Le décibel est probablement l’une des unités les plus simples à écrire et les plus faciles à mal interpréter.
On le rencontre dans :
- l’audio ;
- les réseaux cuivre ;
- la fibre optique ;
- le Wi-Fi ;
- les télécommunications ;
- les amplificateurs ;
- les antennes ;
- les mesures de bruit ;
- les budgets de liaison.
Et pourtant, un :
10 dB
ne signifie pas :
10 watts
10 volts
10 % de perte
ou
10 unités de bruit
Le décibel exprime avant tout un rapport logarithmique.
Le dB ne vous dit pas seulement « combien ». Il vous dit « combien de fois plus ou moins », mais en compressant le résultat avec un logarithme.
Pourquoi utiliser une échelle logarithmique ?
Les systèmes électroniques, radio, optiques et acoustiques doivent souvent manipuler des rapports gigantesques.
Par exemple :
1 000 000 fois plus puissant
peut simplement s’écrire :
+60 dB
Au lieu de multiplier et diviser constamment de très grands nombres, l’échelle logarithmique transforme notamment :
multiplication
→ addition
division
→ soustraction
C’est extrêmement pratique pour construire des budgets de liaison.
Le décibel est un rapport
Pour deux puissances :
dB = 10 × log10(P2 / P1)
où :
P1 = puissance de référence
P2 = puissance comparée
Exemple : puissance multipliée par 10
P1 = 1 W
P2 = 10 W
10 × log10(10 / 1)
= 10 dB
Donc :
×10 en puissance
=
+10 dB
Puissance divisée par 10
P1 = 1 W
P2 = 0,1 W
10 × log10(0,1 / 1)
= -10 dB
Donc :
÷10 en puissance
=
-10 dB
0 dB ne signifie pas zéro signal
Si :
P2 = P1
alors :
10 × log10(1)
= 0 dB
Autrement dit :
0 dB signifie un rapport de 1:1 : aucune différence entre les deux niveaux comparés.
Ce n’est absolument pas la même chose que :
0 W
Quelques rapports à connaître par cœur
| Variation | Rapport de puissance |
|---|---|
+3,01 dB |
×2 environ |
-3,01 dB |
÷2 environ |
+10 dB |
×10 |
-10 dB |
÷10 |
+20 dB |
×100 |
-20 dB |
÷100 |
+30 dB |
×1000 |
-30 dB |
÷1000 |
Le fameux -3 dB
Une variation exacte de :
-3,0103 dB
correspond à une puissance divisée par :
2
Car :
10 × log10(0,5)
≈ -3,0103 dB
On arrondit généralement à :
-3 dB
-3 dB ne signifie pas amplitude divisée par deux
Pour une grandeur d’amplitude dont la puissance est proportionnelle au carré, une puissance divisée par deux correspond à une amplitude multipliée par :
1 / √2
≈ 0,707
Donc :
-3 dB
→ environ 70,7 % de l'amplitude
→ 50 % de la puissance
C’est une distinction essentielle.
Pourquoi parfois 20 × log10 ?
Pour une tension, on voit très souvent :
dB = 20 × log10(V2 / V1)
Pourquoi 20 et non 10 ?
Parce que pour une résistance donnée :
P = V² / R
et donc :
10 × log10(V2² / V1²)
=
20 × log10(V2 / V1)
Mais attention aux impédances
La formule :
20 × log10(V2 / V1)
correspond directement à un rapport de puissance si les impédances comparées sont identiques.
Plus généralement :
P1 = V1² / R1
P2 = V2² / R2
et il faut donc comparer les puissances réelles lorsque :
R1 ≠ R2
Le logarithme n’annule pas les lois de l’électricité. Il les rend simplement plus élégantes à imprimer.
