L’électricité possède une caractéristique remarquable : elle fonctionne suffisamment bien pour que l’on oublie complètement son existence.
Jusqu’au moment où elle disparaît.
Généralement pendant :
- une mise à jour de firmware ;
- une transaction de base de données ;
- une sauvegarde ;
- une compilation de trois heures ;
- ou les trois dernières lignes d’un document qui n’avait évidemment pas été enregistré.
C’est précisément le rôle d’un :
UPS
Uninterruptible Power Supply
que l’on appelle couramment en français :
onduleur
Sa mission principale est de maintenir temporairement l’alimentation des équipements lorsque la source électrique normale n’est plus exploitable.
Selon sa technologie, il peut également :
- réguler la tension ;
- filtrer certaines perturbations ;
- absorber certaines surtensions ;
- stabiliser la fréquence ;
- permettre un arrêt automatique et propre des systèmes.
Un UPS n’est pas destiné à rendre l’électricité immortelle. Il est destiné à donner au système suffisamment de temps et de qualité d’alimentation pour survivre proprement à certains incidents.
UPS, onduleur, batterie de secours : de quoi parle-t-on ?
Un UPS est généralement constitué de plusieurs éléments :
Entrée secteur
↓
Électronique de conversion / régulation
↓
Batterie
↓
Onduleur
↓
Sortie protégée
↓
Équipements
La structure exacte dépend fortement de la topologie.
À l’intérieur, on peut notamment trouver :
- chargeur ;
- redresseur ;
- onduleur DC/AC ;
- batteries ;
- AVR ;
- relais ou commutateurs statiques ;
- bypass ;
- système de supervision.
Pourquoi installer un UPS ?
Le premier objectif est évident :
secteur disparu
↓
batterie
↓
équipement toujours alimenté
Mais les coupures complètes ne constituent qu’une partie des problèmes électriques possibles.
Les perturbations électriques
Une alimentation peut subir :
- coupure totale ;
- creux de tension ;
- sous-tension prolongée ;
- surtension ;
- pics transitoires ;
- bruit électrique ;
- variation de fréquence ;
- distorsion harmonique.
Tous les UPS ne corrigent pas ces événements de la même manière.
C’est précisément pour cela que :
UPS 1500 VA
ne décrit pas suffisamment un appareil.
La topologie compte autant que la puissance.
Les trois grandes topologies d’UPS
On distingue généralement :
Standby / Off-line
Line-interactive
Online double conversion
1. UPS Standby ou Off-line
C’est l’architecture la plus simple.
En fonctionnement normal :
Secteur
↓
Charge
L’équipement reçoit essentiellement l’alimentation du réseau, éventuellement après certains dispositifs de filtrage.
La batterie et l’onduleur restent en attente.
Lorsqu’une anomalie suffisamment importante est détectée :
Secteur défaillant
↓
commutation
↓
Batterie
↓
Onduleur
↓
Charge
Avantages
- simple ;
- compact ;
- économique ;
- bon rendement en fonctionnement normal ;
- adapté à de nombreux usages bureautiques.
Limites
- temps de transfert vers batterie ;
- régulation moins élaborée ;
- qualité de sortie dépendante du modèle ;
- moins adapté aux environnements électriques très perturbés.
Le temps de transfert
Un standby doit détecter la perte du secteur puis commuter vers l’onduleur.
Cette opération prend un court intervalle.
Selon les modèles, on rencontre des valeurs de quelques millisecondes.
Il ne faut cependant pas transformer :
2 à 10 ms
en valeur universelle applicable à tous les UPS.
Consultez la fiche technique du modèle.
Les alimentations informatiques tolèrent généralement une courte interruption
Une alimentation ATX ou serveur possède des condensateurs capables de maintenir sa sortie pendant un certain temps après la disparition de l’entrée.
Si :
temps de maintien de l'alimentation
>
temps de transfert UPS
l’ordinateur peut ne rien remarquer.
C’est pourquoi un UPS line-interactive ou standby correctement choisi peut parfaitement convenir à de nombreux équipements informatiques.
2. UPS Line-Interactive
Le line-interactive ajoute généralement une :
AVR
Automatic Voltage Regulation
qui permet de corriger certaines variations du secteur sans passer immédiatement sur batterie.
Par exemple :
Entrée : 205 V
↓
AVR boost
↓
Sortie acceptable
ou :
Entrée trop haute
↓
AVR buck
↓
Sortie régulée
Pourquoi l’AVR est intéressante
Sans AVR, un UPS pourrait devoir passer sur batterie chaque fois que la tension devient légèrement trop basse ou trop élevée.
Résultat :
variation secteur
↓
batterie
↓
variation
↓
batterie
↓
variation
↓
batterie
et la batterie vieillit tranquillement pour des incidents qui auraient pu être corrigés autrement.
Avec AVR :
variation modérée
↓
correction électrique
↓
batterie préservée
Avantages
- bon rendement ;
- régulation de tension ;
- coût modéré ;
- bonne solution pour postes, NAS et petits serveurs ;
- batterie moins sollicitée lors de fluctuations ordinaires.
Limites
- temps de transfert lors de certains événements ;
- qualité d’onde dépendante du modèle ;
- moins d’isolation par rapport au secteur qu’une double conversion.
3. UPS Online à double conversion
L’architecture classique est :
AC secteur
↓
Redresseur
↓
DC
↓
Onduleur
↓
AC régénéré
↓
Charge
La batterie se trouve sur le bus continu.
Lorsque le secteur disparaît :
Secteur : absent
Batterie
↓
Bus DC
↓
Onduleur
↓
Charge
L’onduleur alimentait déjà la charge.
Il n’est donc normalement pas nécessaire de transférer celle-ci vers un autre convertisseur lors du passage sur batterie.
Pas de temps de transfert vers batterie en fonctionnement double conversion normal
C’est un avantage important pour :
- serveurs critiques ;
- stockage ;
- équipements médicaux selon exigences ;
- télécommunications ;
- environnements électriques difficiles.
Mais ne transformons pas cela en :
« Il n’y aura jamais aucune commutation dans toute la vie de l’UPS. »
Un UPS online peut également posséder :
- un bypass statique ;
- un bypass de maintenance ;
- des modes haute efficacité ;
- des protections contre surcharge ou panne interne.
Certains événements peuvent donc toujours provoquer une transition entre chemins électriques.
