute une référence absolue :

0 dBm = 1 mW

Ainsi :

-30 dBm = 0,001 mW
0 dBm   = 1 mW
10 dBm  = 10 mW
20 dBm  = 100 mW
30 dBm  = 1 W

Pour le Wi-Fi, recevoir :

-35 dBm

représente un signal beaucoup plus puissant que :

-85 dBm

Le nombre est plus négatif, mais le signal est plus faible. Le décibel possède donc l’élégance rare d’être parfaitement logique après avoir cessé de paraître logique.

Pixels, définition, PPI et DPI

La terminologie des écrans et images est particulièrement malmenée.

Une image de :

1920 × 1080 px

contient :

2 073 600 pixels

Ces dimensions sont couramment appelées définition ou, dans beaucoup de documentations, résolution d’image ou d’affichage.

La densité spatiale s’exprime plutôt en :

ppi
pixels per inch

Deux écrans de 1920 × 1080 peuvent donc avoir la même définition mais une densité très différente s’ils mesurent respectivement 6 et 27 pouces.

Le :

dpi
dots per inch

concerne plus naturellement les points physiques d’une imprimante ou d’un scanner.

Le mètre et le réseau : attention au « 100 m »

On lit souvent :

Ethernet = 100 m maximum

C’est un raccourci utile, mais il faut connaître ce qu’il représente.

Pour de nombreuses applications Ethernet cuivre sur câblage structuré, le modèle classique est :

permanent link
≈ 90 m

channel complet
≈ 100 m

Le channel comprend notamment les cordons de brassage et cordons utilisateurs.

La catégorie et l’application comptent également : une liaison Cat 6 peut parfaitement transporter 1 Gbit/s sur 100 m, tandis que 10GBASE-T sur Cat 6 possède des contraintes de distance plus importantes. Cat 6A est, elle, conçue pour 10GBASE-T sur le channel standard de 100 m.

Les préfixes décimaux SI

Les préfixes SI représentent exclusivement des puissances de 10.

Préfixe Symbole Facteur
quecto q 10-30
ronto r 10-27
yocto y 10-24
zepto z 10-21
atto a 10-18
femto f 10-15
pico p 10-12
nano n 10-9
micro µ 10-6
milli m 10-3
centi c 10-2
déci d 10-1
déca da 101
hecto h 102
kilo k 103
méga M 106
giga G 109
téra T 1012
péta P 1015
exa E 1018
zetta Z 1021
yotta Y 1024
ronna R 1027
quetta Q 1030

La casse des préfixes est importante

Quelques exemples :

1 mW
=
1 milliwatt
=
0,001 W

1 MW
=
1 mégawatt
=
1 000 000 W

Une seule majuscule transforme ici la valeur par un facteur :

1 000 000 000

La typographie n’est donc pas uniquement décorative.

Applications informatiques des préfixes décimaux

Les débits réseau utilisent normalement les préfixes décimaux :

1 kbit/s = 1 000 bit/s

1 Mbit/s = 1 000 000 bit/s

1 Gbit/s = 1 000 000 000 bit/s

Les fabricants de stockage utilisent également les préfixes décimaux :

1 TB
=
1 000 000 000 000 octets

Ce n’est pas une approximation commerciale : c’est précisément la définition décimale du préfixe téra.

Les préfixes binaires IEC

Pour exprimer sans ambiguïté des puissances de 2, on dispose des préfixes binaires.

Préfixe Symbole Facteur
kibi Ki 210 = 1 024
mébi Mi 220 = 1 048 576
gibi Gi 230 = 1 073 741 824
tébi Ti 240 = 1 099 511 627 776
pébi Pi 250
exbi Ei 260
zébi Zi 270
yobi Yi 280
robi Ri 290
quebi Qi 2100

Les deux derniers, robi et quebi, ont été ajoutés dans l’édition 2025 de la norme IEC 80000-13 afin d’accompagner les nouvelles échelles ronna et quetta du SI.