Rapports d’amplitude à connaître
| Variation | Rapport d’amplitude | Rapport de puissance |
|---|---|---|
+6,02 dB |
×2 | ×4 |
-6,02 dB |
×0,5 | ×0,25 |
+20 dB |
×10 | ×100 |
-20 dB |
×0,1 | ×0,01 |
dB et dBm : surtout ne pas confondre
Un :
dB
exprime normalement une différence ou un rapport.
Un :
dBm
exprime un niveau de puissance référencé à :
1 mW
La formule est :
P(dBm) = 10 × log10(P / 1 mW)
Exemples en dBm
| Puissance | Niveau |
|---|---|
| 1 mW | 0 dBm |
| 10 mW | 10 dBm |
| 100 mW | 20 dBm |
| 1 W | 30 dBm |
| 100 µW | -10 dBm |
| 1 µW | -30 dBm |
| 1 nW | -60 dBm |
Une valeur négative en dBm n’est pas une puissance négative
Par exemple :
-70 dBm
ne signifie pas :
-70 milliwatts
Une puissance physique n’est pas devenue négative.
Cela signifie simplement :
une puissance inférieure à 1 mW
Plus précisément :
-70 dBm
=
0,0000001 mW
=
0,1 nW
Différence entre dBm et dB
Supposons :
entrée = 20 dBm
sortie = -70 dBm
La différence est :
-70 dBm - 20 dBm
=
-90 dB
Remarquez les unités :
dBm - dBm
=
dB
On compare deux niveaux absolus référencés au même 1 mW et on obtient un rapport.
D’autres niveaux référencés existent
| Notation | Référence | Usage typique |
|---|---|---|
dBm |
1 mW | Radio, télécom, optique |
dBW |
1 W | Puissances RF importantes |
dBV |
1 V | Électronique/audio |
dBu |
environ 0,775 V RMS | Audio professionnel |
dB SPL |
20 µPa dans l’air | Acoustique |
Le suffixe ou le contexte est donc essentiel.
Dire simplement :
le signal vaut 20 dB
sans préciser ce qui est mesuré peut être aussi informatif que :
« Il fait 20. »
Gain et atténuation
Si un amplificateur reçoit :
1 mW
et produit :
100 mW
son gain vaut :
10 × log10(100 / 1)
=
+20 dB
Une perte donne un gain négatif
Si un câble reçoit :
1 mW
et restitue :
0,1 mW
le rapport sortie/entrée vaut :
10 × log10(0,1 / 1)
=
-10 dB
On peut donc dire :
gain du lien = -10 dB
Mais lorsqu’on exprime son :
atténuation
ou
insertion loss
on utilise couramment une grandeur positive :
perte = 10 dB
Attention au signe
Ces deux phrases peuvent décrire le même phénomène :
gain = -10 dB
atténuation = 10 dB
Le signe dépend donc aussi de la grandeur que l’on choisit de définir.
Le grand avantage des dB : les gains s’additionnent
Imaginons :
amplificateur +20 dB
câble -3 dB
filtre -2 dB
amplificateur +10 dB
Le gain total est simplement :
20 - 3 - 2 + 10
=
25 dB
Dans le domaine linéaire, il aurait fallu multiplier chaque rapport.
Le logarithme transforme la comptabilité radio en une activité vaguement humaine.
Insertion loss dans un câble
L’insertion loss représente la diminution du signal entre l’entrée et la sortie d’une liaison.
Elle augmente notamment avec :
- la longueur ;
- la fréquence ;
- la résistance des conducteurs ;
- les connecteurs ;
- certaines imperfections du câble.
Dans une mesure de câblage :
3 dB d'insertion loss
est meilleur que :
20 dB d'insertion loss
toutes choses égales par ailleurs.
Pour une perte :
plus petit est généralement meilleur.
Diaphonie : quand un signal s’invite chez son voisin
La diaphonie, ou crosstalk, correspond au couplage indésirable d’un signal vers un autre circuit ou une autre paire.