Le bypass
Un UPS online possède fréquemment un chemin alternatif :
Entrée
├── Rectifier → Inverter → Charge
│
└──────── Bypass ────────→ Charge
Le bypass peut être utilisé notamment :
- en cas de surcharge ;
- en cas de défaillance de l’onduleur ;
- pendant certaines opérations de maintenance ;
- dans certains modes d’efficacité.
Le bypass ne fournit pas forcément la même protection
Lorsque la charge est sur bypass :
elle peut être beaucoup plus directement dépendante de la source électrique.
Un écran affichant :
BYPASS
sur un UPS online n’est donc pas nécessairement une petite décoration esthétique.
Il mérite généralement que quelqu’un comprenne pourquoi il est là.
Classification VFD, VI et VFI
On rencontre aussi les classifications :
VFD
VI
VFI
VFD
Voltage and Frequency Dependent
La sortie dépend davantage de la tension et de la fréquence d’entrée en mode normal.
Cette catégorie est souvent associée aux UPS standby.
VI
Voltage Independent
L’UPS régule notamment la tension, tandis que la fréquence reste généralement dépendante de la source.
Cette catégorie est fréquemment associée aux line-interactive.
VFI
Voltage and Frequency Independent
La tension et la fréquence de sortie sont normalement régulées indépendamment de celles de l’entrée dans les limites du fonctionnement prévu.
On associe couramment cette catégorie aux double-conversion online.
Topologie et classification ne sont pas exactement la même chose
Les termes :
standby
line-interactive
double-conversion
décrivent essentiellement l’architecture.
Les termes :
VFD
VI
VFI
décrivent des caractéristiques de performance et de dépendance à la source.
Ils sont fortement liés dans la pratique mais ne doivent pas être utilisés comme des synonymes mathématiquement parfaits.
Comparatif rapide
| Topologie | Protection | Régulation | Transfert batterie | Usage typique |
|---|---|---|---|---|
| Standby | Basique | Limitée | Quelques ms selon modèle | Postes bureautiques, petits équipements |
| Line-interactive | Bonne | AVR | Quelques ms selon modèle | PC, NAS, réseau, petits serveurs |
| Online double conversion | Très élevée | Tension et fréquence régénérées | Normalement nul vers batterie en mode double conversion | Serveurs et infrastructures critiques |
Un UPS online ne protège pas littéralement contre tout
On lit parfois :
« La double conversion protège contre toutes les perturbations électriques. »
Elle offre effectivement une excellente isolation vis-à-vis de nombreuses perturbations d’entrée.
Mais aucun UPS ne rend l’installation invulnérable à :
- une surtension dépassant ses caractéristiques ;
- un défaut de câblage grave ;
- une mauvaise mise à la terre ;
- un incendie ;
- une surcharge dépassant sa capacité ;
- un défaut interne ;
- un impact direct de foudre hors conception de l’installation.
La protection électrique doit être pensée dans son ensemble.
UPS et parafoudre ne sont pas synonymes
Un UPS possède souvent une protection contre certaines surtensions.
Mais cela ne remplace pas nécessairement les dispositifs de protection contre les surtensions installés au niveau du bâtiment.
Une installation sérieuse peut comprendre :
réseau électrique
↓
protections du tableau
↓
parafoudre / SPD si nécessaire
↓
UPS
↓
charge
Le tout avec une terre correctement conçue.
La foudre n’a jamais signé de contrat garantissant qu’elle s’arrêterait devant le logo « Surge Protection ».
VA et watts : les deux valeurs fondamentales
Un UPS peut être annoncé :
1000 VA / 600 W
Ces deux nombres sont importants.
VA
Les :
voltampères
VA
représentent la puissance apparente.
W
Les :
watts
W
représentent la puissance active.
Le facteur de puissance
Dans un cas simplifié :
W = VA × PF
donc :
VA = W / PF
où :
PF = Power Factor
Facteur de puissance
Exemple
Une charge consommant :
500 W
avec :
PF = 0,8
représente approximativement :
500 / 0,8
= 625 VA
L’UPS doit donc pouvoir supporter au minimum :
500 W
ET
625 VA
Les deux limites doivent être respectées
Prenons :
UPS :
1000 VA
600 W
Une charge de :
650 W
700 VA
respecte la limite VA mais dépasse la limite W.
Elle n’est pas acceptable.
Inversement, une charge présentant beaucoup de puissance apparente pourrait dépasser :
1000 VA
avant d’atteindre :
600 W
selon son facteur de puissance.
Dimensionnez toujours selon la limite W et la limite VA, pas uniquement selon le plus gros nombre imprimé sur la boîte.
Les UPS modernes peuvent avoir un facteur de puissance de sortie élevé
Un modèle :
1500 VA / 1350 W
offre un rapport :
1350 / 1500 = 0,9
alors qu’un ancien modèle :
1500 VA / 900 W
offre :
0,6
Deux UPS portant :
1500 VA
sur l’étiquette peuvent donc supporter des charges IT très différentes en watts.
Comment dimensionner la puissance ?
Commencez par mesurer ou estimer la consommation maximale réaliste des équipements qui seront réellement alimentés sur batterie.
Par exemple :
Serveur 280 W
NAS 120 W
Switch 45 W
Routeur 20 W
Pare-feu 35 W
---------------------
Total 500 W
Ajoutez ensuite une marge.
Par exemple :
500 W × 1,25
= 625 W
Un UPS limité à :
600 W
serait déjà trop proche ou insuffisant pour cet objectif.
Un modèle capable de fournir :
800 à 1000 W
pourrait offrir davantage de marge selon les besoins.
20 à 30 % de marge : une règle pratique, pas une loi physique
Une marge permet d’absorber :
- pics de consommation ;
- croissance future ;
- incertitude de mesure ;
- variation de charge ;
- dégradation de l’autonomie avec l’âge.
Mais un environnement industriel ou une charge à très fort courant d’appel peut demander beaucoup plus.
Mesurez quand c’est possible
Les valeurs inscrites sur une alimentation :
750 W
ne signifient pas forcément :
« Le PC consomme constamment 750 W. »
Cela peut être la puissance nominale maximale de l’alimentation.
Un wattmètre, une PDU mesurée ou la télémétrie d’un UPS fournissent des données beaucoup plus intéressantes.
Dimensionnez aussi pour les pointes
Certains appareils présentent un courant d’appel important au démarrage.
On rencontre notamment ce comportement avec :
- moteurs ;
- compresseurs ;
- certaines alimentations ;
- équipements de laboratoire ;
- imprimantes laser.
Les imprimantes laser et les UPS
Le four d’une imprimante laser peut demander une puissance importante lorsqu’il chauffe.