MB, MiB, GB et GiB

La distinction peut être résumée ainsi :

1 MB
=
1 000 000 B

1 MiB
=
1 048 576 B

1 GB
=
1 000 000 000 B

1 GiB
=
1 073 741 824 B

1 TB
=
1 000 000 000 000 B

1 TiB
=
1 099 511 627 776 B

Pourquoi un disque de 1 TB apparaît autour de 931 GiB ?

Le fabricant annonce :

1 TB
=
1 000 000 000 000 octets

Si ce même nombre d’octets est exprimé en GiB :

1 000 000 000 000
÷
1 073 741 824
≈
931,32 GiB

Il n’existe donc aucune disparition de :

68,68 « gigaoctets mystérieux »

On a simplement changé d’échelle.

À cela peuvent ensuite s’ajouter de vraies différences liées au partitionnement, aux métadonnées du système de fichiers, aux partitions de récupération ou à d’autres réservations.

La différence n’est pas constante à chaque préfixe

Le rapport entre les préfixes décimaux et binaires augmente avec l’échelle :

Décimal Binaire proche Différence de taille du multiple binaire
kilo kibi environ +2,4 %
méga mébi environ +4,9 %
giga gibi environ +7,4 %
téra tébi environ +10 %

Dire que l’on « perd 7 % à chaque étage » serait donc incorrect. La divergence augmente progressivement parce que :

1000ⁿ
et
1024ⁿ

s’éloignent de plus en plus.

Quelques conversions à connaître

Relation Équivalence
Bits / octet 8 bit = 1 octet
Puissance électrique W = V × A
Énergie 1 Wh = 3600 J
Conductance 1 S = 1 / Ω
Rack 1U = 44,45 mm
Puissance dBm 0 dBm = 1 mW
Débit 1 Gbit/s = 125 MB/s théorique
Stockage 1 TB ≈ 931,32 GiB

Les pièges les plus fréquents

Confondre Mb et MB

100 Mb
≠
100 MB

Le premier représente 100 mégabits, le second 100 mégabytes. Avec huit bits par octet, le facteur entre les deux est huit.

Confondre W et Wh

100 W
→ puissance

100 Wh
→ énergie

Une alimentation PC de 850 W n’est pas une batterie contenant 850 Wh.

Confondre Ah et Wh

Les Ah n’intègrent pas directement la tension. Pour comparer l’énergie de batteries différentes, les Wh sont souvent beaucoup plus parlants.

Confondre Hz et MT/s

Une RAM DDR5-6000 est correctement décrite par :

6000 MT/s

et non simplement par « 6000 MHz ».

Confondre dB et dBm

dB
→ rapport

dBm
→ puissance référencée à 1 mW

Confondre pixels et densité

3840 × 2160 px
→ dimensions de l'image

163 ppi
→ densité spatiale

Comparer uniquement des FLOPS

Deux GPU possédant le même nombre théorique de TFLOP/s peuvent avoir des performances réelles très différentes selon :

  • la précision numérique ;
  • l’architecture ;
  • la bande passante mémoire ;
  • le logiciel ;
  • la charge de travail ;
  • les unités spécialisées disponibles.

Déduire la qualité d’un écran uniquement de ses cd/m²

La luminosité maximale ne renseigne pas directement sur :

  • le contraste ;
  • le niveau de noir ;
  • la couverture colorimétrique ;
  • la précision des couleurs ;
  • la gestion HDR ;
  • l’uniformité.

Pourquoi les unités comptent réellement

Une mauvaise unité peut fausser entièrement un raisonnement technique. Quelques exemples :

100 Mbit/s
pris pour
100 MB/s

6000 MT/s
pris pour
6000 MHz

60 Wh
pris pour
60 W

-70 dBm
pris pour
-70 dB

1 TB
pris pour
1 TiB

Le problème n’est pas uniquement académique. Cela peut conduire à :

  • mal dimensionner un réseau ;
  • mal calculer une autonomie ;
  • mal interpréter un signal radio ;
  • acheter une alimentation inadéquate ;
  • comparer des batteries incomparables ;
  • mal comprendre une fiche technique ;
  • chercher une panne qui n’existe pas.