Supposons une amplitude de :
signal principal = 1 V
signal parasite = 1 mV
Le rapport parasite/principal vaut :
20 × log10(0,001 / 1)
=
-60 dB
On peut donc dire que le parasite se trouve :
60 dB sous le signal principal
Mais les certifieurs Ethernet affichent souvent NEXT comme une perte positive
Dans le câblage à paires torsadées, on rencontre notamment :
NEXT
Near-End Crosstalk
Le NEXT loss exprime la différence entre le signal perturbateur et le signal couplé.
On peut donc voir une valeur comme :
NEXT = 45 dB
Dans cette convention :
plus la valeur NEXT est élevée, meilleure est l’isolation entre les paires.
On ne peut pas donner un seuil universel de diaphonie
Dire :
moins de 40 dB = mauvais
n’a pas de sens universel.
Les limites dépendent notamment :
- de la fréquence ;
- de la catégorie du câblage ;
- du permanent link ou channel testé ;
- du paramètre : NEXT, PSNEXT, ACR-F, etc.
Un certifieur compare donc la courbe mesurée à une limite définie par le standard sélectionné.
NEXT et fréquence
Le comportement de la diaphonie varie fortement avec la fréquence.
Un résultat comme :
NEXT = 50 dB
est incomplet sans savoir :
à quelle fréquence
et :
selon quelle limite de câblage
Return loss : encore un dB où plus grand peut être meilleur
Le return loss compare la puissance incidente à la puissance réfléchie par des imperfections d’impédance.
Il est généralement présenté sous forme positive :
Return Loss
=
10 × log10(Pincident / Preflected)
Si très peu de puissance revient vers la source, le rapport devient grand.
Donc :
un return loss plus élevé est généralement meilleur.
Encore une raison pour laquelle regarder uniquement :
petit nombre = bien
grand nombre = mal
avec des dB mène rapidement à une migraine.
Signal-to-Noise Ratio : SNR
Le rapport signal sur bruit compare :
signal utile
au
bruit
Il s’exprime couramment en :
dB
Si les deux niveaux sont déjà en dBm :
SNR(dB)
=
Signal(dBm) - Bruit(dBm)
Exemple Wi-Fi
signal = -57 dBm
bruit = -92 dBm
Alors :
SNR = -57 - (-92)
= 35 dB
Un signal à :
-57 dBm
peut donc être excellent dans un environnement à :
-92 dBm de bruit
RSSI et dBm en Wi-Fi
Les outils Wi-Fi affichent fréquemment la puissance reçue en :
dBm
On peut rencontrer :
-40 dBm
-55 dBm
-67 dBm
-70 dBm
-80 dBm
Comme il s’agit de nombres négatifs :
-40 dBm
est beaucoup plus puissant que :
-80 dBm
Une différence de 10 dB représente un facteur 10 en puissance
Ainsi :
-50 dBm
vers
-60 dBm
correspond à une puissance reçue divisée par :
10
Et :
-50 dBm
vers
-70 dBm
correspond à une division par :
100
Un Wi-Fi peut encore fonctionner avec un signal très faible
La capacité réelle dépend notamment :
- du niveau reçu ;
- du bruit ;
- du SNR ;
- du canal ;
- de la largeur de canal ;
- de la modulation ;
- du nombre de flux spatiaux ;
- des capacités du client ;
- des interférences ;
- du taux de retransmission.
Un simple :
-70 dBm
ne permet donc pas de prédire à lui seul :
le débit réel
Le budget de liaison radio
Une liaison radio simplifiée peut être analysée ainsi :
Puissance TX
+ gain antenne TX
- pertes côté TX
- pertes de propagation
+ gain antenne RX
- pertes côté RX
=
puissance reçue
En utilisant :
dBm
dBi
dB
ces termes peuvent être additionnés et soustraits directement.