Une imprimante annoncée comme consommant relativement peu au repos peut soudainement demander :
beaucoup plus
au moment d’imprimer.
Cela peut provoquer :
- surcharge de l’UPS ;
- baisse de tension ;
- déclenchement de protection ;
- réduction massive de l’autonomie.
Ne branchez pas automatiquement une imprimante laser sur une prise batterie d’un petit UPS. Vérifiez explicitement la puissance de pointe et les recommandations du fabricant.
L’autonomie
L’autonomie correspond au temps pendant lequel l’UPS peut alimenter une charge donnée lorsqu’il fonctionne sur son stockage d’énergie.
Elle dépend fortement :
- de la charge ;
- du nombre de batteries ;
- de leur capacité ;
- de leur tension ;
- de leur chimie ;
- de leur âge ;
- de leur température ;
- du rendement de conversion ;
- du taux de décharge.
Un même UPS n’a pas une autonomie unique
Une fiche technique peut par exemple annoncer :
Charge 100 W → 45 min
Charge 300 W → 12 min
Charge 600 W → 4 min
Ces nombres sont illustratifs.
La relation n’est pas forcément parfaitement linéaire.
Pourquoi l’autonomie chute vite quand la charge augmente
Une batterie possède une quantité d’énergie limitée.
Mais sa capacité effectivement exploitable dépend également du courant demandé.
À forte décharge :
- la tension chute davantage ;
- les pertes augmentent ;
- la capacité disponible peut être inférieure à celle mesurée à faible courant ;
- l’onduleur lui-même consomme de l’énergie.
Les ampères-heures ne suffisent pas
Une batterie peut être indiquée :
12 V
9 Ah
Son énergie nominale simplifiée serait :
12 × 9
= 108 Wh
Deux batteries de ce type peuvent former selon le montage un banc représentant nominalement :
216 Wh
Mais cela ne signifie absolument pas qu’une charge de :
216 W
fonctionnera :
exactement 1 heure
Il faut retirer :
- les pertes de conversion ;
- la capacité inaccessible à forte décharge ;
- les marges de coupure ;
- le vieillissement ;
- la consommation interne.
Utilisez les courbes d’autonomie du constructeur
Pour choisir un modèle, la meilleure référence reste généralement :
runtime chart
courbe d'autonomie
calculateur constructeur
pour la charge réellement prévue.
Une formule calculée sur un coin de bureau peut servir à comprendre les ordres de grandeur.
Elle ne doit pas remplacer les caractéristiques de décharge mesurées du système complet.
Quelle autonomie faut-il réellement ?
Posez d’abord la question :
« Que doit-il se passer lorsqu’une coupure dure ? »
Plusieurs stratégies existent.
Arrêt immédiat contrôlé
Coupure
↓
UPS sur batterie
↓
attente courte
↓
arrêt propre
Dans ce cas, quelques minutes peuvent suffire.
Absorber les microcoupures
Si la majorité des incidents durent moins de quelques minutes, une autonomie courte peut éviter énormément d’arrêts inutiles.
Attendre le groupe électrogène
Secteur
↓ panne
UPS
↓ maintient la charge
Groupe électrogène
↓ démarre et se stabilise
UPS
↓ accepte la nouvelle source
Dans ce scénario, l’UPS sert principalement de pont.
Continuer longtemps sur batteries
Il faut alors prévoir :
- batteries externes ;
- UPS extended runtime ;
- dimensionnement thermique ;
- temps de recharge ;
- coût et maintenance supplémentaires.
UPS ≠ groupe électrogène
Un UPS fournit :
- une alimentation immédiate ;
- silencieuse ;
- sans attente de démarrage.
Un groupe électrogène fournit :
- une autonomie potentiellement très longue ;
- tant que du carburant et de la maintenance sont disponibles.
Dans une infrastructure critique :
Secteur
↓
UPS
↓
Serveurs
↑
Groupe électrogène
après démarrage
les deux technologies sont complémentaires.
UPS et groupe électrogène doivent être compatibles
Une source produite par un groupe peut présenter :
- variations de fréquence ;
- variations de tension ;
- distorsion ;
- réponse transitoire lors des changements de charge.
Si l’UPS juge cette alimentation hors de sa fenêtre acceptable :
groupe actif
↓
UPS refuse le secteur
↓
reste sur batterie
↓
batterie se vide
↓
surprise
Les online double conversion sont souvent intéressants avec un groupe
Ils régénèrent la tension et la fréquence de sortie et peuvent mieux isoler la charge des variations de la source.
Mais le groupe doit quand même être correctement dimensionné et compatible avec :
- la puissance de la charge ;
- la recharge des batteries ;
- le comportement du redresseur ;
- les autres charges du bâtiment.
La bonne méthode consiste à vérifier les recommandations :
fabricant UPS
+
fabricant groupe
+
conception électrique
Forme d’onde de sortie
Lorsque l’UPS fonctionne sur batterie, son électronique doit recréer une tension alternative.
Deux expressions commerciales reviennent souvent :
Pure Sine Wave
Simulated Sine Wave
Sinusoïde pure
Une sortie sinusoïdale pure cherche à reproduire une forme proche du secteur sinusoïdal attendu.
Elle offre généralement la meilleure compatibilité avec :
- alimentations à PFC actif ;
- serveurs ;
- équipements audio ;
- équipements sensibles ;
- certaines charges particulières.
Sinusoïde simulée
Un UPS économique peut produire une forme par paliers lorsque la batterie est utilisée.
De nombreux équipements peuvent parfaitement fonctionner avec.
Mais il est trop général d’affirmer :
« C’est forcément suffisant pour tous les PC, NAS et routeurs. »
La compatibilité dépend de leur alimentation.
Alimentations à PFC actif
Les alimentations modernes de PC et de serveurs utilisent fréquemment :
Active PFC
Power Factor Correction
Une sortie sinusoïdale pure est généralement le choix le plus sûr pour ce type de charge.
Certains équipements tolèrent parfaitement une onde simulée.
D’autres peuvent présenter :
- bruit ;
- arrêt ;
- instabilité ;
- comportement imprévisible au passage sur batterie.
Un test réel ou la documentation constructeur vaut davantage que :
« Chez mon cousin ça marche. »
La tension en Europe
Pour les installations basse tension européennes modernes, on parle généralement d’une tension nominale :
230 V
50 Hz
Un UPS vendu pour ce marché peut accepter une plage d’entrée beaucoup plus large, par exemple :
160 à 280 V
selon sa conception et ses paramètres.
