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OS, Réseau, Windows

net use sous Windows : dompter les partages réseau

Dans l’univers Windows, accéder à un dossier partagé peut se faire en quelques clics dans l’Explorateur.

Mais lorsqu’il faut automatiser la connexion, travailler sur un serveur, dépanner un poste distant ou simplement éviter quinze fenêtres graphiques, une vieille commande continue tranquillement son travail :

net use

Elle permet de créer, afficher et supprimer des connexions vers des ressources réseau, notamment des partages SMB.

Elle peut également associer un partage à une lettre comme :

Z:

afin que :

\\fileserver\compta

apparaisse pour l’utilisateur comme un lecteur classique.

En résumé : net use permet à Windows de dire : « ce dossier se trouve sur une autre machine, mais nous allons faire comme s’il habitait ici ».

Une illusion administrative suffisamment réussie pour que certains logiciels refusent ensuite de fonctionner dès qu’on leur présente directement le chemin UNC.

Avant tout : qu’est-ce qu’un partage réseau ?

Un partage réseau est une ressource exposée par une machine afin d’être accessible depuis d’autres ordinateurs.

Dans un environnement Windows moderne, le protocole utilisé est généralement SMB — Server Message Block.

On rencontre encore souvent le terme CIFS, mais celui-ci désigne historiquement une ancienne évolution de SMB, associée notamment à SMB1.

Pour parler des versions modernes utilisées par Windows, SMB est donc le terme le plus approprié.

Les chemins UNC

Les ressources réseau Windows sont généralement désignées à l’aide d’un chemin UNC — Universal Naming Convention.

Sa forme classique est :

\\serveur\partage

Par exemple :

\\srv-fichiers\compta

On peut également préciser un sous-répertoire :

\\srv-fichiers\compta\factures\2026

Dans :

\\srv-fichiers\compta
  • srv-fichiers est le nom de la machine ou du serveur ;
  • compta est le nom du partage SMB.

Le partage ne correspond pas nécessairement au véritable chemin local sur le serveur.

Par exemple :

D:\Services\Finance\Documents

peut très bien être publié sous le nom :

\\srv-fichiers\compta

Le client n’a pas besoin de connaître l’organisation interne du serveur.

Et c’est généralement préférable. La comptabilité possède déjà suffisamment d’informations confidentielles sans connaître en plus les choix de rangement de l’administrateur.

Accéder à un partage sans net use

Il est important de comprendre que net use n’est pas obligatoire pour accéder à un partage.

Dans l’Explorateur Windows, on peut saisir directement :

\\srv-fichiers\compta

Dans une invite de commandes, une application peut également utiliser directement un chemin UNC.

Mapper une lettre sert surtout à fournir un chemin plus pratique ou à satisfaire un logiciel qui préfère :

Z:\factures

à :

\\srv-fichiers\compta\factures

Certains logiciels ont des opinions très fortes sur la longueur des chemins pour des programmes qui, rappelons-le, n’éprouvent aucune émotion.

La syntaxe générale de net use

Une forme courante est :

net use [lecteur:] \\serveur\partage [mot_de_passe] /user:[domaine\]utilisateur [options]

Mais tous les paramètres ne sont pas obligatoires.

Le cas le plus simple est :

net use Z: \\srv-fichiers\compta

Windows essaie alors d’utiliser les informations d’identification de la session actuelle.

Mapper un partage sur une lettre de lecteur

Pour associer :

\\srv-fichiers\partage

à :

Z:

utilisez :

net use Z: \\srv-fichiers\partage

Après connexion :

Z:

devient accessible dans l’Explorateur et dans de nombreuses applications.

On peut alors faire :

Z:
dir

ou :

dir Z:\Documents

Laisser Windows choisir la lettre

Au lieu de choisir une lettre vous-même :

net use * \\srv-fichiers\partage

L’astérisque demande à Windows d’attribuer automatiquement une lettre disponible.

Pratique lorsque votre script ne souhaite pas participer à la guerre territoriale opposant depuis trente ans les lecteurs H:, P: et Z:.

Connexion avec un autre utilisateur

Pour utiliser un compte différent :

net use Z: \\srv-fichiers\partage /user:ENTREPRISE\alice

Windows demande alors le mot de passe si nécessaire.