Une alimentation de 500 W dans une configuration nécessitant réellement davantage de puissance ne devient pas automatiquement une « bombe thermique ». Une bonne PSU devrait normalement déclencher ses protections ou rendre la machine instable avant d’en arriver à une situation catastrophique. Le problème reste néanmoins très réel : le dimensionnement doit être cohérent avec la charge et ses pointes transitoires.

De même, un câble Ethernet n’est pas simplement « prévu pour 100 Mbit/s » ou « prévu pour 1 Gbit/s » sur la seule base de son apparence. Sa catégorie, ses quatre paires, la qualité des terminaisons, sa longueur et l’application Ethernet utilisée déterminent les performances possibles.

Une fiche technique correctement lue

Lorsqu’une documentation annonce :

Input:
230 V AC
50 Hz

Output:
12 V DC
10 A

Power:
120 W

les trois valeurs de sortie sont cohérentes puisque :

12 V × 10 A
=
120 W

Si une batterie est ensuite donnée pour :

12 V
9 Ah

son énergie nominale théorique est approximativement :

12 V × 9 Ah
=
108 Wh

Ce chiffre ne signifie toutefois pas qu’un appareil de 108 W fonctionnera exactement une heure : rendement, tension de décharge, chimie de la batterie et conditions d’utilisation entrent en jeu.

Les bonnes habitudes

  • Toujours écrire l’unité avec le nombre. « Le serveur consomme 400 » est une phrase inachevée.
  • Respecter les majuscules et minuscules. mW et MW sont séparés par neuf ordres de grandeur.
  • Distinguer bits et octets. Les réseaux parlent généralement en bit/s ; les fichiers en octets.
  • Employer MT/s pour les débits DDR. MHz reste adapté lorsqu’on parle réellement de fréquence d’horloge.
  • Employer les préfixes SI pour les puissances de 10 et les préfixes IEC pour les puissances de 2 lorsque la distinction importe.
  • Ne pas comparer des Ah sans tenir compte de la tension.
  • Distinguer puissance et énergie : W contre Wh.
  • Distinguer dB et dBm.
  • Lire une unité dans son contexte. ppm, par exemple, peut évoquer des pages par minute chez un fabricant d’imprimantes et des parties par million dans un laboratoire.

Conclusion : les unités sont le langage de la fiche technique

Les unités techniques ne sont pas de simples décorations placées après les nombres. Elles définissent ce que les nombres signifient.

Quelques distinctions suffisent déjà à éviter une grande partie des erreurs :

b   ≠ B
Mb  ≠ MB
MB  ≠ MiB

A   ≠ Ah
W   ≠ Wh

Hz  ≠ MT/s
dB  ≠ dBm
px  ≠ ppi
Bd  ≠ bit/s

Il faut également retenir que les préfixes décimaux et binaires sont deux systèmes parfaitement légitimes :

kilo, méga, giga, téra...
→ puissances de 10

kibi, mébi, gibi, tébi...
→ puissances de 2

Un disque de 1 TB qui apparaît comme environ 931 GiB n’a donc pas perdu de capacité pendant le transport. On lui a simplement posé la même question dans une autre unité.

Et c’est finalement la règle essentielle de tout ce guide : avant de comparer deux nombres, commencez par regarder ce qui est écrit juste après.

Une lettre minuscule peut parfois faire la différence entre un calcul correct et huit fois trop de bande passante.

Ou, dans le cas de mW et MW, entre un petit circuit électronique et quelque chose qu’il serait préférable de ne pas brancher sur votre bureau.