Cela ne signifie pas qu’il délivre constamment la même tension d’entrée.
Selon la topologie, il régule ou régénère la sortie dans les limites prévues.
Fréquence : 50 Hz
En Europe :
50 Hz
est la fréquence nominale habituelle.
Un online peut également réguler la fréquence dans certaines conditions.
Cela devient particulièrement intéressant lorsque la source est :
un groupe électrogène instable
plutôt qu’un réseau électrique parfaitement stable.
La connectique
Les prises dépendent du marché et de la puissance de l’UPS.
On rencontre notamment :
- prises françaises Type E ;
- prises Schuko Type F ;
- prises compatibles E/F selon les modèles ;
- IEC C13 ;
- IEC C19 ;
- sorties industrielles ou raccordement fixe sur les grosses puissances.
Type E et Schuko ne sont pas exactement la même chose
Le :
Type E
est notamment utilisé en France et en Belgique.
Le :
Type F
est généralement appelé :
Schuko
De nombreuses fiches modernes sont conçues pour être compatibles avec les deux systèmes.
IEC C13 et C14
Dans l’informatique professionnelle, on rencontre très souvent :
IEC C13
IEC C14
Typiquement :
UPS
└── sortie C13
Câble
└── connecteur adapté
Serveur / équipement
└── entrée C14
Selon le matériel, les rôles exacts et puissances peuvent varier avec d’autres coupleurs IEC.
C19 et C20
Pour des puissances supérieures, on rencontre fréquemment :
C19
C20
sur :
- serveurs puissants ;
- PDU ;
- UPS ;
- équipements de datacenter.
Prises batterie et prises surge-only
Certains UPS de bureau possèdent deux catégories de sorties.
Battery Backup + Surge
Ces prises restent alimentées par batterie pendant une coupure.
Surge Only
Elles sont protégées contre certaines surtensions mais ne reçoivent pas l’énergie de la batterie.
Branchez sur batterie :
- ordinateur ;
- NAS ;
- routeur ;
- switch nécessaire ;
- équipements réellement critiques.
Les appareils non essentiels peuvent rester sur :
surge only
afin de préserver l’autonomie.
Le piège du réseau non protégé
Supposons :
Serveur
→ UPS
Switch
→ prise murale
Le secteur tombe.
Le serveur continue parfaitement à fonctionner.
Le switch s’éteint.
Le serveur devient inaccessible.
Et le logiciel censé lui envoyer l’ordre d’arrêt n’a plus de réseau.
Protégez également les composants nécessaires à la communication et à l’arrêt contrôlé : switch, routeur, pare-feu et éventuellement modem ou terminaison opérateur.
Ne branchez pas tout sur batterie
L’UPS possède une énergie limitée.
Évitez de gaspiller l’autonomie avec :
- écran secondaire inutile ;
- enceintes ;
- chargeur de téléphone ;
- imprimante laser ;
- lampe décorative ;
- machine à café.
Cette dernière possède certes un rôle critique dans l’exploitation informatique.
Mais pas nécessairement au niveau électrique.
Évitez les cascades hasardeuses
Ne construisez pas :
UPS
↓
multiprise
↓
multiprise
↓
rallonge
↓
PDU douteuse
↓
serveur
sans savoir précisément :
- les courants admissibles ;
- les protections ;
- les exigences du constructeur ;
- les règles électriques applicables.
Les fabricants interdisent notamment souvent certaines associations avec des parasurtenseurs supplémentaires ou des branchements en cascade.
Une PDU conçue pour être raccordée à l’UPS est une chose.
Trois multiprises domestiques nouées ensemble derrière une baie en sont une autre.
Communication USB ou série
De nombreux petits UPS fournissent :
USB
ou
RS-232
afin qu’un ordinateur puisse connaître :
- état secteur ;
- état batterie ;
- charge ;
- autonomie estimée ;
- alarmes.
Le système peut alors décider :
secteur perdu
↓
batterie
↓
autonomie critique
↓
arrêt propre du système
Pour un serveur non surveillé, cette communication est essentielle
Un UPS sans liaison de supervision peut maintenir le serveur pendant :
10 minutes
puis :
batterie vide
↓
coupure brutale
Ce qui revient à repousser exactement le problème de dix minutes.
Supervision réseau : SNMP
Les UPS professionnels peuvent recevoir une carte réseau proposant :
SNMP
HTTPS
alertes
télémétrie
Un système de supervision peut alors surveiller :
- état de l’UPS ;
- charge ;
- tension ;
- fréquence ;
- batterie ;
- bypass ;
- température selon équipements ;
- alertes.
Network UPS Tools sous Linux
Sous Linux et d’autres systèmes Unix, :
NUT
Network UPS Tools
permet de superviser de nombreux modèles d’UPS.
Selon le périphérique, la communication peut utiliser :
- USB ;
- série ;
- SNMP ;
- protocoles réseau spécifiques.
NUT possède une architecture client/serveur
De manière simplifiée :
UPS
↓
Driver NUT
↓
upsd
↓
upsmon / clients
↓
arrêt des machines
Cela permet à plusieurs serveurs de surveiller le même UPS.
Exemple de consultation
Lorsque NUT est correctement configuré :
upsc monups@localhost
peut afficher des informations comme :
battery.charge
battery.runtime
input.voltage
output.voltage
ups.load
ups.status
Les noms disponibles dépendent du modèle et de son pilote.
upsmon
Le composant :
upsmon
surveille notamment les événements critiques afin de déclencher un arrêt ordonné lorsque la situation énergétique l’exige.
C’est beaucoup plus utile que compter sur :
« Quelqu’un entendra bien les bips. »
Le datacenter peut être vide.
Et certains UPS ont des bips suffisamment agaçants pour que quelqu’un les ait désactivés en 2019.
Plusieurs machines sur un seul UPS
Supposons :
UPS
├── NAS
├── Serveur
├── Switch
└── Routeur
Une seule machine peut communiquer physiquement avec l’UPS.
Un logiciel réseau comme NUT peut ensuite diffuser son état :
UPS
↓ USB
Serveur NUT
↓ réseau
├── NAS
├── serveur 2
└── autres clients
Chaque machine peut ainsi déclencher son arrêt en fonction de la politique prévue.
L’ordre d’arrêt compte
Une infrastructure peut avoir besoin de :
1. arrêter les applications
2. arrêter les VM
3. arrêter les bases de données
4. arrêter les hôtes
5. arrêter le stockage
6. éventuellement éteindre l'UPS
Éteindre le NAS avant les machines virtuelles qui écrivent dessus est une manière particulièrement créative de tester leurs systèmes de fichiers.