On peut également utiliser un nom de type UPN :

net use Z: \\srv-fichiers\partage /user:alice@example.com

Compte local du serveur

Si l’authentification doit se faire avec un compte local présent sur le serveur :

net use Z: \\srv-fichiers\partage /user:SRV-FICHIERS\alice

La distinction est importante :

  • ENTREPRISE\alice : compte d’un domaine Active Directory ;
  • SRV-FICHIERS\alice : compte local de la machine distante ;
  • alice@example.com : forme UPN possible dans un environnement de domaine.

Ne mettez pas le mot de passe en clair

Cette commande fonctionne :

net use Z: \\srv-fichiers\partage MotDePasse123 /user:ENTREPRISE\alice

Elle possède également une qualité intéressante : elle permet au mot de passe d’apparaître dans :

  • votre historique ;
  • un fichier batch ;
  • une documentation ;
  • une capture d’écran ;
  • un ticket de support ;
  • et probablement, quelques mois plus tard, dans un endroit que personne n’avait prévu.

Une meilleure méthode consiste à utiliser * à la place du mot de passe :

net use Z: \\srv-fichiers\partage * /user:ENTREPRISE\alice

Windows affiche alors :

Enter the password for 'ENTREPRISE\alice' to connect to 'srv-fichiers':

Le mot de passe saisi n’est pas affiché.

Dans un script, évitez de stocker un mot de passe en clair simplement parce que net use sait l’accepter.

Une fonctionnalité n’est pas automatiquement une recommandation.

Connexion sans lettre de lecteur

Il est possible d’établir une connexion à une ressource sans lui attribuer de lettre :

net use \\srv-fichiers\partage

Ou avec des identifiants :

net use \\srv-fichiers\partage * /user:ENTREPRISE\alice

Ce type de connexion peut notamment servir à établir une session SMB avec les bonnes informations d’identification avant qu’une application utilise directement le chemin UNC.

Elle n’apparaît pas sous forme de lecteur comme Z:.

Attention : une connexion sans lettre n’est pas persistante

Une connexion dite deviceless, sans lettre ou périphérique associé, n’est pas restaurée automatiquement comme un lecteur persistant.

Si vous avez besoin d’une reconnexion à chaque ouverture de session, utilisez plutôt un véritable lecteur mappé ou une méthode d’administration adaptée.

Créer un lecteur persistant

Pour demander à Windows de mémoriser un lecteur :

net use Z: \\srv-fichiers\compta /persistent:yes

Windows tentera de restaurer cette connexion lors des ouvertures de session suivantes.

Cela ne signifie pas que la connexion réseau reste physiquement ouverte pendant que l’ordinateur est éteint.

Nous parlons de Windows, pas de nécromancie.

Le système mémorise le mapping et tente de le reconnecter.

Ne pas mémoriser la connexion

net use Z: \\srv-fichiers\compta /persistent:no

Changer le comportement par défaut

On peut aussi exécuter :

net use /persistent:yes

ou :

net use /persistent:no

pour modifier le comportement utilisé pour les connexions suivantes.

C’est pourquoi il est parfois intéressant d’indiquer explicitement cette option dans un script plutôt que de faire confiance au souvenir d’une commande exécutée six mois auparavant.

Lister les connexions existantes

La commande la plus simple :

net use

affiche les connexions réseau connues de la session.

Une sortie peut ressembler à :

Status       Local     Remote                       Network

-------------------------------------------------------------------------------
OK           Z:        \\srv-fichiers\compta        Microsoft Windows Network
OK           Y:        \\nas\archives               Microsoft Windows Network
The command completed successfully.

Vous obtenez notamment :

  • l’état de la connexion ;
  • la lettre locale ;
  • le chemin distant ;
  • le fournisseur réseau.

Examiner une connexion particulière

Par exemple :

net use Z:

permet d’obtenir les informations concernant le lecteur Z:.

Supprimer une connexion

Pour supprimer le lecteur :

net use Z: /delete

Ou en utilisant directement le chemin :

net use \\srv-fichiers\partage /delete

Le lecteur disparaît alors de la session.

Si le mapping était persistant, sa suppression avec /delete permet également de supprimer cette association mémorisée.

Supprimer toutes les connexions

On peut demander :

net use * /delete

Windows proposera de supprimer les connexions concernées.

Cette commande peut être utile pour remettre à plat une session devenue confuse.

Elle peut également supprimer exactement les lecteurs dont vos collègues avaient besoin pour travailler.