Exemple simplifié
TX +20 dBm
antenne TX +3 dBi
pertes câble -1 dB
propagation -85 dB
antenne RX +2 dBi
RX
=
20 + 3 - 1 - 85 + 2
=
-61 dBm
dBi : gain d’antenne
Le :
dBi
exprime le gain d’une antenne par rapport à une antenne isotrope idéale.
Il ne signifie pas :
l'antenne crée de l'énergie
Une antenne à gain concentre davantage l’énergie dans certaines directions au détriment d’autres.
Une ampoule nue et une lampe torche illustrent assez bien le principe :
même énergie possible
mais
distribution spatiale différente
dBm et dBi ne sont pas la même chose
dBm
→ niveau de puissance
dBi
→ gain d'antenne
dB
→ rapport / gain / perte
Dans un budget radio, ces grandeurs s’assemblent parce que tout est exprimé logarithmiquement, mais elles ne décrivent pas le même objet.
EIRP
On rencontre également :
EIRP
Equivalent Isotropically Radiated Power
Dans une approximation simple :
EIRP(dBm)
=
puissance TX(dBm)
- pertes câble(dB)
+ gain antenne(dBi)
Cette valeur est importante notamment pour :
- la couverture ;
- les calculs radio ;
- les limites réglementaires.
20 dBm à l’émission et -70 dBm à la réception
La différence numérique est :
20 - (-70)
=
90 dB
Mais il serait trop rapide d’affirmer :
perte de propagation exacte = 90 dB
sans connaître :
- les gains d’antennes ;
- les pertes de câbles ;
- les connecteurs ;
- les autres éléments du budget.
Fibre optique : le dB est partout
En fibre optique, on utilise les décibels pour exprimer :
- l’atténuation linéique ;
- les pertes de connecteurs ;
- les pertes d’épissures ;
- les pertes de splitters ;
- la puissance optique émise ;
- la puissance reçue ;
- le budget optique.
Atténuation en dB/km
Une fibre peut être caractérisée par :
dB/km
Par exemple, pour certaines fibres monomodes autour de :
1550 nm
on peut rencontrer une atténuation proche de :
0,2 dB/km
Mais ce chiffre dépend :
- de la fibre ;
- de la longueur d’onde ;
- de ses spécifications ;
- des conditions de mesure.
Exemple théorique
Avec :
0,20 dB/km
sur :
100 km
la perte linéique idéale vaut :
0,20 × 100
=
20 dB
Un signal de :
100 mW
=
20 dBm
subissant une perte de :
20 dB
arriverait théoriquement à :
0 dBm
=
1 mW
Mais une liaison fibre réelle possède d’autres pertes
Il faut également compter :
- connecteurs ;
- épissures ;
- splitters éventuels ;
- marges d’ingénierie ;
- autres composants passifs.
Budget optique simplifié
Supposons :
émetteur +3 dBm
fibre -8 dB
connecteurs -1 dB
épissures -0,5 dB
La puissance reçue estimée devient :
3 - 8 - 1 - 0,5
=
-6,5 dBm
Il faut ensuite vérifier que :
-6,5 dBm
se trouve dans la plage acceptable du récepteur.
Le récepteur possède une sensibilité
Un module optique spécifie généralement :
- une puissance minimale recevable ;
- une puissance maximale recevable ;
- des paramètres de transmission associés.
Un signal peut donc être :
trop faible
mais également :
trop puissant
pour certaines interfaces.
Plus fort n’est pas automatiquement meilleur. Le monde physique avait manifestement encore quelques nuances disponibles.
Pertes d’épissure et de connecteur
Une perte ponctuelle peut être exprimée en :
dB
Par exemple :
connecteur : 0,3 dB
épissure : 0,1 dB
Ces valeurs s’ajoutent simplement au budget des pertes :
0,3 + 0,3 + 0,1 + ...
=
perte totale
Le son : dB SPL
En acoustique, le niveau de pression sonore utilise une référence conventionnelle de :
20 µPa
dans l’air.