Définir une politique de shutdown
On peut déclencher l’arrêt :
- immédiatement après quelques minutes sur batterie ;
- lorsque la charge batterie atteint un seuil ;
- lorsque l’autonomie restante devient critique ;
- en fonction de plusieurs sources électriques.
La bonne règle dépend de l’environnement.
Ne vous fiez pas aveuglément à l’autonomie estimée
Un écran peut afficher :
Runtime : 18 minutes
Cette valeur reste une estimation dépendant :
- de la charge actuelle ;
- du modèle de batterie ;
- de son état ;
- de la calibration du système.
Si la charge double cinq secondes plus tard, les :
18 minutes
peuvent connaître une révision budgétaire assez sévère.
Les batteries
Un UPS n’est fiable que si son système de stockage d’énergie l’est.
Deux grandes familles sont particulièrement rencontrées aujourd’hui :
- VRLA au plomb ;
- lithium-ion selon modèles.
Batteries VRLA
Les :
VRLA
Valve-Regulated Lead-Acid
sont extrêmement courantes dans les UPS.
Avantages :
- technologie éprouvée ;
- prix raisonnable ;
- bonne disponibilité ;
- fort courant de décharge.
Inconvénients :
- poids ;
- durée de vie limitée ;
- forte sensibilité à la chaleur ;
- remplacements réguliers.
Durée de vie typique
Pour de nombreux UPS classiques, les batteries VRLA ont une durée de service typique d’environ :
3 à 5 ans
dans de bonnes conditions.
Ce n’est pas une date d’expiration universelle.
Une batterie peut durer moins longtemps ou parfois davantage selon :
- température ;
- nombre de cycles ;
- profondeur des décharges ;
- qualité de charge ;
- stockage ;
- conception de l’UPS.
La chaleur tue les batteries
Les batteries au plomb apprécient généralement une température proche de :
20 à 25 °C
Une augmentation durable de température réduit fortement leur espérance de vie.
Un UPS installé :
tout en haut d'une baie
juste derrière deux serveurs
dans l'air chaud d'extraction
peut donc vivre une existence sensiblement plus courte.
Pourquoi l’UPS ne doit pas être enterré sous des vêtements
Un UPS :
- chauffe ;
- possède des composants de puissance ;
- charge des batteries ;
- doit être correctement ventilé.
Respectez :
- les dégagements prescrits ;
- les plages de température ;
- la circulation d’air ;
- l’orientation autorisée.
L’installer dans un meuble fermé avec trois manteaux dessus n’améliore pas son acoustique.
Il améliore surtout son étude thermique.
Batteries lithium-ion
Certains UPS modernes utilisent des batteries lithium-ion.
Elles peuvent offrir :
- durée de vie supérieure ;
- plus faible masse ;
- nombre de cycles supérieur ;
- recharge rapide selon modèles.
En contrepartie :
- prix d’achat supérieur ;
- électronique de gestion spécifique ;
- exigences propres à leur chimie.
Ne remplacez pas la chimie au hasard
Un UPS conçu pour :
VRLA
ne doit pas recevoir arbitrairement :
une batterie lithium quelconque
parce que :
« Les volts correspondent. »
La charge, la protection et le BMS sont des éléments critiques.
Utilisez les batteries ou modules explicitement compatibles avec l’UPS.
Tester les batteries
De nombreux UPS possèdent un :
self-test
capable d’évaluer leur comportement sous charge.
Un test périodique permet de détecter certaines batteries devenues incapables de maintenir correctement la charge.
Un indicateur 100 % ne garantit pas une batterie saine
Une vieille batterie peut afficher :
Charge : 100 %
mais s’effondrer rapidement dès qu’une charge réelle est appliquée.
Le niveau de charge répond :
« Quelle proportion de la capacité estimée est actuellement chargée ? »
pas nécessairement :
« Quelle est encore la capacité réelle de cette batterie par rapport à sa jeunesse ? »
Ne testez pas un UPS critique en arrachant sa prise au hasard
La méthode :
je débranche le câble secteur
et on verra bien
peut effectivement prouver quelque chose.
Elle peut aussi transformer le test de batterie en test de reprise après sinistre.
Préférez :
- le self-test prévu ;
- les procédures constructeur ;
- une maintenance planifiée ;
- un test contrôlé avec possibilité de récupération.
Les batteries contiennent beaucoup d’énergie
Une batterie peut fournir un courant de court-circuit très important.
Un UPS de forte puissance peut également contenir :
- hautes tensions DC ;
- condensateurs ;
- bancs de batteries série ;
- énergie dangereuse même lorsque le secteur est absent.
Sur les UPS professionnels de forte puissance, la maintenance électrique doit être réalisée par du personnel qualifié conformément aux procédures du fabricant.
« Débranché » ne signifie pas forcément « sans tension »
Un UPS déconnecté du secteur possède précisément une batterie conçue pour continuer à produire de l’électricité.
C’est même sa fonction principale.
Cette observation devient soudainement beaucoup moins philosophique lorsque le capot est ouvert.
Hot-swap des batteries
Certains modèles permettent un remplacement à chaud :
Hot-swappable batteries
sans éteindre la charge.
Mais cela dépend strictement du modèle et de sa procédure.
Ne supposez pas qu’une batterie accessible derrière une trappe est forcément :
hot-swappable
Temps de recharge
Après une longue coupure :
batterie presque vide
l’UPS peut remettre plusieurs heures à retrouver sa pleine autonomie.
Si une seconde coupure survient quinze minutes après le retour du secteur :
l’autonomie disponible peut être bien inférieure à l’autonomie nominale.
Les batteries externes
Certains UPS acceptent :
Extended Battery Modules
EBM
afin d’augmenter l’autonomie.
Cela augmente :
- l’énergie disponible ;
- le poids ;
- le coût ;
- le temps de recharge ;
- la quantité de batteries à maintenir.
Ajouter de l’autonomie ne modifie pas nécessairement la puissance maximale de l’UPS.
Puissance et autonomie sont deux dimensions différentes
Un UPS :
3000 VA / 2700 W
peut supporter une charge importante.
Mais si son banc de batteries est petit :
2700 W
→ autonomie très courte
À l’inverse, un système avec énormément de batteries :
1000 W max
+
4 heures d'autonomie à 300 W
ne pourra toujours pas alimenter :
1500 W
simplement parce qu’il possède beaucoup d’énergie stockée.