Comme beaucoup de commandes contenant un astérisque, elle mérite donc quelques secondes de réflexion.

Le célèbre System error 1219

Voici l’une des situations les plus classiques avec SMB sous Windows.

Vous êtes déjà connecté à :

\\srv-fichiers\partage1

avec :

ENTREPRISE\alice

Puis vous essayez :

net use Z: \\srv-fichiers\partage2 * /user:ENTREPRISE\bob

Windows peut répondre :

System error 1219 has occurred.

Multiple connections to a server or shared resource by the same user,
using more than one user name, are not allowed.

Ce comportement est volontaire.

Dans une même session, Windows ne veut normalement pas maintenir plusieurs connexions au même serveur avec plusieurs identités différentes.

Et le piège est que la première connexion peut être invisible à première vue.

Elle peut provenir :

  • d’un lecteur déjà mappé ;
  • d’un accès précédent depuis l’Explorateur ;
  • d’une connexion à un autre partage du même serveur ;
  • d’une connexion à IPC$ ;
  • d’un script ;
  • ou d’un logiciel qui a ouvert une session SMB avant vous.

Commencez par regarder

net use

Puis supprimez la connexion qui utilise l’autre identité :

net use \\srv-fichiers\partage /delete

ou, si nécessaire et après vérification :

net use * /delete

Puis recréez la connexion avec l’identité souhaitée.

Windows accepte volontiers que vous ayez quinze lecteurs sur le même serveur.
Il apprécie simplement qu’ils se mettent d’accord sur la personne qu’ils prétendent être.

Les identifiants mémorisés par Windows

Windows peut conserver des informations d’identification dans le Gestionnaire d’informations d’identification.

Il existe également la commande :

cmdkey /list

qui permet d’afficher les informations d’identification enregistrées connues par cet outil.

Dans certains diagnostics, une ancienne information d’identification enregistrée peut expliquer pourquoi Windows utilise un compte différent de celui attendu.

Il est donc important de distinguer :

  • le mapping visible par net use ;
  • la session SMB réellement utilisée ;
  • les informations d’identification éventuellement mémorisées par Windows.

Trois couches pour ouvrir un dossier.

L’informatique d’entreprise demeure fidèle à ses principes.

/savecred : pratique, mais à utiliser consciemment

net use possède aussi l’option :

/savecred

qui permet de réutiliser des informations d’identification enregistrées.

Par exemple :

net use Z: \\srv-fichiers\partage /user:ENTREPRISE\alice /savecred

Elle peut être pratique sur un poste utilisateur maîtrisé.

Mais en environnement professionnel, réfléchissez à la politique de sécurité avant de laisser des comptes privilégiés être mémorisés durablement.

La commodité et le principe du moindre privilège ne se détestent pas.

Ils ont simplement besoin d’un médiateur.

Utiliser le nom DNS plutôt que l’adresse IP

On voit souvent :

net use Z: \\192.168.1.10\partage

Cela peut parfaitement fonctionner.

Mais dans un environnement Active Directory, il est généralement préférable d’utiliser le nom DNS du serveur :

net use Z: \\srv-fichiers.example.lan\partage

Le nom du serveur joue notamment un rôle important dans l’authentification Kerberos.

Avec une adresse IP, Windows peut devoir utiliser un autre mécanisme d’authentification selon la configuration.

Dans un domaine, préférez le nom DNS lorsqu’il fonctionne correctement.

Si vous êtes obligé d’utiliser l’adresse IP parce que le DNS ne fonctionne pas, le premier problème à réparer est peut-être justement le DNS.

Phrase que les administrateurs Active Directory peuvent réciter spontanément après quelques années d’expérience.

Partage SMB et permissions NTFS : deux contrôles

Mapper un lecteur ne signifie pas que l’utilisateur possède automatiquement tous les droits dessus.

Un partage Windows peut être soumis à plusieurs couches d’autorisation.

Permissions du partage

Elles contrôlent ce que l’utilisateur peut faire via SMB.

Permissions NTFS

Elles contrôlent les droits sur les fichiers et répertoires du volume NTFS.

Lorsqu’un utilisateur accède via le réseau, les deux mécanismes peuvent intervenir.

Si le partage permet l’écriture mais que NTFS autorise uniquement la lecture, l’utilisateur ne pourra pas écrire.

Et inversement, des permissions NTFS généreuses ne suffisent pas si les permissions SMB bloquent l’accès.