La formule est :
Lp
=
20 × log10(p / 20 µPa)
On parle alors de :
dB SPL
Sound Pressure Level
0 dB SPL n’est pas le silence
À :
0 dB SPL
la pression acoustique efficace correspond à la valeur de référence :
20 µPa
Ce niveau se situe approximativement autour du seuil auditif de référence à certaines fréquences pour une personne jeune ayant une bonne audition.
Une personne peut :
- entendre certains sons sous 0 dB SPL ;
- ne pas en entendre d’autres au-dessus ;
selon notamment :
- la fréquence ;
- son audition ;
- le contexte ;
- le bruit ambiant.
Notre audition n’est pas plate
L’oreille humaine n’a pas la même sensibilité à :
100 Hz
1 kHz
4 kHz
15 kHz
Deux sons possédant le même niveau physique peuvent donc ne pas être perçus comme aussi forts.
dBA
La pondération :
A
modifie la contribution des différentes fréquences pour mieux représenter certains aspects de la sensibilité auditive humaine.
Le résultat s’écrit :
dBA
Cette pondération est notamment très utilisée pour :
- les mesures de bruit professionnel ;
- les réglementations ;
- les études d’exposition.
dBC
La pondération :
C
est beaucoup plus plate sur une large partie du spectre et peut être utilisée notamment pour :
- des niveaux élevés ;
- certaines mesures de crête ;
- l’étude d’un contenu basse fréquence important.
Un niveau exprimé en :
dB
dBA
dBC
n’est donc pas nécessairement interchangeable.
Quelques niveaux sonores : seulement des ordres de grandeur
| Situation | Ordre de grandeur possible |
|---|---|
| Référence auditive | autour de 0 dB SPL |
| Environnement très calme | environ 20–30 dBA |
| Conversation normale | souvent autour de 60 dBA |
| Outils ou trafic très bruyant | souvent 85–100 dBA ou davantage |
| Concert très fort | peut dépasser 100 dBA |
Ce ne sont pas des constantes physiques.
Le niveau mesuré dépend énormément :
- de la distance ;
- de la source ;
- de l’environnement ;
- de la durée ;
- de l’instrument ;
- de la pondération utilisée.
Le « seuil de douleur » n’est pas un nombre magique
On trouve fréquemment :
120 dB
130 dB
140 dB
selon la définition, la fréquence, l’individu et la source.
Il est donc préférable de ne pas présenter :
120 dB
comme une frontière biologique universelle.
Et surtout :
un bruit peut être dangereux pour l’audition bien avant d’être douloureux.
+10 dB signifie-t-il « deux fois plus fort » ?
Physiquement :
+10 dB
=
×10 en puissance acoustique ou intensité correspondante
Concernant la perception :
+8 à +10 dB
est souvent présenté comme une approximation d’un doublement de la sensation de loudness dans certaines conditions.
Mais la perception dépend notamment :
- de la fréquence ;
- du niveau de départ ;
- du spectre ;
- de la durée ;
- de l’auditeur.
Ce n’est donc pas une loi exacte comparable à :
+10 dB
=
×10 en puissance
+3 dB en acoustique : deux fois l’énergie
Une augmentation de :
3 dB
représente approximativement :
×2 en énergie / puissance
mais cela ne signifie pas que l’auditeur dira :
« C’est exactement deux fois plus fort. »
Deux sources identiques ne donnent pas +6 dB automatiquement
Supposons une machine générant :
80 dB
Deux sources indépendantes de même niveau donnent typiquement environ :
83 dB
et non :
160 dB
ni simplement :
86 dB
dans le cas de deux sources non cohérentes équivalentes.
Pourquoi environ +3 dB ?