Puissance maximale et énergie ne sont pas la même chose
W / VA
→ combien de puissance maintenant ?
Wh / batterie
→ pendant combien de temps ?
C’est exactement la distinction entre :
« Quelle quantité d’eau peut sortir du tuyau ? »
et :
« Quelle quantité d’eau existe dans le réservoir ? »
UPS et alimentations redondantes
De nombreux serveurs possèdent deux alimentations :
PSU A
PSU B
Le mauvais branchement consiste à faire :
PSU A ─┐
├── UPS unique
PSU B ─┘
Le serveur possède alors deux alimentations mais toujours un seul UPS comme point de panne.
Deux chaînes électriques
Lorsque l’infrastructure le justifie, on peut concevoir :
PSU A
↓
UPS A
↓
Source A
PSU B
↓
UPS B
↓
Source B
La résilience devient beaucoup plus intéressante.
Selon le site, les sources peuvent être :
- deux circuits ;
- deux PDU ;
- deux UPS ;
- deux chemins de distribution.
Attention au partage de charge des alimentations
Deux PSU redondantes peuvent partager la charge en fonctionnement normal.
Si une chaîne disparaît :
PSU A = perdue
PSU B = récupère toute la charge
L’UPS B doit donc être capable de supporter cette situation.
Dimensionner chaque UPS sur :
50 % de la charge parce que les PSU partagent 50/50
peut ruiner précisément la redondance recherchée.
Le bypass de maintenance
Les systèmes professionnels peuvent comporter un :
Maintenance Bypass
permettant d’alimenter la charge directement depuis une source alternative pendant :
- maintenance de l’UPS ;
- remplacement ;
- intervention technique.
Une architecture correctement conçue permet donc parfois d’entretenir l’UPS sans éteindre les serveurs.
Mais le bypass réduit la protection
Pendant cette période :
UPS hors chemin
↓
source directe
↓
charge
la qualité de protection n’est plus nécessairement la même.
Le bypass est une fonction de disponibilité.
Pas une dimension parallèle dans laquelle la double conversion continue quand même.
EPO : Emergency Power Off
Les gros UPS peuvent offrir une entrée :
EPO
Emergency Power Off
permettant de couper rapidement l’alimentation dans certaines situations d’urgence.
Sa conception et son raccordement relèvent de procédures de sécurité précises.
Ce n’est pas un bouton à tester pendant la visite du datacenter.
Calcul pratique de dimensionnement
Supposons :
Serveur 320 W
NAS 110 W
Switch 55 W
Pare-feu 40 W
Routeur 20 W
--------------------
Total 545 W
Ajoutons :
25 % de marge
soit :
545 × 1,25
= 681,25 W
Il faudrait donc chercher un UPS dont la puissance active dépasse confortablement :
681 W
et vérifier également que sa capacité VA est adaptée à la charge.
Un 1500 VA n’est pas automatiquement suffisant
Comparez :
UPS A
1500 VA / 900 W
UPS B
1500 VA / 1350 W
Pour une charge :
1000 W
le premier est insuffisant.
Le second peut être adapté du point de vue puissance, sous réserve des autres paramètres.
Le logo :
1500 VA
n’a donc pas raconté toute l’histoire.
Calculer l’autonomie souhaitée
La bonne question suivante est :
« Combien de temps faut-il maintenir 545 W ? »
Supposons :
5 minutes
→ suffisant pour arrêter
20 minutes
→ absorber la majorité des incidents
60 minutes
→ besoin d'énergie beaucoup plus important
Consultez les courbes constructeur à :
environ 545 W
et non à :
10 % de charge
uniquement parce que la brochure affiche alors :
2 heures d'autonomie
Cas pratique : poste de travail
Supposons :
PC : 350 W maximum réaliste
Écran : 50 W
Routeur : 15 W
Total :
415 W
Un UPS line-interactive à onde sinusoïdale pure avec :
- une puissance W confortablement supérieure ;
- une capacité VA adaptée ;
- USB ;
- 10 à 15 minutes d’autonomie à cette charge ;
peut être une excellente configuration.
Cas pratique : NAS domestique
Charge :
NAS 60 W
Switch 15 W
Routeur 15 W
ONT 10 W
------------
Total 100 W
Ici, un petit UPS peut avoir une autonomie assez importante.
L’objectif sera surtout :
microcoupure
→ continuer
coupure longue
→ arrêt propre du NAS
Il faut alors vérifier la compatibilité entre :
- le NAS ;
- le modèle d’UPS ;
- le protocole USB ou réseau.
Cas pratique : petit serveur professionnel
Charge mesurée :
Serveur 1 : 250 W
Serveur 2 : 250 W
Switch : 60 W
Firewall : 40 W
Stockage : 180 W
------------------
Total : 780 W
Avec une marge :
780 × 1,25
= 975 W
Un modèle limité à :
1000 W
serait techniquement très proche de la cible.
On envisagera plutôt une capacité supérieure afin de laisser de la marge pour :
- pointes ;
- croissance ;
- dégradation ;
- maintenance.
Online ou line-interactive pour un serveur ?
La réponse n’est pas :
Serveur = online obligatoire
Un line-interactive de qualité peut parfaitement protéger de nombreux petits serveurs.
Un online devient particulièrement intéressant lorsque :
- la qualité du réseau est médiocre ;
- la charge est très critique ;
- la fréquence doit être régulée ;
- un groupe électrogène est utilisé ;
- le temps de transfert doit être éliminé ;
- une protection électrique supérieure est justifiée.
Rendement énergétique
Un UPS consomme lui-même de l’énergie.
Si :
Charge = 1000 W
Rendement = 94 %
l’entrée demandée sera supérieure à :
1000 W
la différence devenant principalement :
- pertes électriques ;
- chaleur.
À grande échelle, quelques pourcents comptent énormément
Sur :
50 kW
24 h/24
365 jours/an
une différence d’efficacité de quelques points devient une quantité significative :
- d’électricité ;
- de chaleur ;
- de refroidissement ;
- de coût.
Modes ECO
Certains online proposent :
ECO Mode
High Efficiency Mode
qui peut contourner en partie la double conversion lorsque la source est suffisamment bonne.
Le rendement augmente.
Mais le comportement de protection et de transfert n’est plus forcément identique au mode double conversion permanent.
Encore une fois :
un menu appelé :
Efficiency : Maximum
n’est pas automatiquement le meilleur réglage pour chaque infrastructure.