La règle pratique est simple :

L’autorisation effective est limitée par les restrictions applicables aux différentes couches.

C’est pourquoi :

« Pourtant j’ai mis Contrôle total ! »

n’est pas encore un diagnostic complet.

Un lecteur mappé appartient à une session utilisateur

Les lettres de lecteurs réseau ne constituent pas nécessairement une configuration globale de la machine.

Elles sont liées au contexte de connexion de l’utilisateur.

Ainsi, si Alice mappe :

Z: → \\srv-fichiers\compta

Bob ne verra pas nécessairement ce même Z: lorsqu’il ouvrira une autre session.

C’est également important pour les services Windows, tâches planifiées et applications fonctionnant sous des comptes différents.

Pour un service ou un script serveur, utiliser directement le chemin UNC est souvent plus robuste que dépendre d’une lettre de lecteur mappée dans une session interactive.

Le piège UAC : « mon Z: a disparu en administrateur »

Une situation très déroutante peut survenir avec User Account Control — UAC.

Vous ouvrez une session utilisateur et voyez :

Z:

Vous lancez ensuite une invite de commandes avec :

Exécuter en tant qu’administrateur

et :

Z:

n’existe plus.

Vous n’avez pas rêvé.

Les lecteurs mappés peuvent être associés à une session de connexion particulière, et le contexte élevé peut être distinct du contexte utilisateur normal.

Une solution simple lorsqu’une application élevée doit utiliser le partage consiste souvent à employer directement :

\\srv-fichiers\partage

ou à mapper également la ressource dans le contexte dans lequel l’application s’exécute.

Windows protège votre système en séparant les contextes.

Il vous laisse ensuite découvrir cette séparation au moment où vous en avez le plus besoin.

Les statuts « Disconnected » et « Unavailable »

Un lecteur persistant peut apparaître comme déconnecté lorsqu’aucune session SMB active n’existe encore.

Ce n’est pas forcément une erreur définitive.

Windows peut tenter de rétablir la connexion lorsque l’utilisateur accède au lecteur.

Un mapping persistant est donc davantage :

« Souviens-toi que Z: correspond à ce serveur. »

que :

« Maintiens éternellement un tunnel réseau actif jusqu’à lui. »

Utiliser net use dans un script

Un fichier batch simple peut contenir :

@echo off

net use Z: \\srv-fichiers\commun /persistent:no

if errorlevel 1 (
    echo Erreur lors de la connexion au partage.
    exit /b 1
)

echo Lecteur Z: connecte.

Mais évitez :

net use Z: \\srv-fichiers\commun SuperSecret123 /user:ENTREPRISE\alice

dans un script accessible aux utilisateurs.

Un fichier batch n’est pas un coffre-fort simplement parce que son extension se termine par .bat.

Scripts de connexion ou stratégie de groupe ?

L’article original proposait d’utiliser net use dans les scripts de login.

Cela reste parfaitement possible.

Par exemple :

net use H: \\fileserver\users\%USERNAME% /persistent:no
net use S: \\fileserver\services /persistent:no

Mais dans un environnement Active Directory important, les administrateurs utilisent souvent des stratégies de groupe, notamment les préférences de lecteur réseau, afin de gérer les mappings de façon centralisée.

On peut alors appliquer un lecteur selon :

  • un groupe de sécurité ;
  • une unité organisationnelle ;
  • l’utilisateur ;
  • le poste ;
  • ou d’autres critères.

C’est généralement plus administrable que de maintenir un login.bat contenant 460 lignes, quatre domaines disparus et un commentaire :

REM NE PAS TOUCHER - indispensable depuis migration 2012

PowerShell et les commandes SMB modernes

net use reste parfaitement utilisable sur les Windows modernes.

Mais PowerShell dispose également de commandes plus structurées.

Par exemple :

New-SmbMapping -LocalPath "Z:" -RemotePath "\\srv-fichiers\partage"

Pour examiner les mappings SMB :

Get-SmbMapping

Et pour examiner les connexions SMB :

Get-SmbConnection

Ces commandes sont particulièrement intéressantes pour les scripts PowerShell, puisqu’elles retournent des objets plutôt qu’une sortie texte destinée à être contemplée puis découpée à coups de regex.

Compression SMB

Les versions modernes de SMB disposent également de fonctions que l’ancienne image du « lecteur réseau Windows » ne laisse pas forcément deviner.