Deux sources de même puissance donnent :
2 × puissance
et :
10 × log10(2)
≈ 3,01 dB
On ne somme pas directement les dB
Avec deux niveaux indépendants :
80 dB
+
80 dB
la réponse n’est donc pas :
160 dB
Il faut :
revenir aux puissances
↓
additionner
↓
repasser en logarithme
Cas de deux niveaux différents
Si une source vaut :
90 dB
et une autre :
80 dB
la première possède :
10 fois la puissance
de la seconde.
Le total vaut donc seulement environ :
90,4 dB
La petite source contribue relativement peu au total.
Règle pratique de combinaison
| Différence entre deux sources | Ajout approximatif à la plus forte |
|---|---|
| 0 dB | +3 dB |
| 3 dB | environ +1,8 dB |
| 6 dB | environ +1 dB |
| 10 dB | environ +0,4 dB |
| 20 dB | environ +0,04 dB |
Exposition sonore : le temps compte
Pour le risque auditif, le niveau seul ne suffit pas.
Il faut considérer :
niveau
+
durée d'exposition
NIOSH recommande pour l’exposition professionnelle :
85 dBA
sur 8 heures
avec un facteur d’échange de :
3 dB
Facteur d’échange de 3 dB
Chaque augmentation de :
3 dB
double approximativement l’énergie acoustique.
Dans ce modèle, le temps d’exposition recommandé est donc divisé par deux :
| Niveau | Durée correspondante selon ce modèle |
|---|---|
| 85 dBA | 8 h |
| 88 dBA | 4 h |
| 91 dBA | 2 h |
| 94 dBA | 1 h |
| 97 dBA | 30 min |
| 100 dBA | 15 min |
Ces valeurs concernent un modèle de prévention de l’exposition professionnelle et ne doivent pas être transformées en :
« 84 dBA est toujours sans danger et 85 dBA détruit immédiatement l’oreille. »
Le décibel en pratique réseau
Dans un environnement réseau et télécom, on peut rencontrer :
| Mesure | Unité fréquente | Interprétation générale |
|---|---|---|
| Puissance Wi-Fi | dBm | Plus proche de zéro = généralement plus puissant |
| SNR | dB | Plus élevé = généralement meilleur |
| Insertion loss | dB | Plus faible = généralement meilleur |
| NEXT loss | dB | Plus élevé = généralement meilleur |
| Return loss | dB | Plus élevé = généralement meilleur |
| Puissance optique | dBm | À comparer aux limites du transceiver |
| Perte optique | dB | Plus faible = généralement meilleur |
| Atténuation fibre | dB/km | Perte par unité de longueur |
Le signe seul ne suffit donc pas
Regardez :
-70 dBm
et :
NEXT = 45 dB
Le premier est un :
niveau de puissance référencé
Le second est une :
différence / perte d'isolation
Comparer directement :
-70
et
45
n’a aucun intérêt sans comprendre les grandeurs.
Exemple complet : liaison radio
Supposons :
puissance émetteur 18 dBm
gain antenne TX 4 dBi
pertes câble TX 1 dB
pertes de propagation 82 dB
gain antenne RX 3 dBi
pertes câble RX 1 dB
Alors :
Prx
=
18 + 4 - 1 - 82 + 3 - 1
Prx
=
-59 dBm
Si le bruit vaut :
-94 dBm
alors :
SNR
=
-59 - (-94)
=
35 dB
On peut ensuite comparer :
- le niveau reçu ;
- le SNR ;
- la sensibilité nécessaire au débit envisagé.
Exemple complet : liaison fibre
Supposons :
TX optique +2 dBm
fibre :
10 km × 0,25 dB/km
-2,5 dB
4 connecteurs :
4 × 0,3 dB
-1,2 dB
6 épissures :
6 × 0,1 dB
-0,6 dB
La puissance théorique reçue vaut :
2 - 2,5 - 1,2 - 0,6
=
-2,3 dBm
Avant de valider la liaison, il faut encore comparer cette valeur :
- à la sensibilité du récepteur ;
- à sa puissance maximale admissible ;
- à la marge requise.