Le bruit
Un petit UPS standby peut être presque silencieux en fonctionnement normal.
Un online puissant peut posséder des ventilateurs permanents.
Avant d’installer un :
3000 VA online
sous le bureau d’une personne, vérifiez :
- niveau sonore ;
- ventilation ;
- température ;
- poids.
Le collègue voulait une alimentation continue.
Pas forcément vivre à côté d’un petit réacteur.
Le poids
Les batteries au plomb sont lourdes.
Un UPS rackable peut facilement peser :
plusieurs dizaines de kilogrammes
et les armoires de batteries externes beaucoup plus.
Dans une baie :
placez les éléments lourds en bas et respectez les capacités mécaniques de la baie et du plancher.
Montage en rack
Une organisation courante :
haut de baie
─────────────
switches
serveurs
stockage
UPS
batteries
─────────────
bas de baie
On évite généralement :
batterie de 50 kg
tout en haut
au-dessus du serveur
par simple respect pour la gravité.
Entretien régulier
Une politique de maintenance doit notamment vérifier :
- état général ;
- alarmes ;
- charge ;
- batterie ;
- autonomie estimée ;
- température ;
- ventilation ;
- date de remplacement des batteries ;
- firmware si applicable ;
- fonctionnement de la supervision.
Testez les alertes
Une alerte configurée vers :
admin@ancienne-societe.local
depuis sept ans ne constitue pas réellement une supervision.
Vérifiez régulièrement :
- qui reçoit l’alerte ;
- si elle arrive réellement ;
- si quelqu’un sait quoi faire ensuite.
Testez l’arrêt automatique
Ne vous contentez pas de constater :
USB détecté
UPS visible
tout va bien
Testez dans une fenêtre de maintenance :
détection batterie
↓
seuil critique
↓
ordre de shutdown
↓
services arrêtés proprement
Une politique de shutdown jamais testée appartient à la même famille philosophique qu’une sauvegarde jamais restaurée.
Que se passe-t-il lorsque le courant revient ?
Cette question est souvent oubliée.
Après :
coupure
→ arrêt serveurs
→ UPS presque vide
→ secteur revient
faut-il :
- rallumer immédiatement ?
- attendre que la batterie récupère un niveau minimal ?
- redémarrer automatiquement ?
- attendre une intervention humaine ?
Les UPS et systèmes serveurs peuvent disposer de politiques adaptées.
Éviter le cycle marche-arrêt-marché-arrêt
Un scénario désagréable :
Secteur revient
↓
serveurs redémarrent
↓
batterie encore presque vide
↓
secteur retombe
↓
UPS meurt immédiatement
Pour certaines infrastructures, on configure donc :
minimum battery charge before restart
ou un délai avant remise sous tension.
Cold Start
Certains UPS permettent de démarrer la charge sur batterie alors que le secteur est absent.
Cette fonction est appelée :
Cold Start
Elle peut être très pratique.
Elle peut également vider rapidement une batterie si quelqu’un l’utilise simplement pour vérifier si le serveur sait encore démarrer pendant une panne générale.
UPS et sauvegarde
Un UPS réduit notamment le risque de :
- coupure brutale ;
- écriture interrompue ;
- arrêt sauvage d’un système.
Mais il ne protège pas contre :
- suppression accidentelle ;
- ransomware ;
- corruption applicative ;
- défaillance disque ;
- vol ;
- incendie ;
- erreur de configuration.
UPS protège la continuité électrique. RAID protège contre certaines pannes de stockage. La sauvegarde protège la capacité de restaurer les données. Ce sont trois fonctions différentes.
Un UPS ne remplace pas non plus le RAID
Une alimentation parfaite n’empêchera pas :
SSD mort
HDD mort
contrôleur mort
De la même manière qu’un RAID ne gardera pas le serveur allumé pendant une coupure électrique.
Les couches de protection doivent se compléter.
Une architecture saine
Réseau électrique
↓
Protections électriques
↓
UPS
↓
Serveur
↓
RAID / stockage résilient
↓
Système de fichiers
↓
Application
↓
Sauvegardes indépendantes
Chaque couche traite une famille différente de pannes.
Les erreurs classiques
Choisir uniquement à partir des VA
Erreur :
Mon PC fait 700 W
UPS 1000 VA
donc parfait
Vérifiez également :
capacité en watts
Dimensionner exactement à 100 %
Un UPS :
600 W max
pour une charge :
598 W
ne constitue pas une conception particulièrement confortable.
Calculer l’autonomie uniquement avec Ah
Il manque :
- tension ;
- rendement ;
- courbe de décharge ;
- seuils ;
- âge.
Brancher l’imprimante laser sur batterie
Le pic de puissance du four peut surcharger un petit UPS.
Brancher le serveur mais pas le réseau
Vous obtenez :
serveur vivant
+
aucun réseau
Une victoire partielle.
Penser que « batterie 100 % » signifie « batterie saine »
Une vieille batterie peut être complètement chargée et pourtant posséder très peu de capacité restante.
Ne jamais faire de self-test
Vous découvrirez alors l’état réel de la batterie lors de la prochaine panne.
Une expérience authentique, mais peu recommandée.
Laisser l’UPS dans une pièce chaude
La durée de vie des batteries peut chuter fortement.
Ne jamais remplacer les batteries
Une batterie VRLA installée depuis :
2017
n’est pas une batterie « éprouvée ».
C’est une candidate à une retraite particulièrement méritée.
Croire qu’un online ne peut jamais passer sur bypass
Les surcharges, défauts et opérations de maintenance existent.
Croire qu’un UPS remplace un parafoudre d’installation
La protection contre les surtensions doit être pensée à l’échelle de toute l’installation.
Mettre les deux alimentations d’un serveur sur le même UPS
Vous obtenez :
2 PSU
1 point de panne électrique
Tester en arrachant la prise secteur en production
Un vrai test est utile.
Un test improvisé est une méthode originale de génération d’incident.
Ignorer l’écran « Replace Battery »
L’UPS essaie littéralement de vous parler.
Profitez de ce rare moment où un équipement d’infrastructure formule clairement ses attentes.
Checklist avant l’achat
- Quelle est la puissance maximale réelle en watts ?
- Quelle puissance apparente en VA ?
- Quelle marge voulons-nous conserver ?
- Quelle autonomie est nécessaire à cette charge ?
- Standby, line-interactive ou online ?
- La sortie doit-elle être sinusoïdale pure ?
- Quels types de prises sont nécessaires ?
- Combien de prises sont réellement sur batterie ?