Par exemple, sur les versions compatibles, net use peut demander la compression SMB :

net use Z: \\srv-fichiers\archives /requestcompression:yes

La compression peut être intéressante pour certains transferts de données compressibles, notamment lorsque la bande passante réseau constitue le facteur limitant.

Elle ne transformera évidemment pas un fichier ZIP déjà compressé en trou noir de 3 octets.

Quelques erreurs courantes

System error 53 : The network path was not found

Vérifiez notamment :

  • le nom du serveur ;
  • la résolution DNS ;
  • la connectivité réseau ;
  • le pare-feu ;
  • la disponibilité du service SMB.

Commencez par :

ping srv-fichiers

mais rappelez-vous qu’un ping réussi ne garantit pas que SMB fonctionne.

ICMP qui répond signifie simplement qu’ICMP répond.

Les protocoles ne se portent pas garants les uns des autres.

Le partage n’existe pas

Vous pouvez avoir un serveur parfaitement joignable mais utiliser :

\\srv-fichiers\comtpa

au lieu de :

\\srv-fichiers\compta

Dans certains incidents, le problème réseau complexe possède quatre lettres correctement placées et deux inversées.

Access denied

Vérifiez :

  • l’identité réellement utilisée ;
  • les permissions du partage ;
  • les permissions NTFS ;
  • les groupes de sécurité ;
  • les éventuelles connexions déjà établies avec un autre compte.

Le lecteur existe déjà

Si :

Z:

est déjà utilisé, choisissez une autre lettre ou supprimez le mapping existant :

net use Z: /delete

Erreur 1219

Recherchez une connexion existante au même serveur :

net use

et éventuellement :

Get-SmbConnection

Puis supprimez proprement la session ou le mapping incompatible.

Nom de serveur ou adresse IP ?

Méthode Exemple Conseil
Nom court \\srv-fichiers\partage Très courant sur un réseau d’entreprise
FQDN \\srv-fichiers.example.com\partage Excellent choix avec DNS et Active Directory
Adresse IP \\192.168.1.10\partage Fonctionne dans certains contextes, mais moins souhaitable dans un domaine

Un FQDN correctement résolu constitue souvent le choix le plus propre :

\\srv-fichiers.example.com\compta

Et si votre infrastructure Active Directory ne peut plus résoudre le nom de son serveur de fichiers, mapper le lecteur par IP n’est probablement que le début de votre journée.

net use et les imprimantes

Historiquement, net use sait également associer certaines ressources d’impression réseau à des périphériques comme :

LPT1:
LPT2:
LPT3:

Cette fonctionnalité était particulièrement utile avec d’anciens programmes DOS ou applications exigeant un port LPT.

Dans les environnements modernes, les imprimantes sont généralement déployées et administrées avec des mécanismes plus adaptés.

Mais la possibilité existe encore, parce que Windows possède cette remarquable tradition consistant à ne jamais abandonner complètement un logiciel de comptabilité écrit lorsque Nirvana était encore en tournée.

Quelques scénarios pratiques

Partager un dossier avec les identifiants actuels

net use Z: \\srv-fichiers\commun

Utiliser un autre compte sans afficher le mot de passe

net use Z: \\srv-fichiers\finance * /user:ENTREPRISE\alice

Créer un lecteur persistant

net use Z: \\srv-fichiers\commun /persistent:yes

Créer un mapping temporaire

net use Z: \\srv-fichiers\commun /persistent:no

Laisser Windows choisir la lettre

net use * \\srv-fichiers\commun

Établir seulement une connexion UNC

net use \\srv-fichiers\commun * /user:ENTREPRISE\alice

Lister les connexions

net use

Supprimer un lecteur

net use Z: /delete

Supprimer une connexion UNC

net use \\srv-fichiers\commun /delete

Que se passe-t-il réellement lors d’un net use ?

Lorsque vous exécutez :

net use Z: \\srv-fichiers\compta

de manière simplifiée :

  1. Windows résout le nom du serveur ;
  2. le client SMB contacte le serveur ;
  3. une négociation SMB détermine les capacités communes ;
  4. l’utilisateur est authentifié ;
  5. une session SMB est créée ;
  6. Windows demande l’accès au partage compta ;
  7. les permissions sont vérifiées ;
  8. la ressource distante est associée à Z: dans la session de l’utilisateur.