Exemple complet : atténuation d’un câble
Entrée :
10 mW
Sortie :
2,5 mW
Gain :
10 × log10(2,5 / 10)
≈ -6,02 dB
On peut donc dire :
gain = -6 dB
ou, en parlant de perte :
atténuation ≈ 6 dB
La puissance de sortie est :
25 % de la puissance d'entrée
Erreur classique : croire que -50 dBm est plus faible que -80 dBm parce que 50 est inférieur à 80
Sur une droite numérique :
-50 > -80
Donc :
-50 dBm
→ signal plus puissant
-80 dBm
→ signal plus faible
Erreur classique : confondre dB et dBm
Incorrect :
mon Wi-Fi a une puissance de -60 dB
si l’outil rapporte en réalité :
-60 dBm
Le :
m
indique une référence de puissance à :
1 mW
et change complètement la signification.
Erreur classique : dire que -3 dB signifie « moitié du signal »
Précisez ce que vous appelez :
signal
Pour une puissance :
-3 dB
≈ moitié
Pour une amplitude correspondante :
-3 dB
≈ 70,7 %
Erreur classique : appliquer 20 log à tout
Pour les puissances :
10 log
Pour certaines grandeurs d’amplitude :
20 log
lorsque le carré de la grandeur est proportionnel à la quantité de puissance et que les conditions de comparaison le permettent.
Erreur classique : considérer 0 dB comme zéro
En rapport :
0 dB
=
×1
En acoustique :
0 dB SPL
=
20 µPa de référence
Dans aucun de ces cas :
0 dB
=
absence universelle de signal
Erreur classique : additionner deux sons en additionnant leurs dB
Incorrect :
80 dB + 80 dB = 160 dB
Pour deux sources indépendantes équivalentes :
≈ 83 dB
Erreur classique : utiliser une valeur de fibre sans longueur d’onde
Dire :
la fibre perd 0,2 dB/km
est incomplet.
Précisez :
- le type de fibre ;
- la longueur d’onde ;
- éventuellement la spécification concernée.
Erreur classique : confondre RSSI et qualité de liaison
Un bon niveau reçu ne garantit pas à lui seul :
- un bon SNR ;
- peu d’interférences ;
- peu de contention ;
- un débit élevé ;
- une faible latence.
Deux réseaux à :
-60 dBm
peuvent présenter des performances très différentes.
Erreur classique : considérer chaque valeur de dB comme ayant la même orientation
Selon la grandeur :
grand = meilleur
ou :
petit = meilleur
Exemples :
SNR élevé
→ généralement bon
NEXT loss élevé
→ généralement bon
return loss élevé
→ généralement bon
insertion loss élevée
→ mauvais
perte optique élevée
→ mauvais
Tableau de conversion rapide
| dB | Puissance | Amplitude lorsque la relation au carré s’applique |
|---|---|---|
| -20 dB | ×0,01 | ×0,1 |
| -10 dB | ×0,1 | ×0,316 |
| -6,02 dB | ×0,25 | ×0,5 |
| -3,01 dB | ×0,5 | ×0,707 |
| 0 dB | ×1 | ×1 |
| +3,01 dB | ×2 | ×1,414 |
| +6,02 dB | ×4 | ×2 |
| +10 dB | ×10 | ×3,162 |
| +20 dB | ×100 | ×10 |
Formules essentielles
Rapport de puissance
L(dB) = 10 × log10(P2 / P1)
Retour vers un rapport de puissance
P2 / P1 = 10^(L / 10)
Rapport d’amplitude approprié
L(dB) = 20 × log10(A2 / A1)
Retour vers un rapport d’amplitude
A2 / A1 = 10^(L / 20)
Puissance en dBm
P(dBm) = 10 × log10(P(mW))
dBm vers mW
P(mW) = 10^(P(dBm) / 10)
SNR avec deux niveaux dBm
SNR(dB)
=
Signal(dBm) - Bruit(dBm)
Les cinq repères les plus utiles
0 dB
= même niveau
3 dB
≈ ×2 en puissance
6 dB
≈ ×2 en amplitude
10 dB
= ×10 en puissance
20 dB
= ×100 en puissance
= ×10 en amplitude
Méthode pour ne pas se tromper
Avant d’interpréter un nombre en décibels, posez quatre questions.