- USB, série ou SNMP sont-ils nécessaires ?
- Le système d’exploitation sait-il piloter cet UPS ?
- Des batteries externes seront-elles nécessaires ?
- Le remplacement des batteries est-il simple ?
- L’UPS doit-il fonctionner avec un groupe électrogène ?
- Quel niveau sonore est acceptable ?
- Quel poids et quel format rack/tour ?
Checklist après installation
- Vérifier la charge en W et en pourcentage.
- Vérifier l’autonomie estimée.
- Configurer la communication USB/SNMP.
- Configurer les alertes.
- Configurer l’arrêt automatique.
- Protéger aussi les équipements réseau nécessaires.
- Effectuer un self-test.
- Documenter le modèle et la batterie.
- Enregistrer la date d’installation.
- Planifier les tests et la maintenance.
Checklist de maintenance
- vérifier les alarmes ;
- vérifier l’état batterie ;
- vérifier la température ;
- vérifier la charge ;
- vérifier la ventilation ;
- effectuer les self-tests recommandés ;
- tester les notifications ;
- tester périodiquement la procédure d’arrêt ;
- remplacer les batteries selon leur état et les recommandations constructeur ;
- recycler correctement les batteries usagées.
Tableau des critères importants
| Critère | Question |
|---|---|
| W | Quelle puissance active maximale peut-il fournir ? |
| VA | Quelle puissance apparente maximale ? |
| Topologie | Standby, line-interactive ou double conversion ? |
| Autonomie | Combien de minutes à ma charge réelle ? |
| Forme d’onde | Pure ou simulée en mode batterie ? |
| AVR | Peut-il corriger la tension sans batterie ? |
| Bypass | Comment la charge reste-t-elle alimentée en cas de problème UPS ? |
| Batteries | Type, durée de vie, remplacement, modules externes ? |
| Monitoring | USB, série, SNMP, logiciel ? |
| Prises | Type E/F, C13, C19 ou raccordement fixe ? |
| Générateur | Compatibilité prévue et testée ? |
| Redondance | Un seul UPS constitue-t-il encore un SPOF ? |
Quel UPS pour quel usage ?
| Usage | Solution souvent pertinente |
|---|---|
| Box / routeur | Petit standby ou line-interactive adapté |
| PC bureautique | Standby ou line-interactive |
| PC puissant | Line-interactive sinusoïdal correctement dimensionné |
| NAS | Line-interactive avec communication et shutdown |
| Petit serveur | Line-interactive de qualité ou online selon criticité |
| Infrastructure critique | Online double conversion, éventuellement redondé |
| Datacenter | Architecture UPS dimensionnée, bypass, redondance, groupe et supervision |
Le bon UPS n’est pas forcément le plus gros
Surdimensionner énormément :
charge de 100 W
UPS de 10 kVA
n’est pas automatiquement optimal.
Il faut considérer :
- efficacité à faible charge ;
- prix ;
- batteries ;
- encombrement ;
- maintenance.
Le but est :
correctement dimensionné
pas :
le plus gros UPS que la porte permet de faire entrer
Le bon UPS ne se choisit pas seulement pour l’autonomie
Deux appareils affichant :
15 minutes
peuvent différer énormément sur :
- topologie ;
- qualité d’onde ;
- puissance ;
- connectivité ;
- remplacement de batterie ;
- bypass ;
- supervision ;
- garantie ;
- disponibilité des pièces.
Les quatre questions fondamentales
Pour choisir correctement :
1. Quelle charge ?
2. Quelle qualité électrique ?
3. Quelle autonomie ?
4. Que doit-il se passer quand la batterie devient faible ?
La quatrième question est souvent la plus importante.
Car une batterie possède toujours une fin.
Conclusion : l’UPS n’empêche pas la panne, il vous donne du temps
Un UPS correctement choisi peut :
- absorber les microcoupures ;
- maintenir un serveur pendant une panne ;
- corriger certaines variations de tension ;
- isoler davantage une charge critique selon sa topologie ;
- permettre un arrêt propre ;
- faire la transition vers un groupe électrogène.
Mais il faut comprendre ce qu’il ne fait pas.
Un UPS ne remplace pas :
- une bonne installation électrique ;
- une protection contre les surtensions correctement conçue ;
- le RAID ;
- la sauvegarde ;
- la haute disponibilité ;
- la supervision ;
- la maintenance.
Retenez surtout :
- standby, line-interactive et online ne fournissent pas le même niveau de traitement électrique ;
- VFD, VI et VFI décrivent des classes de performance liées à la dépendance envers la source ;
- un online double conversion n’a normalement pas de temps de transfert vers batterie en mode normal ;
- un UPS possède toutefois des bypass et des limites de fonctionnement ;
- VA et watts sont deux limites qu’il faut respecter simultanément ;
- la marge de puissance doit tenir compte des pointes et de la croissance ;
- l’autonomie dépend de la charge et ne peut pas être déduite proprement des seuls Ah ;
- les courbes d’autonomie constructeur sont la meilleure référence de dimensionnement ;
- une onde sinusoïdale pure offre la meilleure compatibilité avec les équipements IT modernes à PFC actif ;
- les batteries vieillissent fortement avec la chaleur ;
- une batterie affichant 100 % peut néanmoins avoir perdu une grande partie de sa capacité réelle ;
- la supervision et l’arrêt automatique font partie intégrante d’une vraie installation UPS ;
- les équipements réseau nécessaires au shutdown doivent également rester alimentés ;
- UPS et groupe électrogène sont complémentaires ;
- et aucun UPS ne remplace une sauvegarde testée.
Le véritable scénario de réussite n’est donc pas :
Le courant tombe
↓
L'UPS tient 14 minutes
↓
L'UPS meurt
↓
Le serveur s'éteint brutalement
C’est :
Le courant tombe
↓
L'UPS prend le relais
↓
La supervision détecte l'incident
↓
La panne dure
↓
Les services sont arrêtés proprement
↓
Le serveur s'éteint
↓
Le stockage est cohérent
↓
Le courant revient
↓
Le système redémarre selon la politique prévue
Dans ce scénario, l’UPS n’a pas empêché la panne.
Il a fait quelque chose de beaucoup plus utile :
il a transformé une coupure électrique incontrôlée en événement administrable.
Et lorsque toute votre infrastructure dépend de quelques dizaines de millisecondes séparant :
tout fonctionne
de :
plus rien ne fonctionne
c’est une fonction qui mérite légèrement plus d’attention qu’une grosse multiprise posée sous le bureau.