Pour vous :

Z:

Pour Windows :

authentification, session, partage, arbre SMB, permissions, connexions réseau et un nombre parfaitement raisonnable de couches internes pour faire croire qu’un répertoire situé sur un serveur est un disque local.

net use et mount -t cifs : ressemblants, mais pas identiques

On compare souvent :

net use Z: \\serveur\partage

sous Windows à :

mount -t cifs //serveur/partage /mnt/partage

sous Linux.

La comparaison est utile : les deux permettent d’accéder à un partage SMB depuis le système local.

Mais le modèle est différent.

Windows Linux
Z: /mnt/partage
Lettre de lecteur Point de montage dans l’arborescence
net use mount -t cifs
Mapping souvent lié à la session utilisateur Montage généralement intégré à l’espace de noms du système ou du namespace concerné

L’objectif est similaire.

Windows distribue une lettre.

Linux ajoute une branche à son arbre.

Chaque famille possède ses traditions.

Bonnes pratiques

  • Utilisez les noms DNS plutôt que les adresses IP lorsque l’infrastructure de domaine le permet.
  • N’écrivez pas les mots de passe en clair dans les commandes et scripts.
  • Utilisez * pour demander interactivement le mot de passe lorsque cela convient.
  • Ne mappez pas inutilement un lecteur si l’application sait utiliser directement un chemin UNC.
  • Utilisez les groupes Active Directory pour gérer les autorisations plutôt que d’attribuer les droits utilisateur par utilisateur.
  • Vérifiez net use avant de conclure qu’une authentification SMB est mystérieusement cassée.
  • Pensez à l’erreur 1219 lorsqu’un même serveur est accédé avec plusieurs identités.
  • N’oubliez pas le contexte UAC lorsqu’un lecteur existe dans une application mais disparaît dans une autre lancée en administrateur.
  • Pour les services et tâches planifiées, privilégiez souvent les chemins UNC plutôt que les lecteurs mappés interactifs.
  • Dans Active Directory, utilisez les stratégies de groupe lorsque les mappings doivent être administrés à grande échelle.

Résumé des commandes

Commande Fonction
net use Afficher les connexions réseau connues
net use Z: \\serveur\partage Mapper un partage sur Z:
net use * \\serveur\partage Mapper avec une lettre automatiquement choisie
net use \\serveur\partage Créer une connexion sans lettre
/user:DOMAINE\utilisateur Utiliser une autre identité
* comme mot de passe Demander le mot de passe interactivement
/persistent:yes Mémoriser un mapping et tenter de le restaurer aux connexions suivantes
/persistent:no Ne pas mémoriser le nouveau mapping
net use Z: /delete Supprimer un mapping
net use * /delete Supprimer les connexions concernées
Get-SmbConnection Examiner les connexions SMB avec PowerShell
Get-SmbMapping Examiner les mappings SMB

Conclusion : une vieille commande qui refuse de prendre sa retraite

net use appartient à cette famille de commandes Windows dont l’apparence semble provenir d’une autre époque mais qui continuent à accomplir leur travail quotidiennement dans des millions d’entreprises.

Elle permet de :

  • connecter un partage SMB ;
  • lui attribuer une lettre ;
  • utiliser une identité spécifique ;
  • mémoriser le mapping ;
  • inspecter les connexions ;
  • et les supprimer lorsqu’elles ont cessé d’être utiles.

Son fonctionnement reste simple tant que l’on garde quelques règles en tête :

UNC pour désigner la ressource.
SMB pour la transporter.
Une identité cohérente par serveur.
Pas de mot de passe en clair.
Et méfiance lorsque Z: disparaît uniquement après avoir cliqué sur « Exécuter en tant qu’administrateur ».

Dans un environnement moderne, PowerShell et les stratégies de groupe proposent des méthodes plus structurées pour certains scénarios.

Mais lorsque vous êtes devant une invite CMD et que quelqu’un annonce :

« Le lecteur réseau ne marche plus. »

la première commande reste souvent :

net use

Elle vous dira quels fantômes réseau Windows croit encore connaître.

Et dans beaucoup de cas, le problème n’est pas que le partage a disparu.

C’est simplement qu’un ancien mapping, une vieille session SMB ou un compte oublié refuse encore de quitter les lieux.

Windows n’oublie pas toujours vos connexions réseau. Malheureusement, il oublie parfois de vous rappeler qu’il s’en souvient.