- Quelle grandeur est mesurée ?
- S’agit-il d’un rapport ou d’un niveau référencé ?
- Quelle est la référence ?
- Une valeur plus grande est-elle meilleure ou pire dans cette convention ?
Exemple : -67 dBm
Question 1 :
puissance radio reçue
Question 2 :
niveau référencé
Question 3 :
1 mW
Question 4 :
-57 dBm serait plus puissant
-77 dBm serait plus faible
Exemple : 2,5 dB de perte fibre
Question 1 :
perte de puissance optique
Question 2 :
rapport
Question 3 :
entrée comparée à sortie
Question 4 :
moins de perte est généralement meilleur
Exemple : NEXT de 50 dB
Question 1 :
isolation entre paires
Question 2 :
rapport
Question 3 :
signal perturbateur / signal couplé
Question 4 :
plus grand est généralement meilleur
Exemple : 85 dBA
Question 1 :
niveau sonore pondéré A
Question 2 :
niveau référencé
Question 3 :
référence acoustique standard
Question 4 :
plus élevé signifie davantage d'exposition acoustique
mais durée et spectre comptent également
Conclusion : le décibel ne ment pas, mais il aime le contexte
Le décibel devient beaucoup moins mystérieux dès que l’on retient qu’il représente avant tout une :
relation logarithmique
Il permet de transformer des rapports gigantesques en nombres faciles à manipuler :
×1 000 000
=
60 dB
et de transformer une chaîne complexe :
émetteur
+
antenne
+
câble
+
propagation
+
antenne
+
récepteur
en une simple suite d’additions et de soustractions.
Retenez surtout :
- le dB exprime principalement un rapport logarithmique ;
- 0 dB correspond à un rapport de 1, pas à l’absence de signal ;
- +3 dB représente environ deux fois plus de puissance ;
- -3 dB représente environ la moitié de la puissance ;
- +10 dB représente exactement un facteur 10 en puissance ;
- 20 log pour une amplitude ne doit pas être appliqué aveuglément sans considérer la relation avec la puissance et les impédances ;
- dBm désigne un niveau de puissance référencé à 1 mW ;
- une valeur négative en dBm représente simplement une puissance inférieure à 1 mW ;
- une atténuation de 10 dB peut correspondre à un gain de -10 dB ;
- en câblage, NEXT et return loss sont généralement meilleurs lorsqu’ils sont élevés ;
- l’insertion loss est généralement meilleure lorsqu’elle est faible ;
- en Wi-Fi, RSSI et SNR doivent être distingués ;
- une différence entre puissance émise et reçue ne constitue pas nécessairement à elle seule la perte de propagation ;
- l’atténuation d’une fibre dépend notamment de la longueur d’onde et du type de fibre ;
- 0 dB SPL correspond à une pression acoustique de référence, pas au silence absolu ;
- +10 dB ≈ deux fois plus fort est une approximation perceptive, pas une égalité physique ;
- et plusieurs niveaux acoustiques exprimés en dB ne s’additionnent pas arithmétiquement.
La prochaine fois qu’une documentation annonce :
-3 dB
ne concluez donc pas immédiatement :
« On a perdu trois quelque chose. »
Demandez :
3 dB de quoi ?
par rapport à quoi ?
selon quelle convention ?
À cet instant précis, le décibel cesse d’être une unité sournoise et devient un outil extrêmement puissant.
Ce qui est presque dommage : il était beaucoup plus amusant de lui reprocher personnellement la mauvaise couverture Wi-Fi du bureau.
